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  • Premier article le 16/05/2015
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    ffi 28 décembre 2015 16:42

    De ceci, du point de vue politique, on tire que l’humanité n’est pas un ensemble au sens propre, c’est plutôt une catégorie d’ensemble, qui regroupe tous les ensembles munis chacun d’opérations spécifiques, reposant chacune sur un jeu d’axiome particulier. C’est-à-dire que, du point de vue politique, l’humanité est la catégorie des sociétés, reposant chacune sur leurs modalités de coexistence propre. C’est logique, puisque chaque membre contient en lui-même une image de la société qui le contient.

    Je cite : «  En mathématiques, il n’existe pas d’« ensemble de tous les ensembles », car l’existence d’un tel objet résulterait en une contradiction logique : le paradoxe de Russell. Cependant, on peut définir rigoureusement une catégorie, dont les objets sont les ensembles, et dont les morphismes sont les applications d’un ensemble dans un autre. Elle est appelée catégorie des ensembles et notée Set ou Ens. »

    On peut formuler le paradoxe de Russel ainsi : l’ensemble des ensembles n’appartenant pas à eux-mêmes appartient-il à lui-même ? Si on répond oui, alors, comme par définition les membres de cet ensemble n’appartiennent pas à eux-mêmes, il n’appartient pas à lui-même : contradiction. Mais si on répond non, alors il a la propriété requise pour appartenir à lui-même : contradiction à nouveau. On a donc une contradiction dans les deux cas, ce qui rend l’existence d’un tel ensemble paradoxal.

    Transposé en politique : Définissons, par cosmopolitisme, l’humanité comme l’ensemble des sociétés qui n’appartiennent pas à elles-mêmes, autrement dit aliénées. Puis interrogeons-nous : définie ainsi, l’humanité appartient-elle à elle-même ? Si on répond oui, alors, l’humanité, ce rassemblement de sociétés aliénées, est elle-même non aliénée, donc l’humanité ne fait pas partie de l’humanité : contradiction... Si on répond non, on se dit que l’humanité est aliénée, alors l’humanité à la propriété de ne pas être aliénée : contradiction à nouveau...

    Seule solution : définir l’Humanité comme une catégorie, qui comprend :

    - une classe d’objets, les sociétés (ensembles humains, munis d’une structure propre)

    - un morphisme id_S, appelée identité d’une société dont l’application sur S laisse invariante ses sujets animés.

    - une classe de « morphismes », qui est l’ensemble des relations qui lient deux à deux les membres des distinctes sociétés de l’humanité (diplomatie bipartite entre société).

    - un morphisme de composition, qui permet d’agréger plusieurs relations bipartite (alliances politiques entre société).



  • 1 vote
    ffi 28 décembre 2015 13:32

    Ces diverses réflexions montrent que c’est la réalité de l’humanité qui est très mal conçue, d’où la difficulté de produire des concepts fonctionnels.

    L’humanité n’est pas un ensemble d’objets inertes et indiscernables, dénuée de structure, mais un ensemble structuré de sujets animés.

    1° Les sujets de cet ensemble ont des relations, ce qui implique une structure politique, un ordonnancement moral de leurs relations, généralement fixé par des lois, mais pas seulement. Cet ordonnancement va orienter les comportements en société, selon les dualités bien / mal, licite / illicite, vrai / faux, beau / laid...etc

    2° L’humanité s’inscrit dans l’espace et le temps, ce qui se traduit par une diversité des structures politiques selon les lieux et les époques, autrement dit, une diversité politique des sociétés de l’humanité.

    3° L’humanité perpétue ses membres dans le temps par reproduction sexuée, chacun de ses membres passant par une période de dépendance à l’égard de ses parents, l’enfance, période pendant laquelle il se voit instruit aux rapports politiques établis dans la société où il naît. Les membres de l’humanité héritent ainsi de la conception des rapports politiques de leur société de naissance, d’abord leur famille, puis leur voisinage.

    4° L’humanité comprend des sujets animés, qui ont la faculté de se déplacer, mais qui s’en serve de manière relativement réduite, attaché à la terre et à leur société qu’ils sont par la nécessité de pourvoir à leurs besoins vitaux.

    Par 3° et 4°, on en déduit : En cas de sédentarisation totale, les structures politiques de l’humanité se perpétuent dans l’espace et le temps. En cas de nomadisme total, les structures politiques de l’humanité se transportent avec le clan. Une sédentarisation partielle et un nomadisme partiel de l’humanité aboutissent à la mise en contact de structures politiques diverses, ce qui implique une reconfiguration des rapports politiques dans l’humanité.



