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Lagarde
met le paquet : 120 milliards de soutien monétaire !
De temps en temps il faut lire les articles dans leur intégralité. C’est un plan de soutien uniquement au SECTEUR PRIVE et il n’y a aucun plan de financement européen coordonné de lutte contre le coronavirus qui se fera donc au niveau national, c’est à dire en générant de la dette publique qui devra être payée encore une fois par la classe moyenne par des plans d’austérité en cascade comme après 2008.
En gros la BCE file de l’argent aux entreprises et au secteur privé sous prétexte d’éviter le chômage de masse, comme on a renfloué les banques après la crise financière sous prétexte d’éviter les banque-routes, sans aucune forme de contrepartie ou d’engagement, et on laisse les Etats se démerder avec la gestion des pertes et de tout ce qui va générer de la dépense publique.
Quand on vous dit que le néolibéralisme est un communisme entre riches. Ca marche d’une manière très simple mais comme disait Goebbels plus c’est gros plus ça passe :
@yoananda2
Non c’était idiot de ma part de répondre par un pavé à un propos sans objet. Je suis tombé dans le panneau et je perds mon temps.
@yoananda2
oui, je dirais pour ma part en synthèse : le néolibéralisme c’est l’efficacité au prix de l’anti-fragilité.
Encore une fois tu détournes un discours pour amener tes "synthèses" qui n’ont aucun rapport avec le sujet. "L’anti-fragilité" ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Je parle sérieusement là, pas la peine de la ramener avec ces concepts de droitards du web et d’ados attardés du 18-25.
Non, c’est le contraire, c’est un culte de l’efficience qui débouche sur de l’inefficacité pratique et des surcoûts liés au fait que l’Etat doit régulièrement mettre la main à la poche pour compenser les déséquilibres engendrés par ce système, comme on l’a vu en 2008 et comme on va le voir à l’occasion de cette crise. Nul doute que les néolibéraux dogmatiques viendront encore une fois expliquer que c’est la faute des Etats, du capitalisme dévoyé et autres billevesées pour détourner l’attention des autorités et du public et tendre leur sébile à la collectivité.
Il y a un truc qui m’étonne toujours chez les personnes comme toi (pas toi en particulier, les gens qui estiment que tout système de santé collectivisé ne peut qu’entretenir des "fragiles") c’est votre inculture historique par rapport à la création et à la raison d’être de la sécurité sociale.
Le système de soin universel et gratuit n’a pas été mis en place par de généreux collectivistes mais par des bourgeois qui s’alarmaient de la santé déplorable de la population en générale et en particulier des classes prolétaires, craignant des paralysies du système productif et même des révolutions politiques.
Il y avait en gros deux camps, ceux qui préconisaient, dans la la droite lignée des idées social-darwinistes qui avaient le vent en poupe à cette époque, de laisser-faire les choses et la "nature" telle qu’ils se la représentaient, c’est à dire un couperet permettant de trier le bon grain de l’ivraie, de séparer les sains et les débiles, les forts et les faibles. Les plus extrémistes d’entre eux proposaient même de réserver les soins aux gens qui étaient naturellement les plus forts et les plus résistants, et d’éliminer les "dégénérés" (il faut comprendre ici ce mot au sens large : les faibles sur le plan physique, intellectuel ou économique).
Face à eux s’est structuré un camp réunissant la bourgeoisie "éclairée" et les socialistes qui avaient tourné le dos aux idées révolutionnaires et accepter de jouer le jeu de la démocratie libérale : en résumé, l’embryon de ce qu’on appelle aujourd’hui la sociale-démocratie. De leur point de vue, l’hygiène public était un sujet fondamental. Loin d’avoir pour objectif d’entretenir des débiles biologiques et des "dégénérés", ils voulaient mettre en place une offre de soin universelle pour diffuser l’hygiène au sein des classes populaires, réguler les épidémies et "améliorer la race" comme on disait à l’époque (la "race" désignant ici la population d’un pays au sens large et non-sociologique).
Les aristocraties décadentes et oisives du XIXème siècle ne géraient pas des usines, par conséquent ils pouvaient adhérer sans réserve au social-darwinisme qui leur permettait de s’abandonner à leurs rêveries eugénistes de fin de race, mais les bourgeois, eux, n’avaient pas ce luxe ; ils devaient impérativement générer du profit avec leurs usines et leurs affaires. Par conséquent ils avaient besoin que la main d’oeuvre soit en bonne santé, et que les ouvriers soient eux-même en mesure de nourrir correctement leur famille, de pouvoir soigner leurs enfants et leur donner une éducation minimale afin qu’ils arrivent bien dressé à l’usine et répondent "Merci Monsieur" et inclinent respectueusement la tête lors d’une visite du patron.
