@maQiavel « Je vais vous dire : un peuple n’a pas besoin d’être armé pour s’insurger
et renverser ses élites. Il n’a besoin que de volonté. »
Et après, vous vous faites le chantre du réalisme ? Mais, voyez-vous, une volonté pure est sans action sur le cour des choses. Seriez-vous un croyant de la psychokinésie ? Nous ne sommes pas de purs esprits évoluant dans un monde spirituel, nous sommes des esprits incarnés évoluant dans un monde matériel. Un paralytique cloué sur son lit aura beau avoir toute la volonté du monde, puisqu’il ne peut se mouvoir, il dépendra entièrement d’autrui pour la réaliser.
Vous vous accrochez désespérément aux sophismes révolutionnaires...
« -> En pratique, les monarchies scandinaves ne sont
pas les seules monarchies parlementaires, c’est aussi le cas de la Belgique, de
l’Angleterre et de bien d’autres nations gangrénée par la corruption et les
abus de pouvoir. »
Il resterait à prouver que l’Angleterre ou la Belgique sont plus corrompues que la France... C’est à mon avis loin d’être évident, vu la gabegie de notre pays.
@Qaspard Delanuit Je pense en effet qu’une monarchie serait bien plus efficace que les dispositifs actuels en ce qui concerne la lutte contre la corruption de l’élite politique.
Hélas, pour le retour à une monarchie, il faut attendre une décomposition totale du système politique, conjugué à une faillite économique de l’état, provoquant une vacance du pouvoir, qu’un général de l’armée remettra à un monarque (De Gaule lui-même avait fait quelques tractation avec le comte de Paris). Il me semble qu’on y va petit à petit, et de manière assez fatale, puisque la corruption des élites politique est la conséquence de leur irresponsabilité en pratique.
Un Roi, lui, en revanche, s’il n’est jamais totalement responsable, l’est au yeux de sa descendance, destinée à le remplacer, c’est pourquoi, si un Roi aime sa progéniture, comme tout Père normal, au moins parfois pense-t-il à ne pas scier la branche sur laquelle sa descendance est assise...
@maQiavel « Ca,
c’est un postulat théorique. En pratique, les gouvernés peuvent s’insurger
contre des lois qu’ils jugent illégitime, c’est un classique historique … »
C’est votre réflexion qui est hors de la pratique. En effet, il arrive fréquemment qu’une fraction du peuple se révolte. Mais, comme il n’a ni l’organisation, ni les armes nécessaires à la réussite de son insurrection, il se fait généralement mâter.
Votre réflexion revient à affirmer qu’une armée qui perd une bataille, faute de puissance suffisante, est responsable de sa défaite. Et bien non : l’armée qui perd est moins forte, c’est tout. Pour le peuple, tel est le cas : le peuple n’a ni organisation, ni moyen militaire, donc le peuple est moins fort, donc le peuple n’a pas les moyens de contrer la corruption de ses élites.
Bref, c’est votre réflexion qui repose sur un postulat théorique erroné. En pratique, toute lutte implique une force armée, ce dont le peuple ne dispose pas actuellement.
Si jamais vous pensiez à l’insurrection révolutionnaire de 1789 comme exemple d’insurrection réussie, je vous signale que la situation n’a rien à voir : En effet, à l’époque, toute commune disposait d’une milice bourgeoise, qui servait de troupe supplétive pour le monarque et pour la défense de la ville. En particulier, ce qui a fait la réussite de l’insurrection, c’est la milice de Paris, laquelle a pris le nom de « garde nationale », à laquelle s’est agrégée par la suite l’ensemble des milices bourgeoise du royaume. C’est cette garde nationale qui a mis en échec la garde royale.
Or, aujourd’hui, il est illégal de détenir une arme. Donc le peuple est désarmé. Donc le peuple n’a aucun moyen de contrôle efficace sur la corruption.
« Vous pouvez croire à l’existence d’une monarchie
parfaite avec à sa tête un monarque fondamentalement bon et vertueux mais moi je n’y crois pas, je ne crois pas
non plus au père noël … »
Je ne crois pas à la monarchie parfaite. Pour moi, la perfection n’est pas de ce monde (je ne suis pas messianiste...). Simplement, un monarque imparfait a le moyen de contrôler un parlement imparfait, comme un parlement imparfait a le moyen de contrôler un monarque imparfait. Il suffit de considérer les monarchies scandinaves pour constater combien ce système est plus efficace en pratique. Il suffit de considérer la République française pour voir combien les théories révolutionnaires furent inefficaces en pratique.
C’est vous qui cherchez la perfection, ce n’est pas moi.
@maQiavel Par définition, les gouvernés sont soumis à la loi. Il n’y a aucune faute de leur part, puisqu’ils sont démunis de tout moyen d’agir. Il n’y a aucune raison de faire porter une faute à ceux qui n’en sont pas responsables. Dans l’ancien-régime, ce fut toujours l’institution monarchique qui réprima ces abus des oligarchies représentatives, parlementaires ou communales : normal, elle seule en avait les moyens. Dans les monarchies scandinaves, c’est ainsi que cela fonctionne (et plutôt bien !)
Ce n’est pas pour rien qu’à la révolution ces oligarchies représentatives ont voulu se débarrasser de l’institution royale : ainsi, elles avaient les mains libres. L’institution présidentielle en aurait les moyens, mais puisque le président est issu du sérail, il est de son intérêt de ne pas agir.
Il faut donc changer votre raisonnement. Si le parlement doit contrôler l’exécutif, l’exécutif doit contrôler le parlement. Pas besoin d’inventer de nouveaux contre-pouvoirs. Il suffit de faire en sorte que le chef d’état soit hors de tout parti parlementaire, afin qu’il ne soit pas corruptible par eux.
Le mieux est donc un Roi à la tête de l’état, un Roi dont la mission essentielle serait de lutter contre la corruption et les abus dans l’état.