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------> Bien sur mais il n’exerce pas le pouvoir, il ne peut donc pas parasiter l’appareil d’Etat au profit de son organisation. Il vient donner son expertise et les gouvernants seraient bien inspiré d’en consulter beaucoup pour diversifier les opinions.
Je te remémore la définition du clerc :
1. ...employé,
serviteur, secrétaire d’un personnage, d’un groupement de personnes,
d’un organisme officiels.
L’expert se met bien au service de l’État, c’est donc bien un clerc de l’état, le temps de son office.
S’il y a entente au sein d’une filière économique pour obtenir des avantages pour la filière (exemple : finance, grande distribution), nul doute que les experts ne soient déjà préparés en amont. Mais l’idéal, cela reste de propager une idéologie par les structures d’éducation (exemple : le libéralisme ou le communisme).
------> Exactement et c’est
ce qui explique que lorsque son autorité est contesté à l’intérieur , il peut se tourner vers les puissances
étrangères pour assurer la pérennité de sa charge à sa descendance. Cela s’ est
également vu énormément dans l’ histoire.
Contester l’autorité d’un chef d’état, qui porte la souveraineté du pays, c’est contester la souveraineté du pays lui-même, puisque c’est le chef d’état qui incarne la souveraineté. On peut à raison contester sa politique, ses choix,...etc. Mais pas son autorité, sauf à atteindre à la souveraineté du pays. Si on conteste l’autorité du chef d’État, c’est la guerre civile, et dans toute guerre civile, l’étranger s’implique toujours d’une certaine manière (cf Syrie, Ukraine, ..etc)
---> Non parce qu’il n’est
pas l’Etat,
Je n’ai pas dit qu’il était l’État, j’ai dit qu’il conservait la souveraineté de l’État.
---> Et comme je viens de
le dire, il peut par exemple renoncer à la souveraineté sur certains
territoires pour les donner aux puissances extérieures ou alors leur
donner le bien public pour garder sa position et la transmettre…
N’empêche que parmi les pays de l’UE, l’on voit que certaines monarchies n’y sont pas entrées (Norvège), et que d’autres y sont entrées sans adhérer à l’Euro (RU, Danemark, Suède). tandis que les pays sous un autre régime ont tous accepté de renier tous les pans de leur souveraineté.
Ca peut, donc, certes. Mais avec plus de résistance cependant.
------> Oui mais on peut inverser
le raisonnement : s’il se trouve que c’est le monarque qui est source de
corruption (ce qui est loin d’être rare historiquement), il peut utiliser la
force pour mater ceux qui lutterons contre.
Mais pourquoi le monarque corromprait-il ce dont il dispose déjà ? C’est idiot. Ca va contre son propre intérêt.
------> Tous les régimes
peuvent parfois agir selon l’intérêt général et tous peuvent agir selon les
intérêts particuliers.
Non, ton système d’une loi que se construit par rapport de Force entre intérêts particuliers contradictoires, produit toujours une loi qui correspond à des intérêts particuliers, ceux qui furent victorieux.
------> Un Etat
laïc ne devrait pas servir des organisations mais les citoyens, quel que soit
leur appartenance dans le privé.
Mais, en pratique, les citoyens, pour survivre, doivent participer de certaines organisations, comme au travail, par exemple. Ces organisations sont des corps intermédiaires. Tant qu’elles ne se comportent pas contre l’intérêt général, les servir est acceptable, car cela sert le bien commun.
------> Je suis tout à fait d’ accord, l’Etat peut
doit consulter des experts , qui se prononceront non comme des membres d’
organisation mais uniquement en tant qu’ expert.
Mais comme l’expert l’est parce qu’il a travaillé pour des organisations opérant dans son domaine d’expertise, il est forcément en lien avec ces organismes, donc toujours potentiellement en conflit d’intérêt. Comme l’État ne peut se priver d’expertises, il y aura donc toujours irréductiblement un pluri-cléricalisme d’État.