Ce sont ces bourgeois qui ont inventé la sécurité sociale universelle et gratuite, et ils ne l’ont pas fait pour le confort de la population mais pour leur intérêt bien compris. Leur but aussi, moins avoué, était de mettre fin à la charité chrétienne qui pesait souvent sur la bourgeoisie (bonnes oeuvres, dames patronnesses, financement de cantines et soupes populaires pour donner une bonne image, etc.) en déplaçant cette charge vers l’Etat et la société dans son ensemble alors qu’on mettait parallèlement en place les premiers système d’imposition universelle (tout est lié).
Et tout cela, précision importante, ne se déroule pas dans la France républicaine où règne alors sans partage le "marche ou crève" généralisé dans les usines et les campagnes, mais dans les pays scandinaves et germaniques.
Les premières politiques eugénistes ont d’ailleurs été mises en place dans le cadre de ce système de soin collectif, et ont perduré dans les sociales-démocraties protestantes jusque dans les années 70 :
https://www.liberation.fr/planete/1997/08/26/suede-l-eugenisme-des-sociaux-democrates_212470
Malheureusement, les néolibéraux et les conservateurs américains ont réussi à implanter une représentation fausse, à savoir que la sécurité sociale serait essentiellement une invention "sociale" mise en place par des communistes doctrinaires qui ont conduit les sociétés européennes à la banque-route généralisée. Or, rien n’est plus faux. Lénine était vent debout contre la sécurité sociale telle qu’elle était pratiquée dans les démocraties occidentales, il considérait cette assistance publique comme une forme particulièrement perverse de charité bourgeoise sécularisée visant à maintenir le prolétariat sous la dépendance des capitalistes et des propriétaires, ce en quoi il n’avait pas tout à fait tort, puisqu’il y avait bien une intention utilitariste comme je viens de le rappeler.
Historiquement, les régimes communistes ont toujours été très rétifs à déployer un système de sécurité sociale universel. A la place, ils ont développé un système de soin classiste qui ressemble étrangement aux systèmes hybrides public/privé mis en place par le néolibéralisme triomphant :
— pour les pauvres, un système universel et gratuit fournissant l’accès à un système de soin de base, limité et inefficace
— pour les cadres intermédiaires du régime et la petite bourgeoisie, un système semi-universel et en fait semi-privatisé fournissant une offre plus étoffée en échange de bakchich et de corruption
— pour les hauts-fonctionnaires du régime et la bourgeoisie en contact avec l’étranger, un système de soin gratuit et discrétionnaire, donnant accès au meilleur matériel (importé des pays occidentaux) et aux meilleurs spécialistes.
Donc en gros c’est une erreur conceptuelle de penser que la sécu universelle et gratuite est le produit d’une mentalité collectiviste et communiste, c’est au contraire une invention de la sociale-démocratie européenne et du vrai libéralisme.
Au contraire, le système de soin hybride mêlant pseudo-gratuité et caisse privée se rapproche dans les faits du système de soin tel qu’il existait dans l’URSS et les républiques soviétiques.
Je reproduis des passages d’une excellente interview de Coralie Delaume publiée sur le site du figaro :
Ce qui se joue avec l’épidémie de coronavirus est décisif. Ce pourrait être « l’accident industriel » qui révèle l’incurie du système, un peu comme Tchernobyl a révélé celle du soviétisme. Elle pourrait invalider les présupposés du néolibéralisme et de l’européisme, l’Union européenne n’étant que la mise en œuvre la plus poussée, à l’échelle continentale, de l’idéologie néolibérale. Comme le dit le philosophe italien Diego Fusaro : « on nous a dit que les frontières devaient être abattues. Que le privé était meilleur que le public. Que l’État était le mal. Que les hôpitaux devaient être fermés pour des raisons économiques (…) il aura suffi d’un virus pour montrer la fausseté du néolibéralisme ».
