@Bainville Évidemment, l’ancien-régime n’est pas transposable aujourd’hui. Pourquoi ? Il faut se souvenir du contexte de sa constitution, auquel il apportait une résolution.
Après l’effondrement de l’administration Carolingienne, il y eut une période d’anarchie, les incursions des Vikings et des Sarrasins, des bandes de brigands qui sévirent, le territoire qui se couvrit de milices. Le pouvoir s’est appuyé sur les chefs de certaines milices pour tenir le territoire, ce qui a définit la Noblesse d’épée, une aristocratie militaire. À la création des communes au XIIIe, s’est ensuite développé une aristocratie Bourgeoise, la Noblesse de Robe, dont les effectifs se sont accrus sans cesse à mesure que l’administration d’État grossissait. Ceci, jusqu’à la Révolution, où la Noblesse de Robe a pris le pouvoir.
@Qaspard Delanuit Bon, le problème, avec la désignation par le peuple, c’est que l’on revient à l’élection actuelle. Mais l’on sait combien le peuple, tellement pris par ses petites affaires, a peu le temps de s’informer, et, quand il le prend, les informations qu’il obtient sont parfois vérolées... En revanche, un chef d’État, avec tous les services de renseignement dont il dispose, et son expérience du domaine, est bien mieux armé pour faire un choix pertinent.
Prenez par exemple les « personnalités préférées des français » :
On remarque que, plus le temps passe, plus les « personnalités préférées des français » sont des membres du show-biz (sportifs, acteurs). C’est normal, près des yeux, près du cœur... Déterminée ainsi, « l’aristocratie » serait largement influencée par les médias, ce qui me semble un problème, puisque ce que nous voulons est choisir l’aristocratie parmi ceux qui vivent la vie du peuple, et non parmi ceux qui vivent en-dehors du peuple, dans un microcosme médiatique.
Pour ce qui est du contrôle / contre-pouvoir, la théorie a largement montré son inefficience. En effet, puisque le pouvoir corrompt, admettre un plus grand nombre de personne dans le gouvernement pour contrôler et faire office de contre-pouvoir, cela a l’effet pervers notable d’augmenter la corruption au final, sans que ces contrôles n’ait l’efficacité escompté.
Il suffit de regarder combien coûte le gouvernement Républicain en France, et de comparer à ce que coûtent les gouvernement Monarchistes en Espagne ou en Angleterre, par exemple.
Respirez-mon cher, les points ce n’est pas fait pour rien... Mais vous évoquez ici une foi religieuse, une métaphysique, à laquelle je n’adhère pas.
Vous aviez dit : « L’homme est un animal qui vit dans un environnement sur qui la vie
s’étend partout, la nature ayant horreur du vide mais n’est pas
parfaite, occupe tous les milieux, l’intelligence dont on est tous
issus, de la moindre bactérie à nous, soit disant évolués, prévoit
d’engendrer une espèce capable d’étendre la vie au delà de notre pot de
terre périssable, elle a encore le temps puisqu’elle compte en milliards
d’années, nous comptons à l’échelle d’une vie humaine ou tout au plus
en quelques centaines de milliers d’années, pour les archéologues et les
anthropocentrés qui se regardent le nombril, l’homme n’est qu’une étape
qui évoluera probablement vers du bionique ou nanotechnologique, le
fameux humain augmenté et à terme, cyborg ou transhumanisme pour être
capable, quand il aura fini de jouer au con pour quelques dollars ou
euros, voire quelques territoires éphémères et fini de faire joujou avec
des idéologies de bac à sable comme les religions ou les régimes
politiques de transporter le vivant sur des terres habitables qui nous
semblent innatteignables en l’instant, comme il était inimaginable de
penser internet il y a quelques décennies, le téléphone portable il y a à
peine 30 ans, le moteur à explosion il y a 2 siècles, les avions les
vitesses de voyages, d’informations, de migrations et ainsi de suite,
voilà à quoi servent les animaux que nous sommes, à être des jardiniers
potentiels intersidéraux à terme, car la nature dont nous sommes issus
fonctionne sur le principe d’expansion et de survie. »
Caron : « oser dire aujourd’hui que l’être humain n’est pas un animal, c’est une hérésie par rapport à la raison ».
