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Walid Haïdar

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  • 3 votes
    Walid Haïdar 16 février 2012 18:17

    Paul Ariès ne pense pas que la nécessité de la décroissance se résume au CO2.


    Certes, il pense que cette théorie de réchauffement anthropique est authentique. Mais je suis plus sceptique, et si j’étais obligé de parier je pense que je parierais sur l’arnaque, mais bon, je me trompe peut-être.

    L’important est que tous ceux qui veulent la décroissance ont conscience des limites fondamentales que sont la désertification, la fin des matières premières abondantes, et la pollution chimique, nucléaire, en peut-être électromagnétique.

    C’est fatigant ceux qui dénigrent les autres sur la base de ce qu’ils n’ont pas le même jugement sur une question polémique. C’est vraiment Stalinien comme procédé. Pravda médiatique contre Pravda anti-médiatique : stérile.


  • 6 votes
    Walid Haïdar 16 février 2012 17:55

    Ouah !


    Extraordiaire ce flot de réactions !

    J’ai posté en page 1 un premier message avant de regarder la vidéo, et sans m’avancer sur son contenu.

    Je constate qu’en effet, chacun raconte tout et n’importe quoi, et déduit ce qu’il a envie de déduire.

    Je constate aussi toujours la même incohérence gravissime chez les gens : "il a enfin révélé son vrai visage (pour la 14ème fois au passage mais bon)". Mais les gars, réfléchissez un peu quand même : le gars est sensé être le plus grand manipulateur de France, un des fils du diable même, selon certains grands esprits, et il est trop bête et trop grossier pour éviter de "dévoiler" son projet sataniste luciférien (au passage lucifer et satan, rien à voir), parce qu’il révèle, ouah, attention, qu’il aime pas le régime théocratique d’Iran.

    Que dit Mélenchon en substance : il dit que c’est la première fois qu’un régime qui va posséder la bombe déclare qu’il veut l’utiliser contre un voisin.

    C’est une affirmation fausse, qui est soit stupide, soit manipulatrice. (oulala, mais je suis devenu anti-mélenchonien moi !).

    Pourquoi ?

    Parce que d’une part il paraît très clairement établi que la traduction "officielle" est une manipulation, et que Ahmadinejhad n’a pas dit ça. Je ne suis pas certain que Mélenchon le sache, mais je pense qu’il s’en fiche.

    Il y a deux possibilité : l’option stupide, c’est que Mélenchon pense vraiment que le régime théocratique d’Iran est prêt à bombarder Israël. Je ne pense pas que ce soit le cas. Certes Mélenchon déteste le principe de la théocratie, mais je ne pense pas au point d’être si aveuglé qu’il croit que les enturbanés veulent détruire physiquement Israël.

    L’option manipulatrice, c’est que Mélenhcon sait très bien que les Iraniens, quoi qu’ils disent, n’ont aucune intention de passer à l’acte avec une bombe atomique. Que fait-il donc ? Il souligne que c’est la première fois qu’un régime affirme qu’il a l’intention d’utiliser sa bombe contre son voisin. C’est une attaque en règle sur le régime Iranien, et d’autre part ça lui permet de ne pas avoir à prêter le flan à une polémique sur Israël : que se passe-t-il si on arrive à couper au montage un morceau pour matraquer que Mélenchon n’est pas fondamentalement contre les agissements et déclaration (manipulées certes) de l’Iran concernant Israël ?

    Bref, je pense que Mélenchon a choisit de faire d’une pierre deux coups en tapant sur un de ses ennemis (la théocratie Iranienne), et en se tirant du traquenard de la journaliste sans prêter le flan à une manipulation médiatique sur ce point.

    Je pense pour ma part qu’il a mal calculé son coup, mais en même temps, je ne suis pas certain qu’on réalise bien à quel point c’est peu envisageable d’arriver comme une fleur à la télé et de dire : "mais Ahmadinejad n’a pas dit ça !" nous on le sait bien depuis longtemps, mais le candidat de poids qui arrive et dit ça le pauvre, il se fait déchirer direct par la meute : à peu près TOUS les français, et encore plus les médias français, pensent qu’Ahmadinejad a vraiment dit ça.

