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  • Premier article le 13/02/2016
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Derniers commentaires




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    micnet micnet 16 septembre 16:21

    @Gaspard Delanuit

    Je ne puis vous en vouloir, vous ne m’offensez en aucune manière. De plus, si votre quête de connaissance accorde une place à la croyance, il est logique que vous cherchiez des critères de crédibilité. D’ailleurs je fais la même chose que vous au niveau pratique, par exemple pour choisir un garagiste, un restaurant ou pour commander un article à distance : je tiens compte de l’avis du public, de la réputation, des labels, etc. Je n’ai aucun problème à admettre que j’achèterais plutôt un appareil photo qui obtient de bonnes notes sur un site lui-même bien réputé.

    En revanche — c’est en cela que tient la différence entre nos modes de fonctionnement — je n’étends pas ce comportement pratique à une démarche de recherche de connaissance. 

    Cela appelle quelques remarques :

    1. D’abord une remarque généraliste : vous-même êtes un "croyant" tout comme moi y compris sur ce qui touche aux démarches liées à la connaissance. La différence entre nous tient au fait que vous, vous croyez...en vous-même smiley. Je veux dire par là que vous priorisez votre propre jugement y compris sur des sujets où vos connaissances peuvent être bien moindres que celles d’autres plus pointues que vous sur le sujet. Après tout, j’admets qu’il y a une forme de panache à adopter cette conduite mais moi je fonctionne un peu différemment : je place ma confiance (qui n’est que relative et pas absolue non plus, entendons-nous bien) envers ceux qui, selon toute probabilité sont les meilleurs connaisseurs du sujet. Et puisque notre objectif commun à tous les deux est de progresser en connaissance, j’estime que la meilleure façon de faire est de m’appuyer sur ceux qui ont le meilleur savoir pour ensuite, le cas échéant, remettre en cause leur approche si le cas de présente. Mais puisque vous rappelez à juste titre qu’on passe des dizaines d’année à étudier des théories, je ne vois pas comment on peut progresser autrement qu’en faisant confiance. Donc ma question est simple : expliquez-moi comment vous faites pour progresser en connaissance sans "croire" à un moment ou à un autre ceux qui savent mieux que vous ? j’avoue que ça m’échappe...

    2. Seconde remarque : je tiens à recentrer le débat sur le point de départ de notre discussion car nous sommes là en train de digresser sur un aspect certes très important de nos approches respectives mais je rappelle que j’ai pris l’exemple du prix Nobel d’économie dans le seul but de dire que l’ouvrage de Piketty n’est pas n’importe quoi étant donné que ledit prix Nobel le prend très au sérieux. Je ne me suis pas prononcé sur le fond de cet ouvrage donc là en l’occurrence il ne s’agit même pas d’une question de pure connaissance théorique. Et d’ailleurs je trouve ça assez drôle que vous fassiez le distinguo entre les "aspects pratiques" de l’existence auxquels vous accordez une réelle confiance envers ceux qui ont des connaissances pratiques que vous n’avez pas et les aspect théoriques liées à la connaissance où là vous estimez que vous devez "être votre propre boussole" sans "croire" qui que ce soit d’autre que vous-même. Par exemple si je vous demande de parier sur un match de boxe opposant le champion du monde d’une catégorie donnée qui fait face à un champion départemental dans la même catégorie, j’ai dans l’idée que vous miseriez sur le premier, me trompe-je ? smiley. Et bien moi je procède de la même manière s’agissant du domaine de la connaissance et notamment ceux qui ont obtenu un prix Nobel.

    Je ne peux pas ici déléguer la quête de vérité en la confiant à quelques prétendues élites ou en me fiant à l’avis du public comme dans un jeu télévisé. Ainsi que je vous l’ai déjà dit, sur ces sujets, je préfère encore SAVOIR que je ne sais pas, plutôt que choisir de CROIRE qui que ce soit, sous prétexte que je n’ai pas le temps ni les moyens d’enquêter pour savoir. 