Je laisse le soin à Caron de lire la monadologie de Leibniz, ouvrage du XVIIe : l’animal, comme l’indique son étymologie, a toujours été pensé comme possédant une âme (latin : anima). L’homme a une âme, donc il est un animal. Mais c’est un animal, avec quelque chose en plus, que Leibniz appelle l’Esprit, qui est le principe de sa raison et de sa morale. Personne ne dit le contraire.
Donc là n’est pas le souci.
En revanche, le souci est que Caron raisonne comme si « tout animal est un homme » : il lui prête nos émotions, nos sentiments,...etc. C’est normal, Caron, athée, ignore la notion même d’Esprit, donc il ne voit plus les particularités de l’homme. L’animal n’a ni raison, ni morale. Ainsi, loin d’ajouter à l’Animal, il retranche à l’Homme. Ceci est directement relié à son athéisme.
En vérité, l’Homme est en capacité, par son ingéniosité, d’augmenter considérablement la quantité de vie sur Terre. Il n’existerait pas autant de vaches sans l’élevage. L’Homme, grâce à l’élevage, peut ainsi moins peser sur la nature, ce qui permet de préserver une partie de la vie sauvage. Aucun animal n’a cette faculté. Un animal, pour se nourrir, pourrait ravager tout son milieu, sans que cela ne le gène. Au moins l’Homme a-t-il cette faculté de s’en soucier.
Maintenant, on peut aussi discuter du régime alimentaire en Europe. Il est vrai que nous consommons beaucoup de Viande. C’est traditionnel. Tous les ans, l’Europe traverse un long hiver, où aucune plante ne pousse. Ainsi, avant l’invention des transports intercontinentaux, avant l’invention des boites de conserves, les seules réserves de nourritures disponibles en Europe se trouvaient dans l’animal. D’où nos traditions. En Afrique, où les plantes poussent toute l’année, où les eaux chaudes des rivières regorgent de Poisson, le régime alimentaire comporte beaucoup moins de viande.
@Qaspard Delanuit Donc Chouard est pour l’aristocratie, finalement ?
Cela dit, j’accorde, un peu comme ce qui concerne, en philosophie, les notions de Bien, de Mal, ou de Vertu, il est vain de croire pouvoir donner les critères définitifs de ce qui caractérise le « Meilleur ». Il y a une part de « flair » sur ce plan-là. Donc le risque d’erreur existera toujours. Et puis « le Meilleur », c’est un état, daté, contextualisé. Il est possible que « un Meilleur » un jour devienne « le Pire » un autre jour. C’est pourquoi la Noblesse ne peut être qu’un état que l’on doit pouvoir acquérir, ou perdre, c’est selon. La « meillorité » ne vient pas du sang, elle ne vient pas du corps, mais de l’esprit, lorsqu’il est en état de Grâce.
Pour la question des pleins pouvoirs. Il est évident que, étant donné l’extension limitée des hommes, tant localement que temporellement, aucun homme ne peut avoir les pleins pouvoirs de manières effective. Par conséquent, tout pouvoir s’appuie sur une architecture humaine, où chaque membre détient une parcelle du pouvoir. Actuellement, le pouvoir Jacobin centralise tout et ses décisions redescendent vers le peuple via une administration tentaculaire. « Administration », étymologiquement, signifie « vers le ministre », « vers le plus petit ». Dans l’administration, les hauts-grades commandent, les petits grades exécutent. D’un certain point de vue, le président de la République a bien plus de pouvoir aujourd’hui qu’en avait le Roi Soleil.
Bref, pour déterminer quelle parcelle de pouvoir peuvent obtenir ces plus valeureux, encore faut-il repenser l’architecture du pouvoir, certainement avec un pouvoir central qui doit laisser plus d’autonomie à ses « ministres », mais en essayant néanmoins de garder une certaine homogénéité dans les décisions à travers le pays, la disparité qui y exista historiquement ayant poussé à la centralisation.