@Heimskringla C’est-à-dire qu’Einstein ignore toute notion de loi morale.
Est-ce à dire que toute société, quelles que soient ses mœurs et quelles que soient ses lois, aurait peu ou prou le même destin ?
Je ne le crois pas : il y a des vérités morales. Si une société les méconnaît, elle est vouée à s’effondrer. Les lois politiques sont elles-aussi des vérités à découvrir. Leur découverte apporte autant de bonheur qu’il se puisse.
Ainsi, les sociétés où les gens sont les plus malheureux sont les sociétés où les lois et les mœurs sont les plus fausses. Celles où les gens sont les plus heureux sont celles où les lois et les mœurs sont les plus vraies.
@Qaspard Delanuit « Diriez-vous que votre croyance choisie sert de support à une sorte de folie contrôlée ? »
Plutôt bien dit. C’est vrai que cela semble une forme de folie d’admettre pour vrai quelque chose en sachant qu’elle n’est que possible. Mais, comme je l’ai écrit plus haut, c’est le lot commun de toute science, qui impose d’admettre d’abord des axiomes pour pouvoir être construite [Ex : Admettre l’axiome d’une vitesse constante de la lumière quelque soit la vitesse du référentiel qui la mesure semble une folie. Mais le poser permet de construire une théorie].
Cela dit, plutôt que de parler de folie, qui suppose la perte de raison, je préfèrerais que vous parliez de « prudente mise en jeu », si vous déniez bien assimiler cette « croyance choisie » à un « pari tenu ».
« Une croyance choisie sert de support à une mise en jeu prudente »
L’axiome n’est-il pas une proposition à laquelle on choisit de croire
(par convention de gymnastique mentale) plutôt qu’une proposition à
laquelle on croit au premier degré (au sens où l’on s’en voudrait à
soi-même de pouvoir en douter) ?
Par ailleurs si l’axiome est une perception directe de l’ordre
mathématique par l’esprit (comme le pensent certains mathématiciens qui
ne veulent pas y voir une simple convention), il n’est pas du tout une
croyance.
Je laisse à ta réflexion la définition de l’axiome : Énoncé répondant à trois critères fondamentaux : être évident, non démontrable, universel.
Si « certains mathématiciens veulent croire que l’axiome est une perception directe de l’ordre mathématique », c’est que ces mathématiciens veulent y croire « au premier degré », parce qu’il ne veulent pas réviser leur croyance en cet axiome. Ces mathématiciens sont donc des curés.
L’absence de volonté de réviser un axiome, c’est l’adhésion à un dogme. Autrement dit, un axiome appuyé par une autorité, c’est un dogme, et celui qui y adhère, est un disciple/adepte/partisan de cette autorité, l’autorité en science étant celle « des paires ». [Et non celle du Saint-Père, comme dans l’église...] La science actuelle regorge de dogmes, qui sont, par définition, indiscutables. Essayez de discuter des fondements de la quantique, de la relativité, de l’évolution pour voir... Vous serez mis au ban des scientifiques.
Cela dit, un dogme, ce n’est pas forcément un mal : pour développer une théorie et la tester en profondeur, encore faut-il admettre qu’il est possible de déduire de ses axiomes pour mettre ces déduction en rapport avec le réel, ce qui n’est possible que si l’on y croit. Si on n’y croyait pas, on n’y insisterait pas, et la théorie ne serait donc pas testée... [Il a fallu croire en l’héliocentrisme pour insister plusieurs années durant dans l’analyse de milliers de relevés astronomiques]
Pour ma part, j’ai choisi de croire, et maintenant, je considère la foi comme une « perception directe de l’ordre divin ». Euler, lui percevait l’ordre divin au travers de l’ordre mathématique.
Mais il y a néanmoins une grande différence entre religion et science : la religion relate un passé oublié et un futur inconnu, lesquels sont uniques et non reproductibles, tandis que la science s’occupe de phénomènes reproductibles. En cela, si la science peut faire varier à volonté ses axiomes, car elle peut les tester, la religion ne le peut pas, car les axiomes de la foi ne sont pas « testables », et donc elle n’en a pas besoin... Le dogme n’est réellement légitime qu’en matière de religion.
@Oursquipense Si tu hésites, pourquoi ne pas transmettre ce que tu as reçu, et qui a constitué ton voisinage, afin que tes enfants comprennent d’où il viennent, où ils sont, où ils vont ?
@Qaspard Delanuit Toute théorie s’appuie toujours sur des axiomes, lesquels sont nécessairement indémontrables. Personne ne peut déployer sa réflexion à partir de rien.
Se dépouiller de toute croyance est donc impossible, sauf à se dépouiller de sa capacité de raisonner elle-même.