Contrairement à tout le monde, je ne sais pas lire l’avenir dans une boule de cristal. Il se peut beaucoup de choses mais la plus probable est que les choses continuent comme avant, simplement, la vie sera plus difficile, intégrant de nouvelles contraintes et de nouvelles difficultés — pour une partie de la population. Les plus privilégiés vont même peut-être y gagner avec la généralisation du télétravail pour les cadres.
C’est la théorie de la chute par paliers successifs ; chaque crise systémique bouscule le modèle sans le remettre radicalement en cause, jusqu’à ce que le modèle ne soit plus soutenable sur le plan matériel. Mais à ce moment-là les gens auront renoncé à tellement de choses qu’il n’y aura peut-être aucun sentiment de rupture par rapport à la normalité.
Les plus vieux soupireront en repensant à l’abondance des années 80 et 90, à la douceur de la vie d’avant les "grandes crises" et les jeunes hausseront les épaules en avalant leur bouillie nutritive produite par le gouvernement.
Je suis vraiment le seul à croire que cette crise ne va pas changer grand-chose ?
La situation d’isolement propice au questionnement et à la remise en cause de notre "modèle de société" est en réalité totalement artificielle puisque le système d’approvisionnement pourvoyant à l’ensemble de nos besoins — toujours basés sur "l’exploitation capitaliste" — est toujours en place. Au mieux nous sommes un peu comme ces patriciens romains qui croyaient échapper par la philosophie aux embarras de la vie urbaine alors qu’ils jouissaient d’un confort absolu dans la solitude de leurs villas somptueuses.
En outre nous n’en sommes qu’au début, il est donc d’autant plus facile de s’extasier sur les effets positifs que les effets négatifs ne se font pas encore trop ressentir.
Dès que le confinement sera levé, la majorité des gens n’aspireront sans doute qu’à une chose, reprendre leur vie d’avant, et ils accepteront peut-être pour cela de renoncer à certains "avantages sociaux" pour renouer avec la société d’abondance.
En fait ils se battent férocement entre eux pour se disputer les miettes qu’ils trouvent encore dans les poubelles et les villes, donc l’analogie avec la sociale-démocratie me semble effectivement très pertinente
Une autre conséquence moins drôle, dans certains pays les animaux semi-sauvages qui avaient l’habitude d’être nourris par l’homme et les touristes sont en train d’envahir les villes en quête de nourriture car ils ont perdu l’habitude de se nourrir par eux-mêmes.