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  • Premier article le 16/05/2015
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    ffi 5 janvier 2016 13:07

    @Qaspard Delanuit
    Vous disiez : « Ce qui est stupide, c’est le refus du questionnement ou même le fait de ne pas penser à se poser des questions. Pourquoi "croyez"-vous ? Qu’est-ce qui en vous, "croit" ? Pourquoi éprouvez-vous le besoin et la satisfaction de "croire" ? Que se passerait-il si vous cessiez de "croire" ? Quelle partie de vous en serait affectée ? Pourquoi ? »

    Mais c’est stupide : comment pouvez prétendre qu’il ait un jour existé dans ce monde des gens dénués de la capacité de s’interroger ? Ca n’existe pas. Tout homme s’interroge. C’est sa nature même...

    Maintenant, s’interroger, c’est entrer dans un état d’esprit contemplatif, pour délibérer en soi, afin de se déterminer un choix. Cela peut se faire en s’allongeant sur un lit dans le noir, les yeux fermés. C’est une attitude inactive. Mais dans la vie, il faut aussi agir. Pour cela, il faut que le choix, fruit de la délibération, obtenu par interrogation, soit fermement tenu, ce qui implique de sortir de l’état d’esprit contemplatif, pour entrer dans un état d’esprit affirmatif, afin passer à l’état de volition (état défini comme celui du passage à l’acte).

    On le voit bien : celui qui est rongé par un dilemme s’interroge sans cesse, sans parvenir à choisir, il est hésitant [définition : Être dans un état d’indétermination, d’incertitude qui empêche d’agir, de prendre parti, ne pas se décider à.]. Croire est donc cette attitude globalement affirmative, ce qui permet d’agir, mais mâtinée d’interrogation, ce qui n’empêche pas de penser. C’est l’attitude normale de tout homme en pleine possession de ses facultés d’homme, qui peut agir et penser. C’est un bien que de pouvoir se déterminer malgré les incertitudes.

    Penser sans agir, c’est maladif (apathie). Agir sans penser, c’est maladif (présomption). Le truc, c’est de pouvoir penser pendant l’action. Un excès d’interrogation est aussi nocif qu’une carence d’interrogation. Il est donc légitime de refuser les questionnements, s’ils sont excessifs. Une personne hostile qui ne voudrait pas qu’on agisse peut d’ailleurs nous bombarder de questionnement pour nous empêcher d’agir, c’est une ruse assez classique en matière de subversion.



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    ffi 5 janvier 2016 12:25

    @Qaspard Delanuit
    Vous pourriez aussi vous demander pourquoi ne dit-on pas « Savoir en Dieu », plutôt que « Croire en Dieu ». En effet, si vous tenez que telle doctrine pousse ses adeptes à se fier à ses dogmes sans discernement, Savoir étant défini comme « Appréhender par l’esprit, avoir la connaissance complète de, pouvoir affirmer l’existence de », c’est l’expression « Savoir en Dieu » qui aurait du être consacrée.

    Or, tel n’est pas le cas. C’est vrai qu’il est vain d’espérer une connaissance complète de Dieu, puisqu’il est infini, et reste toujours mystérieux.

    Et ça tombe bien : Croire étant défini comme une posture intellectuelle où domine l’affirmation (pour permettre d’agir), mais mâtinée d’interrogation (pour permettre de penser), la perspective de pouvoir affirmer l’existence de Dieu, mais tout en s’interrogeant continuellement à son sujet, a consacré l’expression « Croire en Dieu ». Si un croyant ne doutait pas des intentions de Dieu, il ne le prierait pas. S’il était persuadé de connaître entièrement sa volonté, il n’aurait jamais besoin de se référer aux écrits qui l’évoque.

    Il n’y a donc pas deux significations distinctes du verbe « Croire » selon le domaine, car, dans tous les cas, sa signification est bien déterminée par cette idée d’une posture intellectuelle globalement affirmative, mais néanmoins mâtinée d’interrogations. Lorsque l’on « croit EN quelque chose », l’objet affirmé est introduit par la préposition « EN ». Donc si « je crois EN un Dieu d’amour », j’affirme sans nul doute l’existence d’un Dieu qui aime, mais je continue de m’interroger par ailleurs, sinon je dirais « je sais EN un Dieu d’amour ».