    Compte tenu de tous ces éléments, ce serait bien que certains comprenne un peu que la politique, dans la réalité concrète, c’est beaucoup trop compliqué pour leurs fantasmes de manipulation univoque. Concernant les "révélations" sur les FM américains, est-il nécessaire de préciser que la FM française n’a rien à voir avec l’américaine ? Est-il nécessaire de faire remarquer que cela n’a aucun sens de dire, à la fois que seuls les plus hauts rangs d’une organisation secrète savent quels sont les buts de cette secte maléfique qui détermine le destin du monde, et de dire en même temps qu’ils sont tellement débiles qu’ils le disent ouvertement. Ce sont des contes pour enfants, ce n’est pas cohérent, mais bon, quand on en vient à dénigrer un engagement d’une vie sur la base de 1 minute de vidéo, c’est qu’on a pas compris ce qu’est le concept de cohérence...

    Et sur Chavez, Mélenchon n’est pas Chavez, et inversement. Mélenchon est plutôt du même bord que Chavez, mais ils n’ont pas la même analyse géopolitique sur bien des points. Chavez et Ahmadinejad sont des alliés objectifs, pas des copains par hasard ou parce qu’ils sont dans le même "axe du bien".

    C’est marrant, je parlais dans mon précédent message de la contamination des esprits par Bush, mais on est en plein dedans : les adversaires déclarés de l’empire en France croient eux aussi en l’axe du bien et l’axe du mal. Tous les hommes et régimes qui sont opposés aux américains sont forcément défendables.

    Je n’ai pas répondu à la connerie qui a été dite sur la position du FdG sur la reconnaissance de l’état palestinien, pas le temps. Celle-ci n’a rien à voir avec la position de la droite Israélienne... mais bon, on est pas à une simplification près.


  • 1 vote
    Walid Haïdar 16 février 2012 16:54

    Toug, tu parles d’éthique immanente mais tu ne cites pas Spinoza, auteur de l’Ethique, et philosophe de l’immanence par excellence. Par ailleurs tu sembles confondre éthique et morale, ce qui me choque, personnellement : l’éthique est régie par des principes, la morale est faite de normes : c’est pourquoi je pense que l’éthique doit être répandue, tandis que la morale doit être réduite au minimum qu’imposent les "contingences" de l’évolution des sociétés humaines.


    Je n’ai pas l’impression que tu l’aies lu. Il n’est pas du tout d’accord avec ta conception du bien et du mal (et moi non plus, d’ailleurs ça me fait plaisir de ne pas être d’accord avec toi cette fois-ci).

    Une citation célèbre de Spinoza est que "si un homme est convaincu qu’il est dans son intérêt de se pendre, il serait fou de ne pas le faire". Bien entendu, c’est à moitié pour choquer qu’il le dit ainsi.

    Pour Spinoza (et je suis d’accord) le bien et le mal n’existent pas. Il y a le bon et le mauvais, et ces qualificatifs sont relatifs à la nature de chacun : l’essence de chaque homme, c’est son désir, rien d’autre. Naturellement, je ne désire pas ce qui est bon, c’est dans l’autre sens : je considère telle chose bonne parce que je la désire. Par la découverte cognitive de mon rapport particulier au monde, j’en déduis la connaissance de ce qui m’augmente ou me diminue : lorsque je m’élève à ce niveau de pensée adéquate de mon rapport au monde, j’en viens à désirer ce qui m’augmente réellement et non ce qui me diminue. Ce qui est bon est donc finalement ce qui augmente ma puissance d’agir, d’affecter et d’être affecté, tandis que ce qui est mauvais est ce qui diminue ma puissance et ma capacité à affecter et à être affecté.

    Par ces principes simples, Spinoza aboutit pour sa part à une vie relativement chaste, frugale, renonce à l’héritage de son père (assez riche commerçant), ne possède à peu près rien (il habite des meublés et poli des verres pour manger), et prône une société démocratique (contre les penseurs de son temps, y compris chez les lumières). Cela embêtait beaucoup ses détracteurs de tous bords, car il prônait l’abolition de la morale divine en échange de la quête de vérité, mais était de fait plus conforme lui-même à la part noble de la morale divine, que ne l’étaient ses détracteurs.

    Si tu n’as pas lu Spinoza, ou que tu ne l’as pas intégré, je te le conseille vivement (à voir ou revoir pour s’assurer qu’on est pas passé à côté de quelque chose d’extraordinaire).