    Attention : j’espère que vous avez bien compris que lorsque je parle de crédibilité, je parle de ceux qui ont le SAVOIR. Moi je me situe d’un point de vue aristocratique au sens premier du terme. A aucun moment je n’évoque les élites auxquelles vous faites allusion. Et encore moins au "plus grand nombre" qui est tout sauf un gage de vérité.
    Au fond, vous êtes plutôt un individualiste et moi plutôt un aristocrate à l’ancienne smiley



  • 1 vote
    micnet micnet 15 septembre 12:08

    @Gaspard Delanuit

    Je me contrefous qu’un prix Nobel d’économie ou que le Pape ou que Céline Dion ou que mon buraliste aient tel ou tel avis sur Thomas Piketty. Je suis capable de lire et d’écouter Thomas Piketty moi-même, je n’ai pas besoin de passer par une médiation. Sur les sujets difficiles qui dépassent ma capacité de comprendre par moi-même (ils sont très nombreux), je préfère avoir conscience de mon ignorance que de la remplacer par une croyance fondée sur une prétendue autorité intellectuelle garantie par une réputation, un diplôme, un prix, etc.

    Je vous remercie pour cette précision car elle explique sans doute une différence fondamentale entre nous. 
    Car moi justement je ne m’en contrefous pas, je hiérarchise les propos en fonction des personnes qui s’expriment et j’estime que toutes n’ont pas la même crédibilité selon leur diplôme ou, plus encore, leur expérience à propos du domaine en question.
    Ne m’en tenez surtout pas rigueur mais sur ce sujet précis, j’estime qu’un prix nobel d’économie est beaucoup plus crédible à donner son avis sur un ouvrage traitant d’économie que vous ou moi. Donc non tous les avis ne se valent pas.
    Je n’ai aucun doute que vous soyez en capacité de lire Piketty et de vous faire votre propre jugement sans passer par une médiation, évidemment, mais pour autant, j’affirme que vous n’aurez pas une compréhension aussi pointue dudit ouvrage qu’un prix Nobel dont c’est le coeur de métier et qui est reconnu internationalement dans son domaine.
    Ceci étant posé, est-ce à dire que je mets de côté mon esprit critique ? Evidemment que non mais quand je fais face à quelqu’un qui a beaucoup plus de connaissance que moi, même si moi j’en ai un peu, et bien j’estime que je dois rester à ma place.
    Vous n’êtes pas d’accord avec ça ?

     Piketty est plutôt un économiste de tradition social-démocrate, avec une forte inspiration historique et certaines intuitions marxiennes, mais son cadre théorique n’est pas marxiste. 

    Oui je suis d’accord, il n’est pas fondamentalement marxiste en revanche, il adopte une "approche de type marxienne". Depuis le début, j’insiste fortement pour faire la distinction entre l’idéologie marxiste qui correspond à un régime politique totalitaire tel que nous le connaissons et l’approche marxienne qui correspond à une grille de lecture de type historico-économique telle que le fait Piketty. Et les deux n’ont strictement rien à voir.



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    micnet micnet 14 septembre 15:54

    @yoananda2

    surtout, je ne réduis pas l’histoire à la lutte des races, ça serait super con. 

    Sois rassuré, je ne te fais pas du tout ce procès.

    je suis pas loin de penser que c’est un phénomène récent ; Les races c’est vieux, mais la lutte des races, c’est récent.

    Tu as probablement raison, le racisme (au sens de hiérarchisation des races) date du XIX è s. Par contre, je ne sais pas depuis combien de temps le mot "race" existe. Tu sais le dater ?

    Je dis que c’est pareil pour les autres hommes "providentiels". Ils sont la manifestation de forces historiques bien plus que des moteurs de l’histoire.

