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Walid Haïdar

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  • 4 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 17:09

    Ce n’est pas parce que vous ne connaissez pas ces historiens qu’ils n’existent pas. Ce qu’ils ont de sérieux, pour commencer, c’est qu’ils présentent des thèses un peu plus nuancées que celles d’un livre d’Histoire du collège. Info top secret : il y a encore des facs d’Histoire avec dedans des gens qui bossent sur le siècle des lumières de façon critique.


    Ensuite d’après vous, parce qu’on a plus de sympathie pour un courant que pour un autre, c’est qu’on a une pensée binaire. Vous avez tord. Binaire est relatif au nombre 2. Or, j’ai de la sympathie pour certains courants de pensée qui sont pourtant souvent opposés à mes propres idées, et j’ai moins de sympathie pour d’autres encore, souvent beaucoup plus opposés à mes propres idées (mais qui les rejoignent parfois, au moins en apparence, par exemple le concept d’amour de dieu, qu’en réalité j’entend très différemment de celui de l’Église catholique, puisque je conçois Dieu différemment). Ce n’est donc pas du tout binaire. Mais peu vous importe : si je disais que le jour vient après la nuit, vous en tireriez que j’ai une pensée binaire.

    Je vous fait remarquer enfin que cet aveu en fin de mon dernier commentaire était une tentative de répondre à votre très subtile affirmation à la fin du votre "Allez ça va, on a compris d’où vous sortez". J’ai essayé de faire simple, pour répondre à une allusion simpliste.


  • 8 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 16:59

    @la mouche du coche : pourquoi dites-vous que j’ai passé ma vie à lire ces auteurs ? Pourquoi dites-vous que je ne les ai pas compris ? Pourquoi dites-vous que je suis furieux ? Je ne vois pas sur quoi reposent vos propos.


    @ffi : Au lycée, quand on aborde les lumières, on étudie au moins une ou deux oeuvres majeures "intégralement", et ce en filière scientifique, ce à quoi effectivement on ajoute des passages d’autres oeuvres. Vous parlez de sectarisme, d’élitisme. Dites-moi, à l’époque rêvée des curés et aristocrates, quelle proportion de la population étudiait les grands écrits de l’antiquité ? Quelle était la qualité de la production philosophique durant tout le moyen-âge ? Quels brillants auteurs sévissaient dans les rangs de l’église ? Pouvez-vous me citer plus de 3 ou 4 grands esprits de la brillante école chrétienne, défendant les vertus de la soumission à l’ordre établi, (bien entendu, vous n’avez pas le droit de citer des non-catholiques) ? Si je veux bien admettre que les curés n’ont jamais été avares de distribuer la bonne parole de cette soumission, j’ai du mal à appeler ça "penser" : j’appelle ça jouer son rôle de berger auprès de ses moutons, et c’est une chose que vous pensez juste vous-même, dans l’ordre des choses, Bon. Quant à la cohérence de cette histoire de berger avec votre dénonciation des histoires d’initiés et d’ignorants, elle m’échappe.

    "les lumières n’ont pas apporté d’idées nouvelles, et pour résumer, il s’agit d’une bande de médiocres." La question est, les lumières ont-elles avancé des idées subversives à l’époque, vis à vis des autorités de l’ordre établi ? Les lumières ont largement repris en effet des thèses antiques, mais elles n’ont pas fait que cela, et elles n’étaient certainement pas médiocres. Et supposons qu’elles n’aient fait que cela : je les en remercie. Il fallait bien que les anciens soient enfin enseignés ou au moins connus et reconnus plus largement, au-delà de la récupération qu’avait pu en faire l’église à partir de la fin du moyen-âge. Et il fallait bien aussi qu’on commençât à prendre connaissance de tous les anciens qui avaient une pensée bien différente de ceux que l’église avait soigneusement sélectionnés, en particulier, merci aux lumières d’avoir "ressuscité" les matérialistes. D’ailleurs si je faisais le tri parmi les lumières dont je partage largement les idées, il ne resterait pas grand chose à part bien entendu Spinoza. Néanmoins, la puissance de Kant, il n’est pas possible de la minimiser, l’espièglerie d’un La Fontenelle (mort supplicié par les soins de vos bons maîtres de l’époque), m’est chère, la qualité des synthèses d’un Montesquieu (même si encore une fois sa pensée m’est assez étrangère), est claire, l’intérêt de l’encyclopédie, certain.

