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Walid Haïdar

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  • 8 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 13:17

    Désolé, je n’avais pas vu le post de ffi, le vénérable. Monsieur, (car je cesse le tutoiement, qui sera dorénavant réservé aux nobles s’adressant aux manants, et non plus au dialogue de citoyen à citoyen), vous dites que l’éducation nationale nous vante les lumières sans nous en faire lire une ligne.


    Je ne comprend pas. Pour ma part, j’ai du lire Rousseau, Voltaire, Diderot, Montesquieu, Montaigne, Condorcet, La Fontenelle, et bien d’autres encore.
    J’ai pu voir à cette occasion d’ailleurs les nuances et divergences entre ces gens. Oh certes, on ne nous a pas fait lire les lettres compromettantes de Voltaire mais on a pu voir certaines de ses idées quelque peu pertinentes. On nous a même dénoncé Rousseau comme un homme torturé dont la vie n’était pas du tout en adéquation avec les idées, un espèce de petit salaud en somme, mais c’est vrai, on n’a pas été forcés d’en conclure que ses idées étaient bonnes à jeter au feu de Satan.

    "Il y a les initiés, et les ignorants." Oui, voir ainsi l’esprit des lumières est très éclairant. Comme on doute et qu’on recherche la vérité par la raison ALORS on veut réserver cette vérité à des initiés. C’est évident (enfin pour les initiés bien sûr).


  • 13 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 12:56

    La pensée binaire est certainement une avancée extraordinaire par rapport aux lumières.


    Les jésuites voulaient instruire le peuple ? D’autres historiens expliquent, exposent, "démontrent", au contraire comment les jésuites, pour contrecarrer la diffusion de plus en plus rapide et large des livres profanes, se sont petit à petit donné pour mission "d’instruire" le peuple (enfin le peuple, c’est vite dit, disons plutôt les couches qui commençaient à s’intéresser aux livres), c’est à dire d’y diffuser des oeuvres profanes "respectables" afin de diffuser leurs idées, et d’endiguer la propagation des idées scandaleuses qu’on pourrait trouver dans les autres livres profanes.

    D’autres historiens encore, nous expliquent que ce qu’on appelle "les lumières" rassemblait des philosophes et penseurs qui se trouvaient en désaccord profond sur bien des sujets, plus ou moins fondamentaux. Que certains avaient des idées fort répugnantes (pour nous) en même temps que des idées novatrices et jugées aujourd’hui pertinentes. Ces historiens n’ont pas eu la présence d’esprit de constituer un document à charge contre "les lumières" prises comme un bloc uniforme, en sélectionnant ce qui les arrangeait pour faire apparaître la thèse uniforme et manichéenne qui les intéressaient (c’est d’ailleurs pour cela qu’on les appelle des historiens). Ces historiens ne méritent pas d’être consultés, car ils n’ont pas le courage de leurs idées, par conséquent il vaut mieux s’en tenir à la contradiction des historiens sans nuances, dans un sens comme dans l’autre. Par exemple, pour se persuader que madame a raison, utilisons la caricature opposée que constitue souvent l’enseignement scolaire : la vérité n’est pas dans la nuance (puisque nous avons une pensée binaire), mais bien dans l’une ou l’autre des caricatures, exclusivement.

    Si des historiens vont dans un sens plus ou moins opposé à cette bonne dame, ne serait-ce que par l’usage intensif de la nuance, c’est probablement qu’ils sont eux-mêmes contaminés, ou disons corrompus intellectuellement, par l’école maçonnique de la république, et il ne faut donc pas prêter attention à leur contradiction, avant de répandre la bonne parole.

    Pour la révolution française, idem, surtout, ne cherchez pas à comprendre que les girondins et les jacobins, ça n’a pas grand chose à voir en terme d’idéologie et d’action politique, et encore moins à vous intéresser à ce qu’on pourrait appeler la "gauche radicale" de la révolution. Ca pourrait devenir trop compliqué : mieux vaut passer d’une caricature à une autre encore une fois, car nous voilà désormais avancés dans l’âge binaire.


  • 5 votes
    Walid Haïdar 27 juin 2012 01:31

    Pourquoi ce fatalisme ?


    On peut, on doit faire le constat de la catastrophe et de l’imbécillité, au fond, de notre modèle agricole.

    Mais après ? Le rôle d’un citoyen n’est pas d’annoncer la fin de l’espoir et l’avenir apocalyptique. Qui est responsable de tout ce qui se passe ? Est-ce vraiment la question ? On constate. Mais on fait quoi, nous, concrètement ? Dans quelle dynamique s’inscrit notre choix propre d’existence ? Est-il réellement, ce mode d’existence, bien meilleur, bien moins nuisible que celui de la moyenne, au delà du luxe d’acheter des produits de qualité (du luxe financier ou de l’information des alternatives et de la chance de se trouver dans un endroit où ces alternatives existent), ou de commenter un article (même utile) ?