    Il y aurait de quoi débattre des heures entières rien que sur cette phrase. Je trouve ce sujet passionnant, car inépuisable, mais malheureusement il est impossible de trancher cette éternelle question.
    Cela dit, s’agissant des hommes providentiels, si ça peut te rassurer, j’ne suis pas mal revenu.
    Je pense que le vrai débat de fond que personne n’ose aborder de front (tu noteras la belle allitération ;) c’est la responsabilité des peuples au cours de l’Histoire. On a coutume de dénoncer la passivité des peuples, et en particulier le peuple français, et on a raison mais on n’en fait jamais le vrai procès. Par exemple, pour rester chez nous, j’aimerais vraiment qu’un jour quelqu’un dénonce sérieusement l’énorme responsabilité du populo de base matrixée comme tu dis et qui a conduit la France à la déchéance actuelle depuis les 40 ou 50 dernières années. L’exemple du dernier classement PISA veut absolument tout dire pour moi, car tout y est.



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    micnet micnet 14 septembre 14:50

    @yoananda2

    Qu’il existe une lutte des classes, ça ne veut pas dire que c’est le moteur exclusif de l’histoire, ni qu’il n’y a qu’une seule direction à l’histoire, si c’est ce que tu veux dire.

    Exactement.

    figures toi que justement, si tu rajoutes la "lutte des races", déjà ça te fait 2 moteurs et pas qu’un et plein de possibilité. Il existe d’autres "moteurs" ou grilles d’analyses, comme la lutte des sexes par exemple, bien réel.

    On est d’accord aussi.

    Les actions individuelles en revanche, j’y crois pas trop pour ma part. Prenons les printemps arabes. Ça démarre avec une action individuelle : un gus qui s’immole par le feu. On peut pas faire plus individuel. Bon ben moi je dis que son action, non seulement était le produit d’un contexte, mais qu’en plus, la même action sans le contexte n’aurait rien donné du tout. Mais bien sûr, elle existe néanmoins, il n’y a pas d’histoire sans actions individuelles quelque part.

    Je sais que c’est compliqué de définir des actions individuelles. J’aurais tendance à citer le sempiternel exemple de De GAulle mais j’admets que c’est plus complexe que ça. Par contre, là où je rejoins Gaspard c’est qu’on ne prend pas suffisamment en compte les questions spirituelles et même "religieuses".
    J’élargis en évoquant aussi les question de type purement identitiaire et civilisationnelle (au-delà de la simple questio raciale). Tu as sans doute entendu parler de l’ouvrage de S Huntington le choc des civlisations  ? Voilà aussi une approche qui, elle, me semble plus importante aujourd’hui que la lutte des classes.



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    micnet micnet 14 septembre 13:14

    @yoananda2

    tu as dit "je suis même profondément persuadé du contraire" (concernant la lutte des races, ok, je ne reviens pas dessus, et la lutte des classes).
    Si tu es persuadé du contraire, c’est que tu as des arguments contre, je veux dire, c’est pas juste que tu penses que c’est faux, c’est que tu penses que l’inverse est vrai avec des arguments pour.

    Désolé, je me suis sans doute mal exprimé, lorsque je prétends être "persuadé du contraire", je parlais principalement de la lutte des races.
    Mais à ce sujet, je ne suis pas fermé et si par bonheur on arrive un jour à pouvoir en débattre en toute liberté, et suivant les arguments qu’on pourra apporter, je pourrai tout à fait revoir mon jugement (surtout que je ne suis pas un grand connaisseur de ce sujet et tu l’es certainement bcp plus que moi)
    S’agissant de la lutte des classes, je suis plus nuancé que ça car je vois mal comment on peut s’affranchir complètement de cette dialectique marxienne et en particulier face à certains évènements comme les révolutions françaises. Comment expliquer le phénomène lié aux révolutions en refusant d’’accorder le moindre crédit aux contingences matérielles (la famine d’alors était quelque chose de très concret pour le peuple)
    Mais lorsque je prétends que l’approche marxienne est totalitaire, c’est du fait que celle-ci prétend être exclusive et qu’elle refuse toute autre forme d’explication. 
    Comme tu le sais, je n’adhère pas au déterminisme intégral dans quelque domaine que ce soit. Que ce déterminisme soit de type social ou biologique. J’estime que la réalité est multifactorielle d’une part et d’autre part, je postule aussi l’importance d’actions individuelles dans la marche de l’Histoire.

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