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MaQ, tu le dis sur la fin : Soral est éclectique, plus que fasciste. Sa doctrine n’était pas encore bien fixée dans ses premières interventions. Son discours s’est aussi orientée par provocation, par esprit de contradiction, ou pour mettre en valeur divers paradoxes. En fait, il pensait tout haut. Il faut voir que ce qu’il pense aujourd’hui n’est pas nécessairement ce qu’il pensait hier.
Mais parler de doctrine dans ses vidéos est aussi pertinent que de dire d’un morceau improvisé par un musicien de Jazz qu’il est une composition. Soral n’a jamais eu de doctrine, il a plutôt eu des intuitions.
Soral fut comme un funambule sur un fil, il a longtemps surtout cherché à ne pas tomber ni d’un coté ni de l’autre. Mais cette position n’est pas tenable, car toujours un moment vient où il faut faire des choix.
Maintenant, je doute que Soral soit absolument fasciste. Pour cela, il faudrait voir s’il adhère à l’hyper-jacobinisme fasciste (Tout est incorporé à l’état).
C’est d’ailleurs un contre-sens historique, puisqu’un état, c’est d’abord une situation, une situation sociale s’entend. La structure bureaucratique qui a géré les rapports entres ces divers états (= situations sociales), a fini par être désignée État, mais pour une raison que je ne comprends pas encore et qui me semble un bon thème de recherche historique. Pourquoi l’état, situation sociale, a-t-il fini par désigner l’État, bureaucratie d’administration du pays ?
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Élément de réflexion : état
Étymol. et Hist. A. 1. 1213 subst. masc. estate « manière d’être à un moment donné d’une chose ou d’une personne » (Fet des Romains, L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p. 14) ; 2. 1467 estat « liste énumérative constatant la condition des choses (ou personnes) à un moment donné » (Lettre de Louis XI, III, 172 ds Bartzsch, p. 107). B. 1. 1285 « situation sociale ou professionnelle, condition » (Rose, éd. F. Lecoy, 6233) ; fin xives. « charge, position » (E. Deschamps, Balade, éd. Queux de Saint-Hilaire, 195, 9, t. 2, p. 14) ; 2. ca 1376 estat « condition politique et sociale en France sous l’Ancien Régime » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, § 152 : trois estas) ; 3. [1549 « ensemble des qualités qui distinguent l’individu dans la cité et dans la famille » (Est. d’apr. FEW t. 12, p. 249a)] ; 1756 état civil « condition des personnes d’après leur naissance » (Encyclop. t. 6, p. 19a). C. 1. Ca 1500 « nation soumise à une même autorité » (Ph. de Commynes, Mém., éd. J. Calmette, t. 3, p. 32) ; 2. [1549, Est. d’apr. FEW t. 12, p. 250a] spéc. 1594 Secretaire d’Estat (Satyre Ménippée, éd. Ch. Read, p. 68). Empr. au lat. class. statu ?
« action de se tenir », « position, situation », souvent associé aux termes civitas, imperium d’où le b. lat. « état, forme de gouvernement » (Blaise) avec peut-être infl. de l’ital. stato « forme de gouvernement » (1300-13, Dante, Inf., 27 ds Tomm.-Bell., v. aussi FEW t. 12, p. 251, note 10) et « administration d’une société » (1537-40, Guicciardini, Stor., 9, 457 ds Tomm.-Bell.) ; b. lat. jur. « statut d’une personne », lat. médiév. « inventaire » (xiiies. ds Nierm.) ; cf. Gœlzer ds Arch. Lat. Med. Aev. t. 2, 1926, pp. 39-40.
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Il semblerait que la bureaucratie fasse l’inventaire de ses administrés (et de leur état social), comme si l’administration devait garder la mémoire des situations particulières. Pour des raisons de continuité légale ? Pour des raisons d’imposition ? Mais c’est aussi parfois une bonne chose que d’oublier.
De mon point de vue, en tout cas, le fascisme laisse une bien trop grande part à l’état, c’est un hyper-jacobinisme, c’est un de ses points spécifiques, qu’il partage avec le communisme d’ailleurs. Pire, le fascisme fait de l’État une entité spirituelle, presque une religion, ce qui est pour le moins curieux. Pour moi, c’est juste un truc technique, qui assure une certaine continuité des droits et des devoirs. Je serais curieux de savoir ce qu’en pense Soral.
Mais je l’ai parfois entendu affirmer que le vrai fascisme était au pouvoir, se désolidarisant ainsi franchement du fascisme. Donc j’ai plus l’impression que Soral a picoré ce qui lui a plu un peu partout, sans vraiment avoir eu de doctrine précise jusqu’à présent. Le seul "système" de pensée qu’il ait jamais eu est celui "du sionisme qui soumettrait la France", et encore, ce système n’a franchement émergé chez lui qu’après la constitution de la liste anti-sioniste, dont il n’était pas le leader, mais un suiveur.
Cf famille nucléaire égalitaire. Je cite :
"Ce système familial est fortement présent au centre et au sud de l’Espagne, en Grèce, au nord-ouest de l’Italie ainsi que le tiers sud incluant la Sicile, en France dans le bassin parisien, en Pologne, au centre du Portugal, en Roumanie, et dans toute l’Amérique latine."
Bref, en gros, tous les pays ayant vécu une histoire catholique...
