Selon la loi naturelle, le plus fort, plus intelligent, etc., dispose
de droits supérieurs au plus faible dans la mesure où la nature lui a
octroyé des capacités supérieures.
Très étrange conception de la loi naturelle... qui ne correspond pas vraiment à ce que d’éminents penseurs (Cicéron, Hobbes) en ont dit.
Selon le droit naturel, certaines normes et principes sont inhérents
à la nature humaine et il appartient donc à la raison, autre
caractéristique de l’homme, de les formuler.
Précisément, la raison ne consiste pas à nier les réalités, mais à les prendre en compte, sinon c’est de l’aveuglement. À la naissance, l’homme n’est jamais libre, c’est un fait. C’est de la nature de l’homme qu’il en soit ainsi.
Ensuite vous confondez volontairement ou non "proclamation" et "déclaration" et il faut être précis :
Qu’est-ce que je confonds ? Chiche pour la précision !
Proclamation : A. ?Action de faire connaître ou reconnaître par une déclaration publique quelque chose d’officiel.
Vous pouvez niez l’objectivité du droit naturel, mais il est pour le
moins paradoxal d’accuser l’artificialité d’une "déclaration"
qui revendique précisément l’artificialité des droits issus du droit
naturel [...] Or, on ne peut "rappeler sans cesse" que ce qui, par définition, n’est pas fait de nature.
C’est encore une conception étrange... À l’article wikipédia sur le droit positif, je lis « Le droit positif et le droit naturel sont deux formes de droit, contraires, puisque l’une est dictée par les Hommes, et la seconde par la nature humaine. ».
Or, par définition, ce qui est issu de l’art des hommes est artificiel, tandis que ce qui est issu de la nature est naturel. Donc vous ne pouvez tenir simultanément que la ddh revendique l’artificialité des droits qu’elle proclame et qu’elle procède du droit naturel. C’est une contradiction. Vous devriez tenir que la ddh est un droit positif, ce qu’elle est. L’appel introductif à la nature n’y est que pour affirmer une chose qui n’existe jamais naturellement, c’est idiot.
Il est donc bien question, et toujours et seulement question, de la déclaration de
l’égalité entre les hommes, avec tout ce que cela sous-entend sur le
plan politique et social, et non de l’égalité naturelle des hommes
énoncés dans l’absolu...
Pourtant, dans l’absolu, les hommes sont bels et biens égaux en nature : De fait, ils partagent la même humanité. Ce n’est que leur situation sociale (i.e. leur état) qui varie, ce qui justifie de moduler les droits politiques selon ces situations particulières.
@Qaspard Delanuit Tant qu’il ne comprend pas qu’on ne demande pas à une prescription de
décrire "ce qui est" mais bien de décrire "ce à quoi doit tendre la
loi", il pourra toujours dire que "ce n’est pas vrai".
1° Un commandement, un précepte, une règle à suivre
2° Un ordre formel, catégorique.
Le début de la déclaration de la DDH n’est pas une prescription au sens propre, puisque on ne peut pas prescrire à l’homme d’être libre : être libre, c’est quelque chose qui se constate (et d’ailleurs je constate que l’homme n’est pas libre à la naissance, mais totalement dépendant de ses parents).
Ce serait d’autant plus absurde et contradictoire de le prendre comme une prescription que cette prescription prescrirait d’abord d’être libre pour finalement prescrire de se soumettre aux lois... Le début de la DDH a plus à voir avec un article de foi. C’est le postulat initial d’une doctrine juridique, dont on cherche à déduire toute la législation.
Mais quand un postulat est faux, les déductions qu’on en tire sont fausses.
Et si à la place d’égalité des droits , on parlait d’égalité de tous devant la loi , est ce que vous comprendriez mieux ?
Le problème est que ces deux termes ne sont pas synonymes. L’égalité des droits suppose l’existence d’une loi générale qui doit s’appliquer à chacun, quelle que soit sa situation. L’égalité devant la loi, c’est simplement le devoir d’y obéir, quelle que soit le contenu de cette loi par ailleurs, que celle-ci soit la même pour chacun ou pas.
@maQiavel Comme je le disais , vous n’avez pas compris le
principe d’égalité des droits que vous confondez avec le fait d’avoir
les même droits en tout et pour tout dans n’importe quelle circonstance
que personne à ma connaissance ne préconise.
Personne ne le préconise aujourd’hui ? Je me demande si la déclaration ne fut pas entendu au sens strict au départ... avec cet accroissement considérable des inégalités qui s’en suivit... Car, le libéralisme, n’est-ce pas ce qu’il préconise, de traiter également Bill Gates et le SDF ? L’équité n’est pas l’égalité...
@Qaspard Delanuit Vous n’avez toujours pas compris. Cette résistance à la compréhension est même intéressante à observer[...]
Mais si je ne résistais pas à votre compréhension, il n’y aurait pas de débat, on ne creuserait pas le sujet. Les postures anti-conformistes sont toujours un peu de la provocation.
[...]On peut objecter l’argument que la fille du président ne bénéficie d’une
protection particulière que parce qu’elle est exposée à des risques
particuliers liés au métier de son père[...].
C’est cela : il faut d’abord considérer sa situation particulière, dont elle n’est pas maîtresse et qu’elle n’a pas choisi...
[...] et que c’est par conséquent en vertu de l’égalité des droits à la sécurité qu’elle bénéficie de cette protection.
... afin de réaliser en pratique cette égalité des droits, en lui donnant un privilège....
C’est stupéfiant de voir comment on glisse ainsi de « la liberté et l’égalité des droits » à « l’absence de liberté et le privilège »...