------>Dans le meilleur des mondes, c’est ainsi que
les choses devraient se passer mais nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes,
nous sommes sur la terre des hommes avec toutes ses imperfections et les lois
dans ce monde découlent des rapports de force , c’ est ainsi et cela ne changera
pas , il faut s’ adapter à cette réalité et faire ce que l’ on peut …
On a vu ci-dessus que le pluri-cléricalisme d’État était inévitable.
Plus haut, tu t’opposes à ce pluri-cléricalisme au motif que :
---> Dans les rapports de force
politique tel qu’ils existent, ce sont
les sous organisations les plus puissantes qui l’emporteront et imposeront leur
loi aux autres.
Maintenant, tu affirmes que le rapport de force (entre organisations antagonismes) est l’horizon indépassable de la création de la législation politique.
Donc tu n’as pas de solution à proposer.
------> Un monarque a aussi ses intérêts particulier
et peut les faire prévaloir sur l’intérêt général, il peut également être coopté,
cela s’est vu à, mainte et mainte reprise dans l’histoire.
C’est vrai. Mais il faut voir que son intérêt le plus grand d’entre tous est de transmettre la charge qu’il porte, la souveraineté de l’État, à sa progéniture, pour pérenniser sa dynastie. Or, cela tombe bien, puisque, ce faisant, il conserve la souveraineté de l’État. Ainsi, il doit donc absolument écarter toute organisation qui pourrait y atteindre (tant à sa dynastie qu’à la souveraineté de l’État qui se trouve liée). C’est à ceci qu’il va employer sa force.
Ainsi, il n’y a pas de contradiction : la loi est bien formée par rapport de Force, celle du monarque sur les organisations du pays. S’il lui est démontré que la corruption de l’État par des organisations tierces peut être cause de sa perte, et donc la cause de l’abdication de la dynastie, la force de l’État sera employée à mater les velléités de corruption, ce qui est ce que l’on veut.
Une monarchie peut donc parfois agir selon l’intérêt général.
Le régime actuel ne peut qu’agir toujours selon des intérêts particuliers.
Ce n’est donc pas l’idéal, mais le moins pire.
Ce n’est pas de l’idéalisme, car cela revient à nouer l’aspiration paternelle pour le bien de sa progéniture, qui est le sentiment le plus puissant qui soit pour un homme, avec l’aspiration au Bien Commun et du maintien de la souveraineté l’État.
Tu vois bien qu’en clarifiant déjà les termes, comme parler de mono-cléricalité d’État, ce qui revient à conceptualiser que nul ne peut officier pour deux maîtres dont l’État, permet de réfléchir par analogie, et donc d’étendre la réflexion à toutes sortes d’organisations.
Mais on voit bien aussi les limites de cette conception, puisque la législation américaine, qui essaye pourtant par cette voie d’interdire une double appartenance politique/économique, ne permet manifestement pas bien d’éviter le mélange des genres entre économie et politique.
Plus haut tu écris « L’État doit au contraire pouvoir s’appuyer sur
les sous-organisations qu’il contient ». Dans les rapports de force
politique tel qu’ils existent, ce sont
les sous organisations les plus puissantes qui l’emporteront et imposeront leur
loi aux autres. C’est d’ ailleurs la situation actuelle avec les réseaux.
Cependant, ce serait aussi très étrange, il me semble, d’envisager un État qui ignorerait totalement toutes les organisations qu’il contient, car ces organismes sont aussi la société civile que l’État est censé servir. Il peut de plus y avoir d’honnêtes gens, qualifiés, qui participent d’une autre organisation que l’État : il faut que le crime soit commis pour être sanctionné.
Par exemple, à l’Agence de sécurité du médicament, sont rassemblés des scientifiques éminents, et leur qualification fait qu’ils sont généralement aussi en lien avec les laboratoires pharmaceutiques.
