Non, je ne suis pas psy, je suis libre, ce qui est très différent...
Curieux de tout, après des études d’ingénieur en physique, je me suis intéressé à l’histoire des sciences, à la philosophie (des années de café philo), à l’étymologie, à la linguistique, à la logique, à la théologie, récemment à l’hypnose, et, surtout, aux gens autour de moi. La métaphore pour « guérir » la peur, obscurité / lumière, je la tiens d’un ami Djiboutien, et je l’ai testée, et ça fonctionne. J’ai rencontré aussi un apprenti-hypnothérapeute, qui m’a fait la preuve que l’hypnose fonctionne, et nous avons beaucoup discuté des métaphores et de leur usage central dans l’hypnose Eriksonnienne.
Bref, je suis un étudiant libre, qui étudie sans école, d’une manière éclectique, avec l’idée que ce qui fut vrai hier l’est toujours aujourd’hui, et donc que les évolutions des discours ne sont pour beaucoup que des reformulations.
On voit que le passé en Europe regorge de l’usage de métaphores - et c’est toujours vrai, notamment en Afrique par exemple. Il pouvait s’agir d’une pratique empirique, qui reposait sur une vérité profonde, ignorée alors. On voit de fait combien les religions, contenant moult récits métaphoriques, ont prospéré, ce qui, sauf à considérer l’homme comme un idiot congénital, impliquerait qu’elles s’appuient sur quelque vérité utile à l’homme. Mais il faut comprendre laquelle. C’est visible qu’une dualité traverse l’histoire de la philosophie : la gestion des humeurs est une préoccupation constante.
Or, on voit bien les divers cas cliniques qui existent, rappelés par Théodule Ribot : apathie, exaltation, et oscillation entre les deux (troubles bipolaires). Ces processus inhibiteurs et excitateurs de notre étage affectif, déterminés par Ribot, ont été confirmés par les découvertes ultérieures des neurosciences (et là, j’avoue, mes sources sur ces neuromédiateurs restent wikipédiennes).
Comme j’ai eu la preuve, définitive, que l’hypnose fonctionne, suite à une démonstration, cela m’a indiqué que notre étage affectif, inconscient, est, d’une certaine manière, accessible à notre étage conscient. Or, si j’en juge par la théorie Eriksonienne, l’étage affectif ne peut être touché que d’une manière détournée, par un objet médiateur, qui doit être envisagé de manière « sensible » (forcément, puisqu’il s’agit de réguler l’étage affectif), puis mis en mouvement, ce qui est la définition même d’une métaphore. Et les religions en regorgent.
Par exemple, en cas d’auto-hypnose, sur un problème affectif, prend l’objet qui te vient en tête lorsque tu penses à ton problème. Par l’imaginaire : voit sa couleur, et fait la changer. Voit sa luminosité, et fait la changer. Ressent sa chaleur, et fait la changer vers le froid, ou vers le chaud. Ainsi, peut-on régler directement les processus inhibiteurs et excitateurs de l’étage affectif...
Par exemple, imagine un problème qui te mets en colère excessive : l’objet médiateur sur lequel l’attention s’est fixée pourra être rendu par l’imaginaire moins lumineux, plus froid,...etc. Pour un problème qui t’inhibe, il faudra faire l’inverse : l’objet médiateur devra être rendu plus lumineux ou moins froid.
Ainsi obtient-on la faculté de régler ses humeurs.
En tout cas, Michel Onfray, n’a pas encore bien saisi l’intérêt des métaphores, et il n’a donc pas compris pourquoi les discours rationalistes ne suffisent pas.
L’homme a-t-il des désordres intérieur ? Oui. L’hypnose Eriksonnienne, qui recourt à des métaphores, a-t-elle une efficacité pour régler ces désordres intérieurs ? Oui. La religion, qui recourt à des métaphores, a-t-elle une efficacité pour résoudre ces désordres intérieurs ? Oui.
Les métaphores ne sont pas un discours rationnel, puisqu’elles ne s’adressent pas à la partie rationnelle de notre esprit, mais à sa partie affective. Et puisque cette partie affective est susceptible de désordres, dont les conséquence sont gravissimes, puisqu’ils peuvent provoquer jusqu’à perdre toute raison et toute volonté, alors les métaphores sont indispensables, et sont donc au fondement même de tout discours rationaliste : elles sont les axiomes de la raison.
Ainsi, l’on peut mesurer le meilleur jeu de métaphores religieuses comme celui qui maximise la rationalité de leur adeptes. Le moins bon, comme celui qui la minimise. Et, pour ma part, j’ai ma petite idée sur où et quand la raison a fleuri comme nulle part ailleurs dans l’humanité...
Si Freud semble totalement déraisonner, c’est sur un fond de vérité, mais une vérité totalement pervertie et rendue méconnaissable.
Si on prend les excellentes analyses cliniques de Théodule Ribot, du moins celles que je connais et qui se trouvent dans son ouvrage « les maladies de la volonté », on constate deux points essentiels en matière de psychologie, qui montrent que l’homme a un caractère fondé sur deux pôles : 1° L’existence de processus excitateurs de l’action, dont la « panne » engendre l’apathie, la neurasthénie. 2° L’existence de processus inhibiteurs de l’action, dont la « panne » engendre l’exaltation, voire le délire.
Du point de vue de la philosophie classique, l’excitation est à mettre en rapport avec l’amour, qui met en mouvement, tandis que l’inhibition est à mettre en rapport avec la peur, qui tétanise.
Du point de vue physiologique, cela s’est confirmé avec les neuromédiateurs, dont certains sont excitateurs (dopamine, adrénaline) et d’autres inhibiteurs (sérotonine).
Freud, qui est postérieur à Ribot, a repris la chose, mais en brodant une histoire par-dessus : la prise de possession de la mère, coté génital, c’est la transposition du phénomène excitateur chez Ribot, ou de l’amour en philosophie classique, la fuite loin du père, coté anal, c’est la transposition du phénomène inhibiteur chez Ribot, ou de la peur en philosophie classique.
Freud s’était aperçu qu’il était possible de « régler » les processus, via l’hypnose. L’hypnose consiste à mettre dans la conscience du patient un objet puis à s’en servir de médiateur, pour régler les processus inconscients via des métaphores.
Classiquement, la lumière est l’objet qui symbolise l’amour, tandis l’obscurité est l’objet qui symbolise la peur. Lorsque nous sommes apathiques, « nous sommes dans le noir », il nous faut nous activer pour « trouver la lumière ». Lorsque nous sommes surexcités, « nous sommes sur-illuminés », il nous faut « accepter de rester dans l’obscurité ».
Freud invente sa propre métaphore, où la lumière est prise comme la mère, où l’obscurité est tuée comme le père : Freud lutte contre l’apathie, conséquence logique de sa prise de cocaïne, qui se traduit fatalement comme une incapacité à terme de produire de la dopamine (neuromédiateur excitateur).
Milton Erikson, fondateur de l’hypnose Eriksonienne, a bien montré que les métaphores doivent être adaptées aux patients, d’une manière dynamique, dans la relation entre le patient et le médecin, ceci pendant la séance d’hypnose. Les métaphores n’ont aucune raison d’être figées pour l’éternité et d’être généralisée à tous les patients quelle que soit leur état d’âme, au contraire. C’est là la grosse erreur de Freud, de ne pas avoir saisi que les métaphores sont une « médication » orale qui doivent être adapté aux patients, et donc qu’il y a une infinité de métaphores possibles, chacune avec son effet propre sur l’état moral du patient.