    Ceux qui tiennent le fait de croire comme une posture intellectuelle dénuée d’interrogations se trompent. Ceux qui le font accroire aux autres réalisent une tromperie. L’athéisme militant n’y est pas étranger. Il lui a fallu détourner le verbe croire de son véritable sens, pour caricaturer les fidèles du catholicisme comme des être infantiles et dénués de toute capacité de réflexion. Mais « croire » sans s’interroger, c’est au-delà de croire : ce serait outre-croire, prétendre savoir, outrecuider. C’est vieux comme le monde que la propagande cherche à subvertir les mots. Mais, ainsi, par cette tromperie sémantique, l’athéisme militant a semé dans notre culture les germes de l’arrogance, de l’outrecuidance, de la présomption.





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    ffi 4 janvier 2016 23:41

    @Gaston Lagaffe
    C’est vrai qu’en France il y a une certaine retenue, un certain polissage des caractères, une certaine tempérance, c’est certainement un héritage du stoïcisme.

    Est-ce un mieux, est-ce un pire ? D’un autre coté, on peut se dire que les transports sans retenue, si c’est de joie ou de sentiments positifs, c’est plutôt bien, mais quand c’est de colère ou de sentiments négatifs, ça l’est beaucoup moins.

    Et pour bien connaître les milieux africains, je dirais que cette absence de tempérance, quand elle se traduit par des prises de bec sans fin pour des motifs futiles, me lasse assez vite : j’aime le calme.

    Mais ce n’est qu’une préférence personnelle, bien-sûr.



  • 1 vote
    ffi 4 janvier 2016 23:26

    @maQiavel

    La croyance est, par dérivation, l’action de croire.

    Coire se définit ainsi :

    2. [Le compl. est une prop.] a) Croire + prop. complétive : croire que. Penser que, sans certitude absolue ; considérer comme probable :

    Croire ainsi à un mélange composite d’affirmation (Savoir) et d’interrogation (Douter), où l’affirmation reste dominante néanmoins.

    La définition 2° du CNTRL est probablement issue des auteurs athées (le dico se fondent sur l’usage des auteurs), qui ne connaissent du verbe croire que sa négation (ne pas croire) : ce sont des Sachants.

    Maintenant, vous ne pourrez niez que le Sachant n’est autre qu’un Croyant fanatique, ni que le Croyant fanatique, puisqu’il croit savoir, n’est pas un croyant, mais un mécréant.

    Pour boucler avec d’autres réflexions antérieures, cette part d’interrogation en conscience quant à ce que l’on peut affirmer (ces axiomes auxquels on croit), est un axiome « indéfini », et c’est celui qu’on appelle Dieu.



  • 2 votes
    ffi 4 janvier 2016 22:43

    @Qaspard Delanuit
    Prendre wikipédia comme source de définition du mot croyance ? Ce serait poser le sujet sur la caricature, la parodie, la farce, voire la contrefaçon...

    Il faut prendre les définitions sur le centre national de ressources textuelles et lexicales. CROYANCE :

    A. Action de croire

    Certitude plus ou moins grande par laquelle l’esprit admet la vérité ou la réalité de quelque chose.
    2. Adhésion de l’esprit qui, sans être entièrement rationnelle, exclut le doute et comporte une part de conviction personnelle, de persuasion intime

    a) Spéc., en matière relig. Synon. foi
    b) Action, fait d’avoir confiance en quelqu’un.

    En vérité, je vous le dis, dans cette réalité si mystérieuse et si imprévisible, l’homme est amené à admettre nombre de chose dont il n’a pas la démonstration ultime, donc l’homme, la plupart du temps, croit. C’est par excès d’assurance qu’il prétend savoir. C’est pourquoi, les gens, en général, ne sont jamais d’accords : si les gens percevaient immédiatement la vérité sans faille, ils seraient toujours d’accords.

    Ne rien croire impliquerait avoir tout démontré. Or il est impossible d’avoir tout démontré. Donc il est impossible de ne rien croire.

    Ceci est d’autant plus vrai quand les évènements se bousculent, et qu’il lui faut agir : le temps de la démonstration lui manque. Ainsi, l’homme agit 99% du temps selon ce qu’il croit.

    Et il ne peut faire autrement : croire est une nécessité.

    La question n’est donc pas : « faut-il croire ou ne pas croire », puisque croire est une nécessité, mais plutôt : « comment faut-il croire ? ».

    À cette dernière question, je réponds :

    1° Déjà, avoir conscience que l’on croit (le croyant sait qu’il croit, le sachant croit qu’il sait).

    2° Assigner un « degré de certitude » à ses croyances.

    3° Agir selon ses croyances, mais modéré selon leur degré de certitude.

    Ainsi, le croyant fanatique est en vérité « un sachant », puisqu’il ignore qu’il croit et qu’en conséquence sa croyance n’est modérée par aucun degré d’incertitude.

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