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  • Premier article le 16/05/2015
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    ffi 5 décembre 2015 23:51

    @philouie
    Pour parler d’Amour, encore faut-il en proposer une définition...

    L’Amour est l’attirance ressentie pour un Bien, ce Bien pouvant être n’importe quoi : un objet matériel, une émotion intérieure (joie, plaisir...etc), un être vivant,...etc.

    Il y a des amours bien réglés, et des amours déréglés. Un Amour bien réglé est l’attrait pour un vrai Bien. Un amour déréglé est l’attrait pour un faux Bien. Il y a donc diverses formes d’amour, selon la pertinence de leur finalité. Il y a des amours viciés. Maintenant, pour en juger, encore faut-il pouvoir définir ce qu’est le vrai Bien. Or sur ce point, Dieu est le seul juge, selon ses finalités propres.

    Or, il me semble que Dieu a jugé que l’Amour charnel devait concerner des êtres complémentaires, homme et femme. Il me semble donc que l’Amour n’est pas l’attrait pour l’identique à soi, comme, par ailleurs, il n’est pas l’attrait pour le différent de soi, mais l’attrait pour ce qui nous complémente, pour ce qui nous fait grandir et épaissir, et, ceci, réciproquement. Cette complémentation étant jugée selon les yeux de Dieu, bien entendu : elle nous reste donc toujours mystérieuse.

    La société, pour être auto-suffisante et subsister, ne peut être une assemblée de clones : Un corps n’est-il pas composé d’organes complémentaires qui œuvrent de concert ? Dans un corps, une assemblée de cellules rigoureusement identiques, cela s’appelle une tumeur, et c’est un cancer. Or un cancer, ça tue le corps. De même, une société ne peut être composée que d’organismes complémentaires qui s’aiment mutuellement, ceci pour qu’elle ne se divise pas. « Une société qui se divise par elle-même périt », dit l’évangile.

    Le ciment lui-même ne doit sa solidité qu’à ce qu’il se compose de corps chimiquement complémentaires, argile acide, calcaire basique. L’atome encore ne tient que par ce qu’il comprends des corps de charges électriques complémentaires. Tout ceci m’indique que l’Amour véritable est l’attrait pour une chose complémentaire à soi, qui comble un manque en soi, tel que jugé par Dieu.

    Ceci pour dire que ce vocable sur l’identité ne me sied point - c’est penser une société statique, donc inanimée, donc déjà morte. « S’aimer soi-même à travers l’autre qui nous ressemble », c’est à mes yeux un amour déréglé.



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    ffi 5 décembre 2015 12:48

    La religion, vu comme « conspiration » est ainsi complètement caractérisée par les phénomène de con-aspiration, de con-inspiration, et de con-respiration. Vu ainsi, la République Française fut de fait un programme religieux :

    La con-aspiration fut de « se libérer de la tyrannie de la monarchie catholique ». La con-inspiration fut de « fonder l’instruction sur les lumières de la raison », c’est-à-dire de puiser ses inspiration chez la secte des philosophes du XVIIIe siècle. La con-respiration consiste en toutes les fêtes républicaines.

    Telle est la « conspiration républicaine », la religion de la République. L’aspiration initiale est déjà réalisée, donc s’est asséchée, produisant l’immobilisme. C’est déjà la plus grande erreur du programme : une con-aspiration, pour engendrer un mouvement permanent, ne peut qu’être irréalisable ici-bas, elle ne peut que viser un au-delà. Atteindre la paradis, ou bien le Nirvana, voilà des programmes pour l’éternité, pour tous les hommes, en tous lieux ! La religion de la République est morte-née. Il lui faut absolument entretenir la peur du retour de son ennemi pour maintenir sa légitimité, c’est-à-dire entretenir éternellement dans l’imaginaire de ses sujets la présence de la monarchie catholique pour maintenir la con-aspiration qui la fonde en vie.



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    ffi 5 décembre 2015 12:20

    J’ajoute : 

    Peut-on exister sans esprit ? Je ne crois pas : sinon, nous ne serions que des pierres inertes.

    Comme pour coexister, il faut déjà exister. Et comme pour exister, il faut aussi un esprit, c’est donc que pour coexister, il faut « conspirer » (au sens 1°).

    C’est-à-dire avoir des aspirations communes, donc « con-aspirer » (poursuivre des Buts communs), avoir des inspirations communes, donc « être con-inspiré » (subséquence de Penchants communs), avoir des respirations communes, donc « con-respirer  » (Temps de repos et de retrouvaille communs = fêtes religieuses).