    "Dites moi ce qui vous a conduit à lire Spinoza. Le fait qu’il était juif ?
    - Non, Votre honneur, je ne savais même pas qu’il l’était quand je suis tombé sur son livre. et d’ailleurs si vous avez lu l’histoire de sa vie, vous avez pu voir qu’à la synagogue on ne l’aimait guère. J’ai trouvé le volume chez un brocanteur à la ville : je l’a payé un Kopek en m’en voulant sur le moment de gaspiller un argent si dur à gagner. Plus tard j’en ai lu quelques pages, et puis j’ai continué comme si une rafale de vent me poussait dans le dos. Je n’ai pas tout compris, je vous l’ai dit, mais dès qu’on touche à des idées pareilles, c’est comme si on enfourchait un balai de sorcière. On est plus le même homme...
    - Voudriez-vous m’expliquer l’importance qu’a pour vous l’oeuvre de Spinoza ? En d’autres termes, si c’est une philosophie, en quoi consiste-t-elle ?
    - Ce n’est pas facile à dire... Selon le sujet traité dans les divers chapitres et bien que tout se tienne souterrainement, le livre signifie différentes choses. Mais je crois qu’il signifie surtout que Spinoza voulu faire de lui-même un homme libre - aussi libre que possible vu sa philosophie, si vous voyez ce que je veux dire - et cela e allant jusqu’au bout de ses pensées, et en reliant tus les éléments les uns aux autres, si votre Honneur veux bien excuser ce galimatias.
    - Ce n’est pas une mauvaise façon d’aborder le problème. A travers l’homme plutôt qu’à travers son oeuvre. Mais..."

    Malamud, the fixer

    Je te conseille la traduction de Misrahi pour l’éthique, et de commencer par le traité de la réforme de l’entendement, si tu es intéressé.

    On peut le comprendre de diverses façons, mais à mon sens Spinoza est aussi matérialiste que Marx. Le matérialisme, ce n’est pas l’aspiration à posséder des choses matérielles. C’est la conscience de que tout est déterminé par des causes matérielles avant tout.


    Pour pouvoir penser librement, il faut pouvoir manger librement : si on dépend de quelqu’un pour manger, alors donc notre pensée est corrompue par cette personne (bien entendu, il y a des degrés divers de dépendance, mais ce principe s’affirme avec force quand on regardequi dépend de qui matériellement, et qui manipule qui !).


  • 1 vote
    Walid Haïdar 16 février 2012 15:57

    Quels évangiles ? Ceux qui affirment que les Français n’ont quasiment pas résisté ?


    En dehors de 50 péquins à la base, puis les communistes à partir de 41, puis les africains colonisés ensuite, c’est parfaitement vrai, en effet seuls quelques milliers de recrues qui fuyaient le STO ont résisté en dehors des premiers : sur 50 millions ça fait maigre.

    Mais bon, l’immigration et les communistes, ce qu’on en dit hein...


  • 2 votes
    Walid Haïdar 16 février 2012 15:44

    Tu ne comprends pas Machiavel, parce que tu ne veux pas comprendre.


    D’abord, tu te trompe encore une fois quand tu dis que progressiste et réactionnaire sont deux catégories "inventées par le capitalisme". C’est TOTALEMENT FAUX. Il y a des progressistes et des réactionnaires depuis l’aube de la civilisation.

