Je renforce mon argumentation. Vous dites « il faut vivre en fonction de notre environnement », or, comme tout dans la nature nous le démontre (du microcosme au macrocosme), rien n’est immuable, tout change, tout se transforme. Question d’échelle, parfois, surtout au regard de la temporalité humaine, mais de façon générale, y compris à l’échelle temporelle humaine, tout change constamment, peu ou prou. Dès lors, c’est face à un environnement changeant constamment que nous avons à faire, et la VRAIE NATURE HUMAINE étant caractérisée par la loi de l’ ADAPTATION, il conviendrait de concevoir une culture fondée sur l’adaptation à des conditions changeantes. Nous parlerions alors d’une CIVILISATION ÉMERGENTE, contraire à une civilisation utopique, en cela que la civilisation utopique est, comme le mythe divin, immuable, alors que la civilisation émergente s’adapte aux informations nouvelles qui ne cessent de lui parvenir. A contrario, « vivre en fonction de l’environnement », tel que vous l’écrivez, pourrait être interprété comme une fatalité. Nous soumettre à des lois hétéronomes qui dictent notre culture n’est pas nous adapter, mais nous soumettre. Devrions-nous nous soumettre à des lois contraires aux principes naturels ? C’est ce que nous persévérons à faire, et voyez où cela nous a mené. Pour fonder une culture nouvelle, nous devons détruire l’ancienne. Ou attendre qu’elle se détruise elle-même, ce qui ne saurait tarder. Morpheus
Il ne s’agit pas de "croire", machiavel, mais de "décroire" (pardonnez-moi ce néologisme barbare), de comprendre la nuance entre environnement NATUREL et environnement CULTUREL (il ne faut pas confondre ce qui naturel et ce qui est habituel). L’environnement naturel est une "fatalité", car les forces et les causes qui le déterminent nous échappent, mais l’environnement culturel, lui, est une création de l’homme. Ce sont nos CROYANCES qui forment (déforment) notre perception de la réalité. Si nous en venons à CROIRE dans toute une série de MYTHES qui sont contraires aux principes naturels, nous engendrons inévitablement des paradoxes et une confusion, donc des déséquilibres. Comme nous avons tendance, par peur du changement, à nous attacher à nos croyances (mêmes fausses), nous tendons à persévérer dans l’erreur. Fonder une nouvelle culture, qui soient plus en phase avec les lois naturelles, n’est sans doute pas FACILE, mais c’est en tout cas LE MIEUX que nous ayons à faire. Et la chose n’a rien d’impossible. Difficile, parce que devant faire face à la résistance au changement et aux fausses croyances, mais pas impossible. Morpheus
La vraie question qui se dégage, c’est une question FONDAMENTALE, cause des causes de tous nos problèmes : la question de la pénurie. La violence n’est pas un gène inscrit dans l’homme, c’est une réponse induite par le contexte socioculturel dans lequel l’homme grandit. Si l’homme évolue dans un environnement ou règne la pénurie, il entrera en compétition avec son voisin pour obtenir des biens, et donc, engendre de la violence. Si l’on ne parle que de la nourriture, le dernier rapport de l’ONU (rapport Ziegler) montre que la planète a, actuellement, la capacité de nourrir 11 millions d’individus. Sur ce point spécifique (la nourriture), on voit que la terre est en mesure de nourrir, largement, les 7 milliards d’individus qui y vient maintenant, ce qui n’est pas le cas. Pourquoi ? Parce que la logique de l’économie de marché (monétaire) repose, sur, induit et alimente la pénurie. Ce qui donne la valeur aux biens, c’est leur relative rareté : un bien qui existe en abondance n’a que peu de valeur ; un bien rare - réellement ou artificiellement - acquiert une grande valeur. La cause de la plupart des violences provient plus que probablement de cela. On voit là que les défenseurs de l’économie de marché, c’est-à-dire les voleurs de ressource et de pouvoir, ont tout intérêt à fonder le mythe social sur l’idée que "la violence est génétique", inexpugnable, fatale. Mais cela ne résiste pas à l’analyse, et même s’effondre devant les preuves archéologiques. Le mal, le vrai, n’est pas "dans l’homme", mais dans l’idéologie des psychopathes que sont les voleurs de ressource et de pouvoir : les libéraux. Morpheus
Je reviens sur l’expression « l’homme est un loup pour l’homme ». Cette expression ne tire son sens que d’une construction mentale de l’homme, à savoir que l’homme utilise une IMAGE (fausse) du loup en temps que NUISIBLE, dans la mesure où, éleveur sédentaire, le loup s’est parfois fait "voleur" de brebis ou de têtes de bétail. Le loup fait peur, et l’homme jette sur le loup l’habillage mythique de LA BÊTE, au sens judéo-chrétien du terme : la manifestation du diable, du mal.
Mais le loup n’est bien entendu pas cela. Le loup est un animal noble, prédateur, certes, mais qui vit en symbiose avec son environnement.
A contrario, l’homme sédentarisé, lui, n’est PAS UN PRÉDATEUR, mais un DÉPRÉDATEUR !
L’expression n’a donc absolument AUCUN SENS, quelque soit l’angle sous lequel ou l’interprète. Car si l’homme était un loup (au vrai sens du terme) pour l’homme, il n’en demeurerait pas moins en symbiose avec son environnement. Mais l’homme CIVILISE (qui vit dans la cité), lui, ne vit pas en symbiose avec son environnement, mais en PARASITE, en déprédateur : il détruit ses propres sources d’abondance en alimentant une logique mortifère : l’économie fondée sur la monnaie, donc sur la nécessaire modélisation de la pénurie.
Le paradoxe est que l’homme du paléolithique vivait dans l’abondance, alors que celui du néolithique engendre un cycle pervers qui aboutit à la pénurie.
La civilisation pourrait alors bien être une erreur d’aiguillage.