@Parrhèsia Je vous accorde que la science moderne est pour partie inductive, dans son aspect recherche fondamentale, mais c’est qu’on la confond avec la métaphysique, que les chercheurs font sans le savoir, qui est la recherche des premiers principes. Petite métaphysique naturaliste, sur des régions du réel bien délimitées, mais métaphysique tout de même.
C’est un petit moment qui dure le temps de la naissance d’une théorie, pour la construire, en faisant synthèse de plusieurs faits, mais, ensuite, lorsque la théorie est mise en oeuvre, c’est un art de la déduction par l’analyse des vérités premières qui ont été posées au préalable.
De fait, ne tient-on pas les hypothèses de bases des divers disciplines comme susceptibles de changer en cas d’expérience contradictoire ? C’est bien la preuve qu’elles ne sont que probables, ce qui illustre qu’elles sont issues de raisonnements d’induction. Et comment faire autrement ? Du réel, on ne constate que des faits, il faut s’en abstraire pour énoncer des principes. En cela, cela voue leur usage à se faire avec précaution.
Mais la seule chance de faire que ces hypothèses de base soient rigoureusement valides, c’est d’y adjoindre une inconnue, qui caractérise cette possibilité de l’erreur, et c’est ce que je désigne par Dieu.
Toutes nos théories sont valides, à Dieu près, l’irréductible inconnu.
Bref, voilà ma réponse à Onfray, quant à savoir à quoi sert Dieu dans le domaine intellectuel : prendre en compte la rigueur non absolue de nos raisonnements d’induction, dont la conclusion est toujours nécessairement d’une valeur de vérité seulement probable, ce qui nous propulse dans la modalité logique de contingence.
Cela nous emmène déjà assez loin sur le terrain de l’épistémologie. Je comprends qu’envisager la possibilité de l’erreur, et l’inclure directement à la base de nos axiomes, ennuie quelque peu Onfray, qui affectionne les sentences définitives. J’imagine que c’est un peu par provocation qu’il clame ceci, mais il a aussi certainement une pensée qui donne une part trop belle à la nécessité et néglige trop le contingent.
Maintenant, le fait qu’il se plaigne qu’une religion n’est pas cohérente, montre bien qu’il n’a pas compris le truc. Avec un axiome "flou" et défini comme énigmatique au départ, qui plus est vivant, donc susceptible de changement, aucune incohérence n’existe jamais.
@Gollum Il n’a pas menti sur le coup, puisqu’il n’a pas exterminé tout ce qui est vivant... seulement quelques milliers d’hommes.
Maintenant, ce n’est pas exactement le sujet que j’abordais. J’abordais le sujet de la volonté de Dieu, laquelle, comme toute volonté, n’est pas chose statique, ce pour quoi je doute qu’elle puisse être figée dans un écrit.
La volonté de Dieu doit il me semble toujours rester quelque peu énigmatique, c’est en effet quelqu’un d’autre que nous, et c’est aussi ce qui nous permet de rester sur le qui-vive, de ne pas trop nous laisser aller à nos certitudes, de nous attacher à regarder les signes de sa volonté.
@Parrhèsia -> Votre Dieu n’est qu’une des hypothèses déductives que vous méprisez
J’ai dit le contraire : Dieu est une hypothèse inductive.
-> Le science moderne, que vous résumez à un raisonnement inductif par excellence ne révélant rien de certain
J’ai dit le contraire. la science est système déductif : elle produit des certitudes, dans la mesure où ses prémisses sont certaines.
Et après vous me reprochez de ne pas écouter ce que l’on me dit ?
Sachez que la Révélation n’est qu’un des aspects de l’approche de la définition de Dieu. Par exemple, si vous considérez la critique de Saint Augustin envers le manichéisme, disponible un peu partout, vous verrez qu’elle s’appuie plutôt sur une démarche métaphysique (en gros : le Dieu qui créerait un mal et un bien pour qu’ils se combattent n’est pas parfait, c’est donc une mauvaise définition de Dieu). En gros, l’église catholique Romaine s’appuie sur la tradition apostolique, la révélation et la raison pour approcher la définition de Dieu. Les églises protestantes, qui s’appuient sur la révélation et à la libre pensée ont abouti à une multitudes de sectes.
Maintenant, si vous prenez le Dieu pour l’UN, c’est d’une part que vous êtes Aristotélicien, donc essentialiste, car vous ignorez donc la notion d’existence et d’État. Mais je suppose que vous ne reviendriez pas pour autant à la causalité Aristotélicienne. Mais surtout, c’est factuellement erroné, puisque cela revient à dénier le pluralisme irréductible des êtres de l’univers, qui est manifeste, ne serait-ce que dans le fait que nous discutons présentement sans pouvoir nous accorder.
@Joe Chip L’absence de vigueur des peuples occidentaux est patent, et il se remarque fort bien en considérant le simple fait qu’aucun de ces peuples ne parvient à se reproduire à un taux supérieur au taux de renouvellement des générations.
C’est à première vue paradoxal, étant donnée la propagande hédonisme de libération sexuelle qui s’est emparée de ces pays depuis deux générations, mais cela ne l’est pas tant : une sexualité déviée de la reproduction (donc déviante), abouti à la dé-reproduction.
Cela suscite tout un mode de pensée déviant : se faire plaisir à soi en priorité, quitte à user d’autrui comme d’un instrument à cette fin. Cela résulte en toutes sortes d’addictions en tout genre, de même qu’en criminalité. Cette propagande n’a pas un effet si différent que celui qui fut réussit par les anglais en propageant l’alcool à destination des amérindiens et l’opium à destinations des chinois : celui produit des peuples avachis, des petites cigales qui se trouvent prises fort au dépourvu maintenant que l’hiver est venu, et très faciles à asservir.
Il est des libertés que si on les prend, elles ne durent pas.
Le libéralisme n’a pas inventé grand-chose, il n’a fait que concentrer en des entités gigantesques ce qui avait déjà été inventé patiemment par ailleurs, au sein d’une société morale et équilibrée, société qu’il a détruit pour l’occasion du fait de son vampirisme, sciant lui-même la branche sur laquelle il était assis... Maintenant, la société est totalement déséquilibrée et ses moeurs sont totalement perverties. Il ne restent plus que les gigantesques accumulations de capital matériel d’un coté et une religion autoritaire à l’envi de l’autre. N’a-t-on le choix qu’entre cette dictature platement matérialiste, en décrépitude morale, et cette dictature platement légaliste, en décrépitude matérielle ?
De quel coté vont pencher nos peuples devenus tellement dépendants et addictifs ? En fait, ils ne penchent vers nul part, ils s’éteignent, ils se suicident. Faut dire que l’athéisme a donné toutes les bonnes raisons de se suicider.
Genèse 8.21 : L’Éternel sentit une odeur agréable, et l’Éternel dit en son coeur : Je
ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du
coeur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus
tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait.
@philouie : Monsieur prétend m’apprendre que je vais mourir ? Mais comment pourriez-vous croire que j’ignore cette évidence ? J’ai mes limites, mais je ne suis quand-même pas totalement stupide...