De fait, les effets de l’austérité néolibérale n’ont pas tardé à se faire sentir en Italie. Un article de La Croix qui a beaucoup ému, rapporte les paroles terribles de médecins italiens. Ils expliquent que faute de moyens suffisants, ils doivent choisir de soigner en priorité les patients susceptibles de survivre, quitte à sacrifier les autres. Un rapport de la fondazione Gimbe de décembre 2019 indique qu’en dix ans, l’Italie a réduit ses dépenses hospitalières de 37 milliards et fermé 70 000 lits. Les hôpitaux manquent de bras, au point que le gouvernement du pays a publié un décret visant à permettre l’embauche en urgence de 20 000 soignants. C’est énorme, ce qui laisse penser que le déficit en personnel du système de soins l’est aussi. Mais que dire de notre propre situation ? L’interminable grève des urgences et les témoignages de médecins sur leurs conditions de travail nous ont appris qu’en France, l’hôpital public est à bout...
Il faut savoir que cette pénurie au niveau de l’offre médicale n’est pas du tout le fruit des circonstances ni même d’une mauvaise gestion mais bien le produit de l’application concertée de l’idéologie néolibérale dans les services publics, selon laquelle une "offre" médicale trop importance - définie comme égale ou supérieure aux besoins théoriques — contribuerait à ancrer des "mauvais réflexes" chez le consommateur de services médicaux en alimentant une demande de soins jugés "artificielle", exponentielle et non-nécessaire. En clair, d’un point de vue néolibéral, c’est le fait de mettre à la disposition de la population générale des services de santé adéquats qui est en soi générateur de déficits. Il faut donc substituer à cette culture de la demande une culture de l’offre comme on l’a fait de manière plus générale dans l’économie, et instituer une culture de la bonne gestion ("bonnes pratiques") consistant à réduire l’offre médicale (par des coupes budgétaires, matériel non remplacé, diminution de personnels, etc.) afin d’initier un "cercle vertueux" qui fera diminuer la demande par effet rétroactif, permettant ainsi de justifier le postulat initial (offre médicale trop importante par rapport à un niveau supposé optimal).
C’est cette même idéologie de la pénurie planifiée qui a permis depuis 30 ans de justifier la destruction des services publics, grâce au découplage de l’offre et de la demande de soins, et la baisse des financements (la fameuse "rationalisation") en réponse à des dysfonctionnements induits par un modèle théorique erroné.
Cette crise est une des premières qui permet de révéler sans aucune ambiguïté les effets sociaux désastreux produits par cette idéologie néolibérale qui fonctionne en vase clos pour valider ses propres présupposés théoriques, et qui propose ensuite ses "solutions" pour résoudre les dysfonctionnements qu’elle a elle-même contribué à engendrer.
@maQiavel
Je ne t’ai pas demandé de changer les termes de ta question, j’ai dit qu’il me semblait que c’était une question rhétorique qui appelait une certaine forme de réponse (négative).
Autrement dit, je crois que personne ne répondra par l’affirmative à une telle question, ou refusera d’y répondre dans des termes aussi simplistes.
Après toute l’histoire (si j’ai pris le train en marche) consiste à savoir si tu posais cette question en sachant pertinemment que les gens y répondraient d’une certaine manière, ce que yoananda a qualifié de posture partisane (là encore si j’ai bien suivi). Tout cela en écho à un autre fil où (là encore si j’ai tout suivi) on t’a accusé de duplicité ou de chercher à dissimuler ta pensée réelle sur l’immigration, qui se résumerait essentiellement à une opposition revendiquée mais superficielle aux flux migratoires que viendrait systématiquement contredire ou invalider un soutien exclusif aux migrants accompagné d’une hostilité totale à l’encontre de ceux qui voudraient attenter à leur intégrité corporelle ou morale. J’ai bon ?
Comme tu as dis toi-même partir sur du HS, je n’ai aucun moyen de connaître tes intentions en posant cette question, toutefois, si je dois préciser les choses, j’avoue te croire de bonne foi quand tu dis être à la fois opposé aux flux migratoires "imposés" par la mondialisation en tant que processus capitalistique tout en étant solidaire personnellement des migrants. C’est un positionnement politique qui n’est pas tout à fait le mien mais qui a sa cohérence. On peut défendre certaines idées sur le plan macro tout en tenant compte des réalités humaines sur le plan micro. Et quand le micro et le macro entrent en contradiction, on peut ou on doit finalement trancher en faveur du respect de la dignité humaine et de l’intégrité des individus.
Par conséquent, je ne pense pas que tu sois un crypto-immigrationniste dissimulant sa pensée, comme certains s’évertuent à le penser ici, nonobstant nos nombreux désaccords sur ce sujet ou d’autres. Mais évidemment, des identitaires ne peuvent pas comprendre cette idée puisqu’ils existent pour eux une relation systématique voire organique entre la migration comme processus et le migrant comme individu.
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