@karikakon Et le communisme (Staline, Mao, Pol Pot), et la terreur sous la révolution ? Le monothéisme a largement reflué depuis la fin du XVIIIème siècle en Europe, et pourtant, l’océan de Sang n’y a jamais été aussi abondant...
C’est bien commode d’accuser le monothéisme, mais cela vous fait manquer une part non négligeable de la réalité, il me semble.
Vous raisonnez de manière trop générale. Il y a des pays en Islam (Arabie Saoudite par exemple) où il y a une religion d’état, et où il n’est pas question d’y déroger... On pourrait aussi parler du sort qu’a réservé Tamerlan à l’église Syriaque et du sort qu’a réservé la Turquie aux Arméniens. Dois-je vous rappeler que l’apostasie y est punie de mort partout en Islam ?
Saint-Augustin n’allait pas si loin et ne réclamait pas la mort, mais l’intervention du pouvoir politique. Persecutor, en latin, c’est un verbe qui signifie, par exemple, poursuivre en justice. Il faut aussi considérer les contextes avant de faire des généralités. Le donatisme est une querelle qui a duré quasiment un siècle, émaillé par des moments de violence, d’abord de la part des donatiens. Il tire son origine des grandes persécutions de Dioclétien, et du refus par une partie des chrétiens de la réconciliation entre ceux qui avaient fléchi et ceux qui avaient résisté. Nul doute que si les Donatiens n’avaient eu l’oreille du pouvoir, ils n’auraient réclamé une répression féroce et certainement l’ont-ils fait plusieurs fois. N’était-ce point eux, les donatiens, qui étaient férocement contre toute forme de pardon ? Si quelqu’un refuse le pardon, pourquoi faudrait-il lui pardonner ? Il y a un moment, face à une position inflexible, qui t’attaque sans cesse, il n’y a pas d’autre choix que d’accepter le conflit proposé par l’adversaire.
@ Gollum Le caractère Romain, dites-vous ? Le principe d’une religion d’État est pourtant aussi partagé par l’Arabie Saoudite et divers pays musulmans, que l’on ne peut guère taxer de caractère Romain... De plus, paradoxalement, vous admettez qu’il y a, quelque part, un caractère universel, quelques lignes après.
Il ne faut donc pas sombrer dans le simplisme et se garder des généralisations abusives. Il y a des périodes, dans une société, où les tensions montent, où la société est travaillée par des guerres larvées. C’est généralement après ces périodes que cela explose. On voit cela en tous lieux et à toutes les époques.
Une période de tolérance très grande peut aboutir à la mise en relation de modes d’existence contradictoires entre eux, ce qui aboutit alors à la division de la cité, par difficulté de coexistence, d’où émergent des tensions, qui finissent éventuellement par dégénérer en conflit. La réaction qui s’en suit est généralement un "appétit" pour l’unité politique, ce qui peut se traduire soit en changement des frontières politiques (division de la cité en plusieurs entités indépendantes aux modes d’existence cohérents), soit en raffermissement de l’unité politique par la répression d’un mode d’existence par un autre.
L’histoire de l’Empire Romain, travaillé à la fin par des guerres civiles permanentes, le montre bien. L’histoire de l’Islam aussi (Coran de La Mecque et de Médine). Je ne doute pas qu’il en soit ainsi absolument partout car ce n’est pas parce que l’on ignore l’histoire des autres parties du monde que ce que la nôtre raconte n’a pas eu lieu.
@Ladykiller La science, ce serait avoir raison contre les faits ? Drôle de définition... Avec ce genre de propos vous pourriez donc établir n’importe quoi en contradiction avec les faits et le considérer comme valide...
Les lois inertielles sont très bien vérifiées, ne vous en déplaisent. La notion de frottement qui la complète est d’une manifestation tout-à-fait pratique (par exemple en vélo), largement étudiée en aérodynamique comme en hydrodynamique.
Personnellement, j’ai fait une école d’ingénieur, donc j’ai étudié la relativité et la mécanique quantique pendant mon cursus. Comme j’aime bien l’histoire des sciences, j’ai passé pas mal de temps à étudier cette période.
D’ailleurs, il se fait que vous seriez bien en peine de contester les repères historiques que j’ai fixés, puisqu’ils sont vrais (éther de Lorentz fixe pris comme référence de mouvement, expérience de Michelson, hypothèse de la contraction du bras de l’interféromètre par Lorentz pour sauver sa conception de l’éther, ajout par Poincaré de la notion de dilatation du temps pour obtenir une théorie cohérente, suppression de la notion d’éther par Einstein qui fixe pour nouvelle référence de mouvement la vitesse de la lumière).
La relativité n’est pas complexe, elle est compliquée, tordue et sophistiquée.
Paradoxalement, cette complication est le fruit du choix de la simplicité au départ : garder cette hypothèse de l’éther fixe de Lorentz, qui avait apporté quelques résultats, mais qui fut ensuite démentie par les faits.
Mais penser qu’il y aurait un éther fixe était déjà en soi étrange, la matière étant alors vue comme une sorte de noeud en mouvement d’une substance unique fondamentale. Imaginer que la matière se contracte dedans dans le sens de son mouvement, pourquoi pas. Mais le temps ? Le temps n’est pas un objet physique à proprement parler. Puis supprimer l’éther et le substituer par le vide fut encore plus aberrant : comment établir alors des propriétés du "vide" (permittivité, perméabilité) ? C’est forcément une substance qui a des propriétés.
De la bonne science aurait été de reprendre tous les éléments et les mettre sur la table pour reconsidérer le problème dans son ensemble, non en privilégier un seul. Par exemple, en reprenant l’éther de Stockes, un éther circulant avec les planètes, qui est à mon avis moins absurde que l’éther fixe de Lorentz, c’est l’interprétation de l’aberration de la lumière qu’il faudrait changer, ce qui n’est pas forcément moins absurde que les contractions de distance et dilatations du temps de la relativité.
Matthius :Vous parlez de la déduction logique d’Aristote. Je vous cite wikipédia, article déduction et induction : "La philosophie platonicienne est volontiers déductive, passant de la loi (idéale et immanente) aux faits. Pour Aristote, ce sont les faits qui sont immanents, dans leur spécificité, et la loi transcendante est obtenue par induction."
(C’est d’ailleurs tout-à-fait exact il me semble : les lois
transcendantes sont toujours obtenues par induction, d’où le caractère
fatalement incertain de celles-ci.)
Il ne faut pas croire qu’Aristote n’a usé que de la déduction. Aristote a fait un considérable travail de synthèse, donc usé à fond des raisonnements d’induction. Il a même distingué clairement ces divers types de raisonnement et les a correctement classés selon la valeur de vérité que l’on pouvait leur accorder, menant à la logique modale classique, dans ses modalités : le nécessaire, le contingent, le possible, l’impossible.
@ Matthius : vous vouliez dire oxymore, peut-être ?
@Ladykiller : Vous dites à raison qu’il aurait dû y avoir une quantité bien plus considérables d’évolutions non favorables que d’évolutions favorables. Mais, dans ce cas, pourquoi ne trouve-t-on pas de traces dans les fossiles de toutes ces évolutions défavorables qui ont avorté étant donné leur nombre à priori si considérable ?