  • 1 vote
    ffi 28 décembre 2015 12:44

    @Qaspard Delanuit
    A) « LA NATION EST ACTUELLEMENT LA DIMENSION A LAQUELLE L’HUMANITE PEUT LE MIEUX EXERCER SA CONSCIENCE POLITIQUE ET CE SERAIT UNE ERREUR DE PRETENDRE LA SUPPRIMER AU PROFIT D’UNE CONSCIENCE PLUS ELARGIE (CONTINENT OU MONDE).  »

    1° L’humanité est la nature commune des hommes, c’est une essence, une abstraction. Or, la conscience est une faculté des personnes, selon leur existence singulière et concrète, elle n’est pas faculté de l’essence elle-même. Les propriétés de l’élément ne sont pas transposables à l’ensemble. L’essence humaine (ensemble) consiste en des existences (éléments) possédant, à divers degrés, la faculté de conscience. C’est un sophisme d’affirmer que l’humanité aurait une « conscience politique ». L’humanité n’a pas de conscience propre, elle comprend des membres qui en ont chacun leur conscience propre. C’est le fait de cette propriété de conscience singulière donnée à des existences qui doivent vivre en groupe qui implique le politique, lequel consiste en débats, confrontations des points de vues distincts, issus d’états de conscience distincts.

    2° La Nation est une abstraction du principe d’autorité, née au moment de la révolution. Avant celle-ci, l’autorité s’incarne dans une personne concrète, le Roi, Père de la Nation, auquel ses sujet rendaient hommage par des actes concrets. Après la révolution, suite à la mort du Roi, il n’y a plus personne à qui rendre hommage, d’où un problème de reconnaissance de l’autorité. La Nation n’est que le signe abstrait, le symbole, d’une autorité acceptée en commun, un Roi, un chef de l’état, qui en définit les contours. Sans le Roi, la Nation perd son aspect concret, elle n’est plus qu’un symbole. Or, un symbole n’a pas d’autorité par lui-même - pour qu’il en ait, il faut que certains y croient. L’autorité est une propriété qui ne peut être attribué qu’à une existence concrète, un homme fait de chair et d’os, car, pour y souscrire, ses sujets doivent lui rendre un hommage solennel, un serment de fidélité. On ne peut rendre hommage ni jurer fidélité à une idée abstraite, qui plus est peu à peu devenue sans contenu ni définition précise, faute d’auteur apte à la définir.

    C’est le défaut de la France post-révolutionnaire : on s’y gargarise d’abstraction. Mais cela ne fonctionne que pour ceux qui y croient...

    Il faut dire, tout simplement, que « l’État est le cadre politique constitué. En changer risque de poser des problèmes politiques sans fin, ses lois étant le reliquat d’accords politiques passés  ». Mais, pour ma part, je pense que, sur certains sujets, l’État est beaucoup trop étendu pour être le cadre politique idéal. En effet, le Politique est impliqué par la coexistence d’êtres dotés de consciences distinctes, donc dotés de besoins et d’aspirations propres, ce en quoi ils doivent s’accorder. Or la coexistence est contrainte par la localité : on ne coexiste pas avec des gens qu’on ne fréquente pas. Donc le cadre politique pertinent est généralement bien plus petit que la Nation. Il faudrait sur ce point toute une réflexion sur les divers cadres politiques, étant entendu, par exemple, que le cadre politique de gestion de l’eau concerne les bassins versants, que le cadre politique du voisinage concerne les quartiers, que le cadre politique des poids et mesures concerne l’État et même au-delà,...etc. Mais cela implique de considérer concrètement ce qui est potentiellement sujet à dispute entre les gens, pour en déduire l’étendu du cadre politique de leur régulation, chose que les délires révolutionnaires, trop abstraits et idéalistes, empêche.

    B) « C’est ce que je voulais dire en écrivant que la conscience n’a pas d’autre but qu’elle même ou, si vous préférez, que son seul but est son propre élargissement (le but de la conscience est d’être consciente). »

    1° un Être qui n’aurait d’autre but que de croître sans cesse, ce serait un être affecté par l’hybris, par la démesure ; un Être qui n’aurait d’autre but que lui-même, ce serait un Être narcissique.

    2° il y a en amont de cette affirmation le même genre d’erreur que ci-dessus : la Faculté d’avoir un but n’est donnée qu’à une Existence singulière, et non pas à la Faculté d’une existence : la conscience n’est pas un Être qui aurait ses finalités.