    Ensuite il n’y a pas juste le peuple et les oligarques, et ce que tu appel bêtement "populisme" est un terme, lui, qui a bien été inventé à l’époque moderne, et qui peut être employé de 1000 façons différentes. Lorsqu’on a accusé Mélenchon de populisme il a dit : si le populisme c’est de défendre le peuple contre l’oligarchie, je veux bien être populiste. Mais ce terme n’est qu’un outil rhétorique, certainement pas une filiation intellectuelle. Le peuple a pendant toute l’histoire été tiraillé entre ses propres transformations, ses divisions et son exploitation par le haut. Il n’y a pas juste "le peuple". Au XVIIIème siècle, la bourgeoisie n’avait pas les mêmes intérêts que les paysans, ni que la noblesse ou le clergé. Or la bourgeoisie n’était pas l’oligarchie, donc il n’y a pas juste "le peuple". Il y a des groupes d’intérêts, dont certains ont l’avantage d’avoir pris conscience de leur intérêt commun de classe (par exemple, la bourgeoisie constituée en France au XVIIIème siècle), et d’autres pas (par exemple les chômeurs et travailleurs productifs aujourd’hui en France). Tout l’enjeu pour que les masses se libèrent, c’est qu’elles prennent conscience de leur intérêt commun de classe CONTRE l’intérêt commun constitué de l’oligarchie, qui organise la division, et du reste des privilégiés qui consciemment ou non luttent POUR la conservation du système et de leurs privilèges induits par lui. Non, il n’y a pas juste "le peuple" où tout le monde est copains, et l’oligarchie des méchants. Il y a des conditions matérielles concrètes et durables qui forgent des configurations psychologiques, idéologiques, et des patern comportementaux qui constituent le rapport de force, qui pour être remporté par les masses, doit d’abord être conçu, et induire chez elles une conscience de classe et une organisation de classe. Il n’y a pas, et il n’y a jamais eu dans l’Histoire, de politique de libération des masses conçues par des groupes d’intérêts opposés aux masses. Les commerciaux et publicitaires n’ont PAS intérêt aux changements auxquels ont intérêts nos enfants, ils n’ont PAS intérêt à ce que les gens se focalisent sur leurs besoins réels plutôt que sur leurs besoins factices, ils n’ont PAS intérêt à ce que le commerce diminue pour que l’activité humaine soit moins tournée vers le mercantile, etc. Il y a des divergences d’intérêt au sein de ce que vous appelez "le peuple", et il doit donc y avoir des luttes pour que les inconciliables trouvent un nouvel équilibre. Comme la domination actuelle ne me convient pas, je lutte contre pour changer la société, et j’appelle cela le progrès, quel que soit l’avis de ceux qui n’ayant pas intéret à ces changements, ne manqueront pas de ne pas être d’accord. Il n’y a pas d’argument pour convaincre un type qui a un intérêt contraire à l’idée que tu lui soumet : ça n’existe pas.

    Deuxièmement, tu peux affirmer autant que tu veux que l’homosexualité est strictement d’ordre sexuel, c’est faux, et hors sujet. Le sujet ce sont les homosexuels. Les homosexuels c’est une réalité que tu ne peux pas disséquer en séparant la partie sexuelle du reste. C’est ce que j’essaie de t’expliquer depuis tout à l’heure : cette problématique a besoin de volume, et pas d’être réduite à une partie, ce qui la mutile, et empêche toute progression de la compréhension du phénomène.

    Il y a cause et conséquence : si la psyché collective ne fit que tolérer une homosexualité discrète, elle forme systématiquement des milieux, des communautés à part, et l’homophobie perdure, la distance et le manque de communication s’entretient voire s’aggrave. C’est pourquoi le progrès, ça consiste à, à force de mieux comprendre a nature humaine, en l’occurrence le fait que l’homosexualité est normale et non malsaine, la considérer pour ce qu’elle est : normale. Tant que ensemble de personnes ressent l’idée d’anomalie qui lui est reflétée, une partie d’entre elle se referme pour se protéger : cela ne fait pas progresser la cohésion sociale, le dialogue, la connaissance, la douceur de la vie, le progrès de la vie des humains. Il faut juste accepter la nature telle qu’elle est. De même, il fut un temps en Egypte où les roux étaient considérés si mal qu’on les tuait souvent à la naissance, puis à force de dissiper cette croyance infondée, on les a tolérés, mais ils cachaient leur rousseur puisque cela les desservait vis à vis de la masse, puis on les a accepté comme quelque chose de normal, et aujourd’hui les roux ne se cachent plus, parce qu’on a compris à quel point il n’y avait aucune raison qu’il en soit autrement.

    Aujourd’hui on est dans la phase de tolérance pour les homos, pas encore dans l’acceptation complète de la compréhension qui se dégage de plus en plus clairement, concernant l’homosexualité. De même les transexuels, je l’espère dans quelques années seront acceptés pour ce qu’ils sont vraiment, sans subir de discrimination ou de tolérance toute relative, et il n’y aura plus de communauté trans, juste des trans, comme des roux, des homos ou des petits hommes verts, pourquoi pas, parmi des hommes avec des boutons, des hommes qui se baladent avec des chiens, d’autre avec des chaussures bleus etc.

    L’homosexualité n’est pas plus privée que de tenir un chien en laisse, et l’aspect sexuel de cette réalité ne peut pas en être séparé comme on coupe une part de gâteau, sinon on ne comprend rien au phénomène dans son ensemble.
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