    Car ceux qu’on fustige et qui mettent en place ces systèmes mortifères, sont biens actifs, organisent l’avenir. Et nous ?

    Il me semble qu’on peut voir ces grands murs technocratiques comme les annonciateurs de grandes révoltes autant que comme annonciateurs de grands désastres.

    Mais ces révoltes, seront-elles forcément de bêtes manifestations plus ou moins violentes, des cris de rage dans le vent ?

    Que chaque personne qui sent chaque jour un peu plus l’absurdité de l’ordre actuel apprenne lui-même, dans les livres, dans son jardin, auprès des "derniers paysans", comment tirer de la terre lui-même de plus en plus de ses besoins alimentaires.

    Qu’il apprenne les vertus de la collectivisation (à l’échelle de quelques familles) de parcelles de culture, les vertus de manger moins transformé, moins cuit, pour manger moins, les vertus de se donner moins le besoin de manger des graines (une graine c’est pas fait pour être mangé par des humains à la base... c’est même conçu pour être carrément indigeste), moins de besoin de manger tout simplement, moins le besoin de manger du boeuf, et de varier ses consommations carnées, de les diminuer...

    Si vous n’habitez pas à la campagne, pourquoi ne pas tenter avec vos voisins de HLM, en le proposant à votre mairie de faire de votre HLM une ferme (si c’est une mairie écolo ou PG, ça se tente non ?), même si ça ne répondra qu’à une partie, même petite, de vos besoins ? Si vous n’y arrivez pas, peut-être un sur 1000 y arrivera, et de cet exemple, que naîtra-t-il ?

    Si vous n’avez pas de possibilité de produire vous-même, ce qui est le plus souvent le cas, pourquoi ne pas chercher un paysan et créer une assoc (type AMAP par exemple) pour lui acheter ses produits ?

    Pourquoi acheter des rasoirs jetables plutôt que de vous acheter une belle lame de rasoir à l’ancienne, et de l’utiliser avec du savon naturel, que vous pouvez faire vous-même ? Lame que vous pourrez léguer à votre fils...

    Pourquoi mettre 1 gramme de dentifrice sur votre brosse alors que 0,1 gramme suffit, puisque le dentifrice ne sert en fait à rien ?

    Pourquoi affirmer votre identité en suivant la mode débile que vous n’avez d’ailleurs souvent les moyens de suivre qu’en clochard, avec des vêtements misérables, qui s’abîment au bout de quelques lavages ? Pourquoi ne pas plutôt affirmer votre identité en achetant peu d’habits, mais les pus solides possible ? Pourquoi ne pas en fabriquer certains vous-même dans la mesure de votre talent et de votre temps disponible ? Pourquoi ne pas monter une association pour mutualiser les coûts et les talents afin de produire quelques vêtements simples et très résistants ?

    Si vous avez des idées, et en fait, vous en avez plein, pourquoi ne pas prendre le temps d’en inviter certaines dans le réel ?

    Toutes ces façons sont des modes de résistance, car ils permettent de dépendre moins du système, de le court-circuiter, et pourquoi cela ne marcherait-il pas ? Pourquoi cela ne ferait-il pas bifurquer le système ? Plus le système sera insupportable pour plus de gens, plus les contre-exemples seront communicatifs, copiés, améliorés, diffusés, jusqu’à une masse critique. N’attendons pas le sauveur, le parti, le mouvement messianique : personne ne sera le Spartacus des temps modernes, le Prométhée, ou le Christ, mais on peut participer humblement à une émergence, et ça pourrait même ne pas être si difficile, juste avec un peu de culot, de légerté de coeur, et d’huile de coude.

    Oui, faisons les constats qui s’imposent, mais la conséquence de ces constats, c’est l’action, sinon à quoi servent ces constats ? À s’avouer vaincus d’avance ?


  • 11 votes
    Walid Haïdar 23 juin 2012 15:25

    Morano ne finira pas au FN, c’est le FN qui va finir. Il s’appellera autrement, et il faudra comprendre :

    "grand rassemblement des gens de droite qui n’ont plus honte d’être de gros réactionnaires, et assument totalement leurs convictions rétrogrades."
    Et franchement, ce sera pas plus mal. Y en a marre des gens de droite qui se font passer pour des humanistes et des progressistes, exactement comme y en a marre des centristes libéraux qui se font passer pour des gens de gauche.


  • 9 votes
    Walid Haïdar 23 juin 2012 15:21

    je dirais même : "tenté".

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