    Oui, tout cela vous chagrine, les lumières ont foutu un peu le bordel dans le bel ordre (en fait, un vrai bordel) millénaire qui arrangeait les plus puissants, qui ont cédé leur place à d’autres plus puissants, qui ont eux-même récupéré et distordu dans leur intérêt l’héritage intellectuel complexe du passé. Et puis sont venus ensuite d’autres penseurs qui ont foutu le bordel dans cet "ordre" bourgeois, et en viendront d’autres.

    Ainsi va la vie. Vous pouvez toujours tenter d’en appeler à votre copain imaginaire, si ça peut vous apaiser, mais j’ai comme un doute sur sa volonté d’y changer quoi que ce soit...

    PS : ah oui, "l’amour de Dieu". C’est un concept que je partage (sans ironie), à ceci près que je me passe d’un Dieu transcendant : l’amour de Dieu en tant que la Nature, et donc immanent (par Nature, je n’entend pas l’ensemble des atomes de l’univers, ni l’ensemble des potagers bio...). Mais je suis profondément convaincu de la nécessité de cet Amour plein de ce qui Est, comme vous de l’amour d’un Dieu transcendant (et un peu bizarroïde, je dois l’avouer).


  • 9 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 16:17

    De l’antre de Satan !


    Mais je n’ai pas attendu qu’on vienne me prévenir que les lumières, ce n’est pas le bien absolu, puisque je suis matérialiste, et que certains philosophes des lumières n’en étaient pas du tout. Puisque je suis anarchiste, et qu’à peu près aucune lumière ne l’était, puisque je ne suis pas du tout attaché au droit de propriété, pour ne pas dire que j’y suis opposé dans une large mesure, alors que les lumières y sont souvent très attachées.

    Malheureusement, je ne suis pas encore avancé dans l’âge de la pensée binaire, et ce n’est pas parce que je rejette de nombreuses idées des lumières que j’accepte qu’on dise n’importe quoi à leur sujet, ou que je rejette en bloc tout ce qu’elles ont pu apporter.

    J’ai dans cette longue tirade, explicitement indiqué que l’école était souvent caricaturale vis à vis des lumières, mais comme c’est une nuance, cela n’entre pas dans votre schéma.

    Quant aux historiens, vous validez complètement mon propos, puisque vous ignorez "royalement" si j’ose dire, la grande majorité des historiens qui certes, ne passent pas souvent à la télé, mais qui font un travail qui me semble plus sérieux que celui de cette dame, bien plus neutre en tous les cas.

    Enfin, oui, si c’est là où vous voulez en venir, j’ai bien plus de sympathie pour nombre d’idées défendues par les lumières que pour l’idéologie défendue en général par l’Église catholique ou les partisans de la monarchie absolue, ça, c’est clair.


  • 6 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 14:44

    "A noter aussi la présence d’Etienne Chouard dans l’assemblée, avec lequel l’historienne s’entretient à certains moments."


    Étienne Chouard le sataniste en puissance qui admire Robespierre, ou c’est un autre dont vous parlez ?


  • 6 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 14:40

    En tous les cas, je n’ai pas fermé les yeux quand on m’a demandé de lire ces auteurs, mais vous si apparemment (ou alors vous mentez quand vous dites qu’on ne vous a rien fait lire d’eux à l’école ? je n’ose le croire...).


    Mais je ne parlais pas de moi quand j’évoquais ceux qui cherchent la vérité, je parlais de ces philosophes des lumières qui ont eu l’outrecuidance de critiquer l’Église et ses dogmes, et de proposer d’autres voies pour le savoir, de penser par eux-mêmes en faisant usage de leur propre raison, et non de celle de leur curé, et d’inviter leurs lecteurs à faire de même.

    Ceux-là, comme vous l’avez brillamment démontré ("c’est évident") sont forcément sectaires, au sens où ils prônent nécessairement la distinction entre ceux qui sauront, les initiés, et ceux qui ne sauront pas, les ignorants. Leur doctrine (car ils pensaient tous identiquement, et n’avaient donc qu’une unique doctrine, assez proche du satanisme, selon certaines sources désintéressées) ne peut pas être détachée de cet impératif sectaire.

    Cela me semble limpide, d’autant que c’est vous qui l’avez dit (on a plus la chance d’avoir un curé à portée de main pour nous prêcher la bonne parole, mais on vous a monsieur ffi, et je dois dire qu’on a bien de la chance, nous, les ignorants).
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