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    ffi 5 décembre 2015 11:44

    @Éric Guéguen
    J’entends bien. Mais par analogie : ce qui caractérise le ciment, le vrai, c’est qu’il est composé d’un mélange d’argile et de calcaire réduits en poudre et cuits, c’est-à-dire d’une substance acide et d’une substance basique préparées de telle sorte qu’il s’y produise une réaction chimique une fois que leur mélange est humidifié.

    Si tu ne respectes pas ces ingrédients de base du ciment, alors ce mélange n’est pas un ciment : il n’a aucune tenue, il part en poudre.

    On ne peut donc pas faire l’impasse sur la nature des composants du ciment pour obtenir du ciment avec sa dureté.

    Or la nature des composants du « ciment religieux » est spirituelle. On ne peut qu’échouer à vouloir produire un ciment sans en respecter les ingrédients.

    La prière catholique « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé » est indubitablement un ingrédient du « ciment social », puisqu’elle permet à chacun de penser à ses relations, dans le sens du pardon, pour apaiser les éventuels conflits qu’il pourrait y avoir.

    Maintenant, le terme de religion est très générique, et issu de l’antiquité romaine, et je me demande s’il est bien adapté à décrire l’ensemble des effets politiques d’une spiritualité partagée par une communauté. Par exemple, le Boudhisme me semble prôner un détachement : on devrait donc plutôt le nommer « déligion », de deligare, délier. Plutôt que désigner le phénomène par le terme de « religion », on pourrait le désigner par celui de « spiritualité vécue en commun », c’est-à-dire par celui de « con-spiration ».

    Voyez en latin la définition de conspiration :

    1° Accord, union, harmonie.

    2° conspiration.



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    ffi 5 décembre 2015 00:51

    @Éric Guéguen
    Vous semblez ne pouvoir dépasser un point de vue utilitariste pour la religion — en tant que ciment social — Mais la religion a d’abord un attrait personnel.

    Tout homme est confronté à des questionnements existentiels. L’âme, l’esprit, sont comme des organes a savoir employer. Une religion forme l’esprit. Cette formation de l’esprit donne un ensemble de penchants à son adepte. Une religion partagée politiquement produit donc un genre d’humanité, dans un certain état, une société particulière, une civilisation spécifique, avec ses habitus existentiels propres. Le ciment dont vous parlez n’est qu’une conséquence de la prééminence d’une religion sur une société. Mais une religion ne parle qu’aux personnes. Elle ne fait ciment que par l’intervention du politique : qu’est-ce qui peut faire d’un discours culturel un ciment, si ce n’est le politique ? Si ce lien n’est pas, il ne restera plus que le lien naturel. La famille, l’ethnie sont les ciments naturels.

    Revenons aux questionnements existentiels. le premier est : comment faire avec ses émotions ? L’homme n’aimerait ressentir que de la joie, mais il ressent hélas de la peur, de la tristesse, de l’inquiétude,...etc. Comment faire avec ces sentiments désagréables et envahissants ? Le discours sur la raison de nos société est ici très inefficient : Des émotions trop vives font perdre la raison.

    La raison est comme un petit crayon très fin et très précis, qui permet de décrire avec force détail toute situation. Mais l’émotion est comme un pot de peinture jeté en soi. Peut-on stopper un flot émotionnel par le fin fil de la raison ? C’est peine perdue : ce serait comme vouloir stopper un fleuve avec une brindille...

    C’est pourquoi le discours religieux fait appel à des métaphores, à des discours hauts en couleur. Au flux intense des émotions, opposons un flux intense en émotion. Il faut manier des couleurs intenses et des lumières vives pour toucher aux zones profondes de nos âmes. À l’effroi de obscurité qui tétanise, opposons une mise en mouvement qui produit la lumière (remède à la peur). À la recherche excessive de lumière, opposons une tolérance à l’obscurité (remède à la colère). Au mal ressenti face au bien d’autrui, opposons que le bien est toujours un bien (remède à l’envie),...etc. Une bonne religion propose des remèdes moraux. Ces remèdes viennent par métaphore. L’hypnose Eriksonienne l’a redécouvert.

    Pauvre France, qui a apostasié sa religion, devenue consommatrice record d’anti-dépresseurs... Si ça, ce n’est pas la preuve que le discours des « lumières » a manqué quelque chose d’essentiel... La raison ne peut pas tout. La raison n’est que ce cadeau qui vient lorsque le tumulte de l’émotion est apaisé.

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