Mais tu n’as pas tord, cette pente est fatale dans le régime actuel, où toute loi est fondée à l’issu d’une bataille entre réseaux politiques antagonistes, les partis politiques, organisations qui sont elles-mêmes objet de convoitises par toutes sortes d’organisations qui voudraient imposer leurs intérêts politiques.
C’est la raison pour laquelle la loi ne peut pas découler des rapports de force entre réseaux représentants des intérêts privés, mais elle doit toujours découler des rapports logiques et moraux, c’est-à-dire d’une réflexion politique, sur l’intérêt général. C’est la raison pour laquelle un roi, s’il est bon et bien conseillé, peut faire une bonne loi.
La pluri-cléricalité dans l’État est ainsi possible, à la condition qu’il y ait un capitaine dans le bateau, un roi dans l’État, qui ne doit sa position à aucun réseau, à aucun intérêt privé, le rendant ainsi libre de se prononcer uniquement sur l’intérêt général, et dont la charge éminente consiste en particulier à surveiller strictement tout conflit d’intérêt dans l’État, pour réprimer sévèrement tout trafic d’influence.
La mono-cléricalité, c’est-à-dire l’appartenance unique à l’ordre de l’État, reviendrait presque à créer une nouvelle noblesse, un ordre exclusivement politique, lequel risquerait ainsi de trouver assez rapidement déconnecté du reste de la société.
Oui, et il s’offusque à grands cris des crèches, dont le seul crime est d’émerveiller les enfants, mais ne pipe mots des versets problématique du Coran qui appelle à tuer les juifs derrière chaque pierre ou à battre les femmes...
Quel Tartuffe celui-là !
Peu importe d’avoir lu les travaux de Chomsky, car le travail de Chomsky fut justement d’analyser les langues que tout le monde parle déjà (avec quelques limites cependant).
On ne se mettra certainement pas d’accord, et je n’ai pas le temps d’évoquer un tel sujet en profondeur ici pour l’instant. Je te rappellerais juste en passant que toutes les créations informatiques ou scientifiques sont toutes passée par le langage, et qu’un langage précis et concis n’est certainement pas un handicap, alors qu’un langage ambigu et touffu l’est.
Pour le reste, ta définition de la "laïcité", que je nommerais plus précisément mono-cléricalité de l’État, est déjà couverte par les notions juridiques de conflit d’intérêt ou de trafic d’influence. Pour être exact, le conflit d’intérêt n’est pas illégal, ton dispositif revient donc à préventivement interdire tout conflit d’intérêt spécifiquement pour ce qui est désigné comme religion par l’état. Cela peut être une piste, à première vue.
Cela dit, il y a d’autres organisations que les religions qui existent, les multinationales, les états étrangers, les services de renseignement, les sociétés secrètes, les amicales de toutes sortes et même les partis ! Pourquoi tout cela ne serait-il pas couvert également par ce genre de loi ? Pour les partis, ce ne serait déjà pas faisable actuellement. De plus, une loi pour prévenir un crime éventuel, n’est-ce pas introduire une notion de culpabilité présumée ? N’est-ce pas trop liberticide ?
La mono-cléricalité de l’État est donc à mon avis illusoire. L’État doit au contraire pouvoir s’appuyer sur les sous-organisations qu’il contient.
Mais cela nous éloigne déjà beaucoup de la religion. Le minimum serait déjà que l’État puisse s’enquérir du fait que les lois d’une religion ne poussent pas ses adeptes à contrevenir aux lois de l’État, pour pouvoir intervenir si ce genre de situation arrivait. Or ce n’est pas possible avec le dispositif actuel.
En revanche, ce dispositif permet d’interdire les crèches dans les lieux publics, choses parfaitement bénignes et inoffensives, dont le seul effet est d’émerveiller les enfants, comme s’il s’agissait d’une menace contre l’État...
Ce dispositif ne prévient donc aucun danger, mais interdit des choses inoffensives. C’est dire comme il est inepte.
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