Il y a une énorme omission dans le premier lien : le malleus mallificarum fut mis à l’index par l’Église de Rome : c’est la raison pour laquelle la "chasse aux sorcières" fut plutôt du fait des pays protestants. Ceci sont des faits que je n’ai pas appris par Marion Sigaud, mais dans la revue Historia.
Les Béguines, que je ne connaissais pas, sont un ordre, un corps social, c’est comme une entreprise, ou une secte : notez que ce mouvement s’est déployé d’abord sans problème. Mais je suppose qu’un tel ordre a fini par poser des problèmes politiques, ce qui fut la raison de son abolition. Dissoudre cette secte n’est pas une preuve de la torture des femmes en général. Puisque les "beguins", le versant masculin du mouvement, furent également dissouts, en déduisez vous que les hommes étaient en général torturés au moyen-âge et que cette dissolution est preuve de matriarcat ?
Votre réflexion ne tient pas, car c’est une spécificité française du moyen-âge que l’héritage soit remis à part égale à tous les enfants, quelque soit leur sexe. C’est Emmanuel Todd qui en témoigne (cf famille nucléaire).
Mais revenons à ce que dit l’intervenant. Il dit que le patriarcat se définit par la propriété dévolue aux pères, et que le matriarcat se définit par la propriété dévolue aux mères.
Or, vous voyez bien que, au moyen-âge, si en effet la propriété est dévolue au père lorsque les deux parents sont vivants, en revanche la propriété échoie à la mère, lorsque le père meurt. On ne peut donc pas parler de patriarcat au sens strict.
On peut parler de parenti-arcat, avec une préférence patriarcale lorsque les deux parents existent, mais qui vire au matriarcat lorsque seule mère subsiste.
Il me semble que c’est un bon équilibre, qui évite à la fois les conflits d’autorité dans la famille et donne sa part à chacun, les femmes vivant généralement plus longtemps que les hommes. On pourrait également évoquer, pour une époque plus moderne, ce qui est le prolongement de cette mentalité, la pension de reversion, qui est le droit pour la veuve de toucher la retraite de son mari décédé (la veuve devient propriétaire des droits sociaux de son mari).
Aujourd’hui, le parenti-arcat est plus "absolu", mais cela résulte éventuellement en conflits d’autorité familiaux, qui doivent alors être tranchés par un juge, on a donc un parenti-arcat mâtiné de judici-arcat. Cela illustre bien la tendance pour l’État à s’immiscer dans les affaires familiales.
Vous voulez absolument plaquer sur les moeurs du moyen-âge l’idée d’un patriarcat "pur", dont vous allez chercher les illustrations dans des pays lointains. Mais les choses sont plus subtiles que cela. Les moeurs de France se sont développées en France, de manière spécifique à la France, et l’on ne peut pas dire que le système familial fut un "pur" patriarcat, puisque les femmes non mariées pouvaient très bien accéder à la propriété, de même que les veuves héritaient systématiquement de l’entière propriété des biens familiaux.
C’est sûr qu’on ne peut pas dire à proprement parler que Soral est fasciste, rien qu’étant donné la place qu’il donne parfois à la lutte des classes dans ces discours (quoiqu’il en fasse moins mention ces derniers temps).
Soral reste inclassable, c’est un original, il picore de tout coté, du Marxisme au Fascisme, du Nationalisme au Socialisme, de l’Islamisme au Christianisme.
On peut dire que c’est un adepte de l’éclectisme.
Tous ces éléments disparates, il les jettent ensemble à la face de l’auditeur, et cela parle a beaucoup. Ce fut, dans un premier temps, la base de la "réconciliation", cette capacité à faire tenir des personnes très disparates ensembles, par conciliation de doctrines distinctes entre elles.
Bon, évidemment, ce fut valide pour une première étape. On peut concilier des doctrines différentes, mais jusqu’à un certain point seulement, car les doctrines sont généralement contradictoires entre elles sur certains aspects.
Comme on ne saurait concilier des contradictions, il faut trancher les désaccords doctrinaux qui apparaissent dans un sens ou dans l’autre pour affiner le système théorique.
C’est là que les choses se gâtent.
La conciliation des idées n’étant plus possible, des cohortes d’hommes concernées au début par la tentative de conciliation toute azimut, voient leurs préférences doctrinales écartées et finissent donc par quitter le navire (ou être débarqués).
Tout n’est pas égal, tout n’est pas conciliable.
Il y a des différences irréconciliables.
La politique, c’est faire des choix.
Soral peut accepter n’importe qui, quelque soit sa race, son origine, sa religion, mais pas jusqu’au point de prôner de détruire le patrimoine de son pays, quand même ! Je dis ça... C’est qu’on note une évolution manifeste chez lui quand il prône de refaire du catholicisme une religion d’État.
Perso, ça ne me gène pas, j’ai eu la même réflexion, ça a le mérite de coller à la logique historique, celle qui imprègne encore aujourd’hui nos lieux, notre langue, nos mœurs (avant leur subversion s’entend).
Je pense que celle qui a gagné sur l’élaboration de la doctrine Soral,
c’est Marion Sigaud.
100% d’accord, c’est bien son imprudence qui l’a perdu, et c’est toujours aussi ce qui m’a gêné chez lui, car s’il peut dire des choses intéressantes, j’ai toujours pensé que son imprudence, transposée sur le plan intellectuel, pouvait lui faire dire des choses totalement fausses avec un grand aplomb.
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