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  • Premier article le 16/05/2015
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    ffi 27 février 2016 13:31

    @Éric Guéguen
    Dans la nature, il n’y a pas de "droits" à proprement parler, il y a des nécessités qui nous contraignent. Il n’y a donc pas de "droits de l’homme", il n’y a que des "nécessités de l’espèce". Elles sont à la fois, et par définition universelles ET déterministes.

    Je vais peut-être sortir du sujet, mais il faut clarifier les termes, et je le ferais à coup d’étymologie :

    Le mot droit vient du latin directus, qui a donné aussi le mot direction. Un droit est une direction licite que peut prendre un homme.

    Le mot universel a, historiquement, deux acceptions : l’une est reliée à la cause essentielle et dénote une essence commune : il a été utilisé pour traduire, chez Aristote, le terme grec « cata holou », qui signifie “pour tous”, terme qui a donné par ailleurs le mot catholique. L’autre est reliée à la cause finale et dénote une finalité commune : il a été utilisé pour traduire dans la bible le terme grec « homothymaddon », qui signifie “d’un même élan”. Ce dernier sens est celui qui a guidé la construction du terme : “être universel” c’est “être uni vers” (d’où le terme université, au sens assemblée), c’est être “comme un”.

    Ces deux sens se sont confondus, puisque Dieu est à la fois l’origine et la finalité de tout. Tout vient de Dieu, tout va à Dieu.

    Le défit de l’organisation politique est que la société doit être un tout cohérent. Puisque « toute cité divisée par elle-même périt », elle doit donc être une université (au deuxième sens d’universel), qui suit une direction commune (ou Bien Commun, le bien étant un but licite), bien qu’elle soit composée par ailleurs d’une diversité d’hommes, chacun ayant sa trajectoire propre, motivé en premier par l’obtention de son Bien propre.

    Autrement dit, la diversité des directions particulières, visant des Biens particuliers, doit concourir à la direction commune de l’université politique, visant son Bien Commun. Autrement dit, la diversité des droits doit concourir au droit de l’université. Une société est une multiplicité versée à l’unité.

    Or, avec le prestige des sciences naturelles, qui ont fini par évacuer la notion de cause finale, pour ne laisser que la notion de cause essentielle, l’universel a perdu sa seconde signification, celle de but commun, pour ne garder que la première, celle d’origine commune. Le droit, lui-même, en tant que direction, en fut désorienté. Pour tracer une droite, il faut au moins deux points, l’un à l’origine (à gauche), l’autre à la fin (à droite).

    Le concept de « droit naturel » souffre de ces tares congénitales. Il prétend ne procéder que de l’essence humaine, de sorte que l’universel qu’il présente n’est que celui lié à l’origine de l’homme, oubliant l’universel lié aux finalités, qui est pourtant l’universel déterminant en matière de droit.

    Je pense que les deux siècles passés ont suffisamment montré que ces théorisations étaient délirantes pour que l’on passe à autre chose.



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    ffi 27 février 2016 12:05

    @Qaspard Delanuit

    1. On pourrait fort bien prescrire à l’homme d’être libre

    On ne peut pas prescrire à quelqu’un quelque chose qu’il est dans l’impossibilité de choisir. Le bébé n’a pas choisi d’être totalement dépendant de ses parents à sa naissance.

    2. La DDH ne prescrit pas à l’homme d’être libre, mais le devoir de respecter la liberté humaine (elle proscrit donc la mise en servitude d’autrui)

    Dans ce cas, la ddh aurait écrit « aucun homme ne doit naître serf »

    J’avais écrit : "Or, il n’existe aucun homme absolument libre dans la nature."

    vous avez rebondi : Je rebondis juste sur cette phrase que je trouve intéressante parce qu’elle résume bien la tendance que vous avez sur ce débat à poser les problèmes en des termes absurdes pour ensuite conclure à des absurdités que vous prétendez dénoncer. 

    "Dans la nature", il n’existe aucun homme. Poser la question de sa liberté n’a donc aucun sens. Le concept de droit naturel se réfère à une "nature humaine" intuitionnée et non à "l’homme dans la nature" au sens d’un "humain naturel" qu’on attendrait en vain aussi longtemps que Godot.

    Vous rebondissez sur un fragment du raisonnement, qui reprend la querelle des universaux, et que vous avez pris de travers, la faute à la polysémie du mot nature, que j’ai employé dans deux sens : l’un pour « essence » et l’autre pour « monde ». Je vais évacuer ce mot pour que vous compreniez mieux. Il est question de « la nature de l’homme », autrement dit, de son essence, dont on déduirait le droit, selon la doctrine du droit naturel. Or, personne ne perçoit jamais l’essence de l’homme elle-même, puisque, dans la nature, ou dans le monde, ou dans la réalité si vous préférez, on ne perçoit que des existences humaines, qui sont des réalisations particulières de l’essence de l’homme. Il s’ensuit que l’essence humaine est toujours induite (ou intuitionnée comme vous dites) à partir des exemplaires de l’humanité que l’on a sous les yeux. Tout discours sur l’essence humaine vient toujours comme un concept idéal. Or, dans le monde, il n’y a pas d’homme qui soit vraiment libre : nous n’en avons aucun exemplaire sous les yeux. Ainsi, comment peut-on, vu l’absence d’hommes réellement libres, induire que l’essence de l’homme serait d’être libre ? On ne le peut. On ne peut qu’induire que l’homme n’est pas libre.

