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O Scugnizzo

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  • Premier article le 26/04/2013
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  • 4 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 12 août 2013 20:20

    Si je m’exprime aussi radicalement, ce n’est pas forcément parce que ma pensée est radicale mais parce que je pense sérieusement que notre civilisation a besoin d’une critique radicale. Pour répondre à "Voter après la monnaie", je ne confonds pas liberté et bonheur. Là où le reportage explique que la liberté n’apporte pas le bonheur, je dis que cette liberté n’en est pas une, et ne peut donc pas apporter le bonheur. D’où mon avis sur l’inutilité complète de l’utilisation de la science dans ce reportage. Si la liberté vue sous cet angle ne peut apporter le bonheur, pourquoi dépenser des millions pour étudier ce dernier ? Pourquoi ne simplement pas pointer du doigt une fausse définition de la liberté ? Parce que celle-ci est une critique radicale, remet en cause un système. En effet, après ce reportage, je me pose une très simple question : Pourquoi un reportage suisse, pays des banques et des multinationales, diffusé sur la chaîne nationale nous explique que le bonheur c’est pas l’argent et le matériel alors que c’est un pays où la propriété privée capitaliste est quotidiennement valorisée, où l’on travaille 8h30 par jour contre de l’argent pour posséder du matériel ? Pourquoi ne pointe-t-il pas ce hiatus social ? Pourquoi aucun des intervenants n’a remarqué cela ? Parce que ce sont des scientifiques nombrilistes, qui veulent juste faire leurs petites expériences, sans penser au potentiel libérateur de la science. 


    Je parle à des gens m’entourant ayant visionné ce reportage, qui retiennent simplement que l’argent ne fait pas le bonheur et rien d’autre. Mais le lendemain, au travail, c’est oublié, et la concurrence reprend, et la course au salaire reprend, comme si de rien n’était. D’où ma comparaison du journaliste avec le prêtre docile, on fait un peu de morale (l’argent n’apporte pas le bonheur, c’est scientifiquement prouvé, mais les multinationales et la finance c’est super, travaillez pour eux), ça rassure un peu une classe moyenne qui croule sous les obligations financières et voilà.

    Après on peut toujours dire que j’exagère, que je vois le mal partout, que faut que je pète un coup. Je ne dis pas que le reportage était inintéressant - les expériences sont effectivement dignes d’intérêt - mais j’ai une tendance naturelle à prendre le parti des faibles, et d’après moi ce reportage n’élève pas d’un millimètre la conscience des spectateurs, et ça, fallait que ça soit souligné.


  • 11 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 12 août 2013 14:34

    J’entends bien les propos du reportage, mais deux choses me dérangent pas mal dans ce ce dernier : 1. Le scientisme, cette volonté de tout quantifier, même les choses les plus intimes, sans se rendre compte que cette approche légitime la conquête autoritaire et capitaliste de toutes les sphères de nos existences, sans se rendre compte que cette vision du bonheur est elle-même biaisée, occidentale, libérale (il n’est point un hasard que ce documentaire est Suisse) 2. Le journaliste qui se voit comme neutre, alors qu’il n’est que vecteur d’une idéologie particulière et dominante.


    Alors qu’on croit être objectif (et donc supérieur aux autres civilisations) en faisant appel à la science jusque dans la quantification du bonheur (ce qui est parfaitement ridicule), on est en fait dans la pure foi. Si l’Etat et l’Eglise sont officiellement séparés, l’Etat a gardé la foi, la religiosité. Elle n’est plus chrétienne, elle est capitaliste, libérale, utilitariste (l’exemple de la sainte croissance est parlant). Si la nouvelle religion est le capitalisme, alors les archevêques sont les scientifiques et les prêtres sont les journalistes. L’exemple du riche qui est malheureux est édifiant, il est l’exact transposition du prêtre qui fait de la pauvreté une vertu, laissant les riches à leur occupation. "L’argent ne fait pas le bonheur mais continuez à travailler 8h30 par jour toute votre vie pour quelqu’un d’autre, tout va bien !".

