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Super. Tu as le don stupéfiant de toujours répondre à côté.
C’est justement pour ça que je mets presque systématiquement les mots "système" et "dissidence" entre guillemets.
Le folklore ésotérique (terreau du complotisme) et ses déclinaisons new age sont propres à la culture anglo-américaine. Halloween en est une expression. Va en Angleterre, là-bas David Icke est une célébrité qui remplit des stades de foot avec ses histoires de reptiliens illuminati. Impensable en France, même à l’heure actuelle. X-Files est une série américaine. Les illuminati, les chemtrails, le survivalisme, tout ça n’existait pas en France avant internet, tandis qu’aux USA et en Grande-Bretagne, ces thèmes sont inscrits dans la culture "underground" depuis très longtemps. Alice au Pays des Merveilles a été écrit par un Anglais, le Discours de la Méthode, les Pensées et le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes par des Français. En France, nous baignons traditionnellement dans une culture rationaliste, logicienne et dialectique.
Voir l’excellente adaptation du "Baron de Munchausen" de Terry Gilliam à ce sujet.
A l’inverse, tu ne trouveras aucun élément de la culture populaire francophone aux USA. C’est donc bien la marque d’une imprégnation à sens unique.
Le paradoxe, c’est que les anciens régimes dictatoriaux et centralisés rendaient objectives cette notion de dissidence qui est, au mieux, ambigüe et évanescente dans le monde occidental contemporain.
La "dissidence" cherche à tout prix à matérialiser - et souvent de manière caricaturale, cf Laurent Louis menotté sur une chaise - une domination qui se fait par des moyens exclusivement indirects et subtils : ce serait insulter les victimes des dictatures réelles que de nous considérer, dans notre confort absolu, comme menacés, violentés ou même opprimés par l’Etat ou le "nouvel ordre mondial". Tout ça n’existe pas vraiment, et c’est précisément la force ultime de cette domination diffuse que restitue bien le film Matrix (même s’il n’a fait que pomper outrageusement Philip K. Dick, mais c’est une autre histoire). La domination aujourd’hui est subjective, solipsiste, individualisée : elle rationalise le besoin d’être conduit par la main et persuade l’individu qu’il est davantage dans son intérêt de collaborer que de se mettre à résister, quand bien même il aurait été dépouillé de toute forme de dignité : et pour résister à quoi exactement ? C’est cela qui est perturbant, cette corrélation intime entre un sentiment de révolte légitime (de Gaulle parlait de "mal des âmes" accompagnant le développement de la civilisation technicienne et matérialiste) et une démotivation permanente - individuelle et collective - qu’il est très difficile de combattre. Il n’y a pas de "grand méchant loup" et c’est là le mensonge principal de tous ces dissidents en peau de lapin. Le "système" est en réalité en chacun de nous, nous y participons et nous le nourrissons par les actes les plus quotidiens. Tout ça est d’une grande trivialité. C’est pourquoi il faut toujours démarrer au niveau individuel, se pondérer, faire son auto-critique, avant de pointer son petit doigt rageur vers des groupes de personne ou même des élites situées à l’intérieur de ces groupes.
La dissidence revendiquée, c’est un signe de "l’américanisation des esprits" même si les principaux concernés ne veulent pas se l’admettre : car la culture obstinée du complot, la défiance par principe contre l’Etat, le new age sectaire, et jusqu’au vocabulaire systématiquement emprunté à la langue anglaise ("félse flaque", "truffe siqueur", "chaimtrèlsse", "débeuncage", etc.), tout ça renvoie au monde anglo-saxon et traduit l’américanisation du "zeitgeist".
C’est en ça que Soral mérite tout ce qui lui arrive, parce qu’il sait tout ça (il y a quelques années il fustigeait encore les "délires ésotériques SF" des dissidents) et qu’il a suivi opportunément le mouvement, en bon caméléon qu’il est, en donnant un semblant d’articulation dialectique et conceptuelle à tout ce fourbis newage irrationnel.
A un moment il affirme que les Américains développaient un internet privé et que les Français ont "lâché le protocole http dans la nature"... quelqu’un peut développer avec des références précises svp ?
La principale raison de la baisse c’est la chute de la demande liée à la crise économique qu’il devient de plus en plus difficile de dissimuler derrière la croissance artificielle des marchés sous perfusion monétaire.
Pour le reste, la notion de pic est elle-même trompeuse puisque les gens ont tendance à imaginer une courbe linéaire mondiale depuis 1850, avec une augmentation graduelle de la production puis un pic suivi d’une diminution graduelle.
Cette représentation est largement mentale et ne reflète en rien le niveau des réserves dans la mesure où il y a un hiatus d’environ 35 ans entre le "pic de découverte" des réserves dans une zone donnée et le "pic de production" également appelé "pic de Hubbert" du nom du géologue qui l’a théorisé.
Autrement dit, la production américaine actuelle correspond à l’état des réserves exploitables tel qu’elles existaient dans les années 70-80.
Le "truc" consiste donc à confondre les deux courbes (découverte et production) pour extrapoler la situation passée et la projeter dans l’avenir : ainsi on a gagné trente ans. Si je regarde la courbe des découvertes américaines, on voit que le pic a été atteint dès les années 40 (tiens la première crise pétrolière date des années 70...) et que le nombre de découvertes n’a pas cessé de décliner depuis (et ce n’est pas les pétroles de schiste qui vont contrarier ces données).
Si on regarde la courbe des découvertes mondiales le pic a été atteint à la fin des années 60, suivi d’un déclin puis d’un deuxième pic de moindre intensité dans les années 80, suivi d’un déclin durable jusqu’à la situation actuelle où il n’y a pratiquement plus de découvertes (ce que traduit par ailleurs les tensions géopolitiques énormes autour des réserves situées en zone arctique).
On remarque également que les découvertes annuelles étaient supérieures à la production annuelle jusqu’à la fin des années 80. Donc, mathématiquement, cela signifie que la production mondiale, en tenant compte de la demande, ne déclinera pas de manière significative avant le tournant des années 2020.
Donc en gros l’argumentaire des optimistes consistent tout simplement à dire, en regardant la situation antérieure, que l’on va continuer à découvrir des réserves de pétrole dans le futur alors que les prévisions réalistes basées sur les chiffres réels tendent à démontrer le contraire. Affirmer que les réserves vont croître alors que les découvertes diminuent en réalité, on appelle cela de la spéculation. Or, on sait très bien que les spéculateurs, dans leur propre intérêt, sont par nature des optimistes : on le voit à l’heure actuelle avec la croissance américaine nourrie par la création monétaire. Donc se fier à ces gens-là pour se rasséréner ne fait qu’entretenir une illusion permettant aux acteurs du marché de continuer à échanger, c’est tout.
C’est comme un alcoolique qui aurait acheté 3 bouteilles de vin, qui en aurait bu deux et, voyant avec angoisse le niveau de la troisième diminuer inexorablement, se dirait : "au pire je vais acheter une quatrième bouteille" alors qu’il est 3 heures du matin et que tous les magasins dehors sont fermés.
Quand on commence à appeler les gens de la même couleur de peau que soi "frères" et "soeurs", on s’expose fatalement à la déception et à la trahison des siens, la nature humaine étant ce qu’elle est. Il le rappelle d’ailleurs lui-même en évoquant les constats amers de Sankara sur le "peuple". La communauté afro-américaine en est également la parfaite illustration, avec ses chefs charismatiques, ses haines fratricides, ses traîtres à la cause, etc.
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