    A votre affirmation absurde, je réponds donc ceci : Par nature, l’homme est absolument libre et absolument sociable. Si une forme humaine ne l’est pas, c’est que l’humanité n’est pas encore parfaitement accomplie en elle. 

    Votre réponse est proprement effrayante : D’abord, vous induisez pour l’essence humaine une caractéristique contraire à ce que montre constamment l’existence humaine. Puis, comme le raisonnement est pris à défaut, plutôt que de simplement admettre que ce raisonnement est absurde, vous vous permettez de récuser l’humanité d’autrui. Mais c’est l’humanité de chacun qui vous décevra, puisque c’est votre conceptualisation qui est erronée... Ceci, sans évoquer le fait que « être absolument libre » et « être absolument social » sont deux prédicats contradictoires pour une même essence, ce qui est impossible.



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    ffi 27 février 2016 01:58

    @Éric Guéguen
    De fait, vous ne pouvez le nier, la possibilité de changer d’ordre a toujours existé. Par exemple, un noble qui s’en prenait à un de ses gens, pouvait perdre son état de noblesse. Cela signifie que ce système ancien n’était pas fondé sur l’idée d’assigner à chacun un rôle immuable.

    Ce qui est immuable, comme je l’ai rappelé, ce sont les divers types de production de la société, la production matérielle (faire), la production intellectuelle (penser), la production sociale (agir), d’où ces 3 ordres. Logiquement, cette structure continue d’exister : Il y a ceux qui font (les travailleurs), il y a ceux qui pensent (les intellectuels, les journalistes), il y a ceux qui agissent (les politiques, les cadres supérieurs des grandes entreprises et de l’administration).

    Comme à l’époque, ceux qui travaillent sont de loin les plus nombreux, ceux qui pensent sont beaucoup moins, et ceux qui agissent, encore moins...

    Mais il est vrai que les acteurs (ceux qui agissent), et c’est le fait nouveau, ont une stratégie qui s’écartent de plus en plus de la coercition physique, dommageable en terme d’image, pour y préférer la coercition psychologique, voire, plus subtil encore, par des moyens détournés, une forme de magie.



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    ffi 27 février 2016 00:26

    @Joe Chip
    Les droits naturels sont dans une certaine mesure artificiels

    Ben non, puisque ceux-ci seraient, parait-il, déduits par la raison de la nature de l’homme. Or la déduction est un raisonnement rigoureux, donc on aurait par là le moyen de déterminer le droit d’une manière scientifique, la déduction rigoureuse dictant le contenu du droit.

    Mais évidemment, comme dans toute théorie, la fiabilité des déductions dépend de la fiabilité des postulats. Or personne ne s’accorde sur la nature de l’homme. C’est que la nature de l’homme est induite et que l’induction est un raisonnement non rigoureux. La raison, à ce point, plus qu’un moyen de percevoir le réel, est un moyen d’imagination... Pour illustrer, considérez la fiction de l’état de nature.

    Il s’ensuit que droit naturel, si jamais il existe, reste difficilement déterminable : il n’y a pas de droit naturel en pratique, seulement un droit positif. La ddh, procédant de l’imagination particulière de certains intellectuels sur la nature des hommes, est un droit positif qui s’est réclamé comme « droit naturel ».

    Le droit naturel n’est donc pas institué contrairement au droit positif, il est déclaré.

    Mais, bougre d’andouille, le droit naturel est une fiction idéaliste, où chacun peut mettre ce qu’il veut, selon la manière dont il définit la nature de l’homme... Qui a déjà vu une « nature humaine » ? Personne. Chacun ne peut voir que des existences humaines, qui sont des instances de cette nature, qui en sont des réalisations particulières : Pour définir la nature humaine, il faut toujours passer par un raisonnement d’induction, ce qui n’est jamais rigoureux. Toute affirmation sur la nature de l’homme est toujours une conception.

    Par conséquent, la ddh est l’institution d’un droit positif, introduit par certaines conceptions sur la nature de l’homme.

    Parmi ces conceptions, il y a celle que tout homme est absolument libre.

    Or, il n’existe aucun homme absolument libre dans la nature.

    Donc la ddh est fondée sur une vision erronée de la nature de l’homme.

    Donc la ddh est un droit positif qui ne procède pas du droit naturel.



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    ffi 26 février 2016 19:14

    PS : De ce point de vue, celui des 3 productions, l’ingénieur social est un noble, quand il dirige la société par ses choix. L’intellectuel qui produit les concepts d’ingénierie sociale, est un clerc.

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