    Ces affirmations montrent de gros défaut de conception du sujet :

    L’humanité est l’ensemble des hommes. Les hommes, éléments de l’humanité, sont des existences singulières, dotées de facultés, communes à chaque membre de l’humanité, mais dont l’état est propre à chacun. L’humanité n’hérite pas des facultés de ses éléments : l’humanité n’a pas de conscience, l’humanité rassemble des existences conscientes. Avoir un but est propre à une existence, c’est aussi une faculté, dont l’état est propre à chacun. La faculté d’une existence, comme la conscience, ne peut hériter des autres facultés de cette existence, comme celle d’avoir un but. L’affirmer, c’est tout mélanger. Si toute voiture qui roule (tout homme qui existe) a un moteur qui fonctionne (une conscience) et une direction (un but), on ne va pas dire qu’un moteur qui fonctionne (une conscience) est une voiture (une existence) et que ce moteur (cette conscience) a la faculté d’avoir une direction (un but)...



  • 1 vote
    ffi 26 décembre 2015 01:36

    Un État laïque est-il matérialiste ?
    Très bonne question...
    En effet, l’État se déclare incompétent quant à certaines œuvres de l’esprit. Est-ce par ce qu’il ignore tout de cette notion ? Non : la notion est connue, l’État protège les « œuvres de l’esprit » au titre du droit d’auteur. Mieux... des juges poursuivent certaines œuvres de l’esprit, pour ce qu’elles contiennent.
    Donc l’État s’estime compétent en matière de jugement des œuvres de l’esprit.
    Quand l’État ignore les religions, cela semble matérialiste, mais comme il affirme l’existence des œuvres de l’esprit, que ce soit pour les protéger si elles sont originales ou pour les condamner si elles sont délictuelles, de fait l’État ne l’est pas.
    Et puis, la politique, qui permet d’accéder à la direction de l’État, exige la parole et l’écrit. Or, la parole et l’écrit ne sont-elle pas des œuvres de l’esprit que l’État affirme protéger et juger ? La politique n’est-elle pas traversée par des idéologies, lesquelles s’appuient toutes sur des œuvres de l’esprit (Marx, Adam Smith,...etc) ?
    L’État « république démocratique » est déjà, par lui-même, une œuvre de l’esprit, laquelle s’appuie sur certains auteurs canoniques pour l’inspiration (Montesquieu, Rousseau,...etc), et fondé sur un texte écrit, sa constitution, qui est une œuvre de l’esprit s’il en est.
    Mais, par ailleurs, voyons que l’État n’est pas encore parfaitement démocratique, c’est un État en sempiternelle phase de démocratisation. L’État a un but, un idéal, une fin dernière : Réaliser la démocratie. L’État poursuit déjà sa transcendance... L’État français se conçoit comme une mise en pratique de certaines œuvres de l’esprit, pour réaliser un idéal. Aucun autre idéal n’est convié à la table. Les autres idéaux sont ses concurrents. Mais les divers genres d’idéal divin en sont les premiers et les plus redoutables. D’où la laïcité.



  • vote
    ffi 23 décembre 2015 23:42

    @Bainville
    Clairement, selon la loi - l’État ne reconnaît, ni ne salarie aucun culte - la laïcité est une modalité d’organisation de l’administration étatique, mais ne concerne nullement le domaine public en général.

    Comme je l’ai découvert, et référencé ci-dessus, la loi de la laïcité fut suivie d’autres lois et décrets qui ont fait de certaines parties du domaine public (notion ici entendue au sens du code civil : toute chose qui ne peut faire objet de propriété), des propriétés de l’administration étatique.

    Par confusion, dans le code public, « ce qui appartient à l’état » est désigné en tant que domaine public. Ceci alors que, dans le code civil, le domaine public est défini comme « ce qui ne peut être objet de propriété ». C’est un bug, une contradiction : « ce qui ne peut être objet de propriété » ne peut être la propriété de personne, y compris de l’État. La Couronne n’appartient pas au Roi, c’est le Roi qui appartient à la Couronne.

    Il faut un terme pour désigner les propriétés de l’État qui soit distinct du terme de domaine publique, puisque on ne peut désigner « une chose, qui est propriété de quelqu’un » d’un terme qui désigne « une chose, qui n’est propriété de personne »... Il faut donc parler de domaine étatique, pour désigner ce qui appartient à l’État.

    Je dirais donc : dans le domaine étatique, l’État suit les modalités d’organisation qu’il veut, il peut appliquer la laïcité aussi strictement qu’il veut, puisque c’est sa hiérarchie qui commande (administation -> ad ministrum -> vers le petit).

    Cependant, dans le domaine public, les gens ne sont pas sous la hiérarchie de l’administration : Il faut qu’il y ait plainte pour mésusage du domaine public pour que l’administration s’en mêle.

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