    Finalement, ce que les scientifiques de tout bord et les journalistes des mass médias ne perçoivent pas après 100 ans de recherches intensives et des milliards de dollars payés par la populace, le philosophe le sait depuis longtemps. La définition de l’émancipation humaine se trouve quelque part entre philosophie matérialiste et idéale. Je développerai la première et laisserai le soin de développer la seconde à plus avancé que moi.

    Le malaise occidental moderne ne vient pas de ce que l’argent fait ou non le bonheur, mais de ce qu’une société libérale ne fait effectivement pas société. Or ce n’est qu’au sein d’une société, à partir de ses relations sociales, voulues et obligées à la fois, au milieu de ses semblables que l’homme peut atteindre la liberté. La société libérale, elle n’est qu’un amas d’individus. Comme le disait Bakounine, une société est dirigée par des moeurs, des us et coutumes, des traditions, des habitudes, et non pas par des lois. Là où la loi juridique est nécessaire, c’est déjà l’échec. Là où la police est présente, c’est déjà l’échec. Si elle a une présence temporaire pour certains problèmes, soit, mais notre non-société est en guerre permanente, interne et externe.

    Alors une société, comme la nôtre libérale, qui veut éliminer toute tradition, toute coutume (car il serait nécessaire pour atteindre l’émancipation individuelle d’éliminer toute chaîne communautaire obligée), et être régie par le Droit (et donc les lois) et le Commerce (donc les liens impersonnels) ne peut aspirer au bonheur. Ma liberté ne s’arrête pas là où commence celle de l’autre, mais se prolonge lorsque l’autre est également libre. La science n’a donc aucun rôle là-dedans. En ce sens, ce reportage ne sert à rien.

    L’étude du bonheur, en tant que phénomène social total (économique, politique, anthropologique...) et phénomène spirituel, ne peut être quantifié. Le reportage passant à côté de ça, il n’est à mon sens d’aucune utilité, sauf à propager une certaine vision du bonheur, une certaine idéologie. En d’autre terme, se cachant sous des airs d’objectivité, il est un instrument de propagande : invisible pour l’ignorant, subtile pour l’indécis, vulgaire et grossier pour celui qui veut voir.




  • 4 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 8 juillet 2013 23:46

    Justement, y a pas 7 mia de personnes qui sont nourries !



  • 1 vote
    O Scugnizzo O Scugnizzo 8 juillet 2013 23:40

    Par ailleurs, le protectionnisme s’est développé aux USA et en Allemagne, deux nations quelque peu en retard sur l’Angleterre sur le plan industriel. Friedrich Liest, allemand, élabore sa théorie protectionniste après son séjour aux USA, comme réponse au libéralisme économique anglo-saxon. Voilà comment les USA sont devenus plus tard la première puissance industrielle mondiale. Certains prétendent encore que le libéralisme, né chez les plus riches pour s’enrichir encore plus, pourrait apporter richesse chez les plus pauvres. C’est toute l’utilité de l’écriture de l’histoire par les gagnants, rendre les âmes amnésiques, pour justifier ce qui ne peut se justifier sui generis.



  • 6 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 8 juillet 2013 23:21

    Et voilà le parfait exemple de l’idiot utile, de la sainte alliance gauche-droite libérale-libertaire, et donc de toute la tartufferie spectaculaire de nos belles démocraties blanc-bonnet bonnet-blanc. Au nom d’un multiculturalisme appauvri (les pauvres ont le droit à une culture pauvre en toute liberté) - et trahissant au passage 2 siècles de réflexion sur le multiculturalisme véritable (randolphe bourne) -, le bon gauchiste bien mou et bien naïf justifie l’existence d’une industrie de la musique fabriquée par une petite classe capitaliste (Bellanger et les autres) pour tourner les colères légitimes du peuple vers de la consommation libidinale. D’une pierre deux coups, le capitalisme te dit merci, gros con !

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