Je vais te faire une réponse à la Trump, à la base il n’y a pas plus drôle et ironique que moi mais j’ai justement arrêté tout usage de l’ironie et du second degré pour éviter les problèmes sur ce forum (insultes, censures, chantage). A vrai dire je passe mon temps à m’autocensurer, il doit y avoir pas moins d’une dizaine de commentateurs que je n’interpelle plus, auxquels je ne réponds plus, pour éviter de donner des prétextes à certains de me censurer ou de désactiver mon compte.
Donc comment dirais-je dans ces conditions je marque moi aussi mon territoire.
Je n’aurais pas dû ajouter le mot "domination" qui est sans doute trop fort. Sinisation et réorientation me semblent en revanche parfaitement appropriés.
De plus, l’oligarchie chinoise n’affiche pas une telle volonté ( ce qui peut changer mais j’attends de voir).
Si tu attends que des dirigeants chinois affichent ouvertement leurs ambitions, évidemment... en attendant les indices et les preuves de cette volonté sont maintenant irréfutables (main mise sur les infrastructures lourdes de nombreux pays, route de la soie, influence grandissante dans les grandes structures internationales au moment même où les Etats-Unis s’en retirent, etc.)
Pour moi le fait de voir un scientifique chinois débarquer en Europe et expliquer en gros que les Européens font n’importe quoi est à la fois un camouflet (compte tenu que les Européens ont été assez stupides pour ne pas mettre fin au trafic aérien en provenance de la Chine par peur de la réaction des Chinois) et un signe d’une évolution politique plus profonde et peut-être structurante.
Bon ok gaspard, j’ai critiqué Asselineau sur un post il y 10 jours, t’es pas content, c’est noté, tu peux passer à autre chose maintenant.
Méfions-nous des scénarios type "tout va changer".
1) Tu remarqueras l’utilisation du verbe "imaginer" et du conditionnel dans ma phrase. Ma remarque valait évidemment pour les gens qui pensent spontanément que ce type de crise est de nature à déboucher sur une remise en question de la société capitaliste (je ne dis pas que c’est le cas de MaQiavel) et à permettre d’aller vers une société plus égalitaire ou démocratique. Je ne le crois pas du tout. Les instances qui encadrent la mondialisation (OMC, FMI, UE, etc.) seront toujours là après la crise, et le coeur de leur idéologie n’aura pas changé. J’adhère pour ma part à l’idée que la superstructure commande l’infrastructure. Le fait que les gouvernants soient déjà en train de distribuer des milliards aux entreprises au prétexte de la sauvegarde de l’emploi me fait penser qu’on aura le même scénario qu’après la crise de 2008. Pour qu’un changement systémique se produise, il faudrait par définition laisser la chance au système en place de disparaître. Or, tant que les gens se raccrocheront à cette obsession de la sauvegarde de l’emploi salarié, à tout prix, et dans n’importe quelle condition, cela n’a aucune chance de se produire. Les patrons et les investisseurs l’ont bien compris, il leur suffit de tendre leur sébile à chaque crise et les milliards de l’Etat néolibéral clientélisé pleuvent. La suite est déjà prévisible : ceux-là même qui auront été renfloués par l’argent public exigeront ensuite des coupes dans les budgets sociaux, des baisses d’impôt massives et des réformes d’inspiration monétaristes, en expliquant que c’est le seul moyen de sauver des millions d’emplois ("il n’y a pas d’alternative") et les politiques embrayeront avec le soutien des classes moyennes. Les politiques pourraient aussi proposer aux populations un marchandage sur la question de l’hôpital publique, en expliquant que le seul moyen de financer la médecine publique est de ponctionner les autres budgets sociaux. Et pour calmer les "petits blancs" réduits au chômage on fera des concessions sur la question migratoire. Je pense donc qu’on a plus de chances à assister à un raidissement (ou une radicalisation pour utiliser un mot à la mode) de l’Etat néolibéral dans le cadre de la mondialisation existante qu’à une remise en question du modèle. 2) Le scénario chinois n’est pas du tout basé sur l’idée que "tout va changer" mais que la crise va accélérer la transition asiatique du capitalisme et l’isolationnisme américain. Ce n’est pas du tout une idée personnelle, hier encore j’entendais un chercheur expliquer que cette crise sanitaire était en train de montrer que le capital scientifique était passé en Asie. Il n’est donc pas irréaliste d’en conclure que le capital technologique suivra (c’est déjà en partie vrai) quand on voit la manière dont un pays comme la Corée gère cette crise. La France et l’Italie gèrent en fait l’épidémie en appliquant les méthodes de lutte épidémiques du XIXème siècle alors que les pays asiatiques appliquent les méthodes du XXIème siècle. Les scientifiques chinois arrivés en Italie ne se gênent même plus pour critiquer la politique sanitaire des pays européens alors même que l’épidémie est liée à la base à l’incurie du gouvernement chinois. Bref, tout cela traduit une évolution des rapports de force au niveau mondial.
Je me méfie des scénarios type "tout va changer". Au contraire, on pourrait sortir de tout ça avec une sorte de régime néolibéral à l’autoritarisme assumé et une dépendance accrue à l’économie chinoise. Une sinisation des grandes instances internationales comme l’OMC n’est pas à exclure non plus, cette crise a d’ailleurs révélé l’influence exercée par la Chine au sein de l’OMS. Les néolibéraux ne redoutent pas les régimes autoritaires, bien au contraire, ça fait partie de l’ADN du néolibéralisme, Hayek ayant exprimé ouvertement sa préférence pour une dictature de marché à une démocratie sociale, donc je ne serais pas étonné de voir les institutions internationales simplement prendre acte de la domination ou de la réorientation chinoise de la mondialisation capitaliste à l’issue de cette crise.
Si la crise s’installe dans la durée, on peut très bien imaginer un "plan marshall" à la Chinoise qui verrait la Chine supplanter les Américains en Europe, c’est pratiquement déjà le cas en Italie.
Avec le confinement, les commandes ont même explosé, ce qui peut se comprendre mais quel est l’intérêt de commander des jouets, des tablettes numériques et autres objets non indispensable à la survie qui ne font que surcharger les chauffeurs routiers ? Là aussi les citoyens ne prennent pas leur responsabilité.
Certains te répondront (pas complètement à tort) que cela permet de maintenir l’économie à flot, surtout dans un pays comme la France qui a peu de capacités productives. Si la demande s’effondrait rapidement ou passait à une économie de pénurie,les conséquences pourraient être aussi nuisibles qu’une pénurie réelle et on verrait des pans entiers de l’économie s’écrouler...
Il faut donc trouver le bon équilibre entre prise en compte et priorisation des nouvelles nécessités issues de la crise sanitaire, et maintien de la consommation à un niveau optimal.
Mais cela passe effectivement par des réponses rapides aux besoins urgents formulés par les routiers et toutes les professions impliquées dans la logistique de la chaîne de consommation.
Quant on voit qu’Amazon exerce des pressions totalement immorales sur ses employés qui réclament des moyens de protection élémentaires....