Moi je suis autant pour le droit de Millet (et de quiconque) de raconter ce qu’il lui plaît de raconter, y compris dans un cadre politique (y échappe-t-on jamais ?), mais aussi pour le droit bien entendu de dire que Millet est une sous-merde qui raconte de la merde et que je lui chie à la gueule, détestant du plus profond de mon être ses idées qui n’en sont pas.
Le penchant moraliste de Laure Adler je le trouve inconséquent, il n’y pas d’autre choix en démocratie, si l’on admet la liberté totale d’expression, que de débattre avec les xénophobes quand ils sortent du bosquet (à moins de se doter rapidement des moyens de sortir de la crise d’où émergent ces sornettes, et alors ces guignols se dissipent dans une fumée à peine moins consistante que leurs lubies).
C’est une obligation démocratique. Il y a de plus en plus de gens qui ont le sentiment d’être envahis (surtout quand 50% du questionnement médiatique ambiant tourne autour de cette idée, et que le reste est consacré à la sacralisation de l’impasse économique : ça donne vachement de perspectives positives pour se détourner des faux problèmes). On ne les a pas trop entendu les beaufs, quand l’invasion concernait le mode de vie consumériste américain, qui pourtant façonne aujourd’hui leurs vies dans les grandes lignes, mais là, avec quelques intellectuels xénophobes en appui, quelques partis politiques traditionnellement xénophobes, le sentiment se répand, les boucs-émissaires basanés refont surface, moins d’un siècle après les boucs-émissaires ritals, portos, juifs, bref, les bougnouls de saison.
Chaque crise majeure a ses médiocres qui dans la confusion de leur esprit dépassé ne voient émerger que le spectre d’envahisseurs fantasmatiques.
@Kemilein : le mode de production qui demande le moins de travail est la permaculture (ce qui se fait à cuba n’en est que très partiellement). Elle demande du travail au départ, pour mettre en place une forêt nourricière artificielle, mais ensuite celle-ci demande très peu d’entretien. Rien que si on combine toutes les techniques actuelles (permaculture, culture sans labour...) on arrive à des rendements énormes en espace et en temps.
L’agriculture dite intensive en plein air est une plaisanterie : elle n’est pas du tout intensive au mètre carré, mais seulement par travailleur. Mais si un aménagement du territoire permet à chacun (ou à beaucoup de gens) d’entretenir sa forêt nourricière dans les environs (y compris dans les grandes villes), on obtient non seulement un énorme rendement au mètre carré (car la polyculture bien faite a des rendements énormes au mètre carré) et un énorme rendement au temps de travail (environ 1 à 2 heures de travail par jour et par personne en moyenne, soit pas plus que ton système, ou que d’aller faire ses courses actuellement, sachant qu’en plus c’est bien plus plaisant, mais encore une fois avec un aménagement adéquat).
Tu parles de désert. Sache qu’il est tout à fait possible de transformer le désert en terre fertile, même si ça prend du temps. Il suffit de faire tomber la pluie là où on veut (c’est pas de la science fiction, les militaires ont déjà des choses qui s’en rapprochent fortement), et de répandre de la matière organique en décomposition. On pourrait chaque année gagner du terrain sur le désert ainsi : pour l’instant, c’est le contraire qui se passe, grâce à l’agriculture dite intensive, qui est surtout de la connerie intensive.
Pour ce qui est de l’hiver, en faisant les semis sous couvert on gagne déjà pas mal de temps, et on peut combiner cela à des serres certes, mais aussi aux techniques de conservation comme le séchage, les bocaux de légumes marinés (qui perdent certaines vitamines sensibles, mais gagnent en digestibilité, et en micro-organismes très bénéfiques pour les intestins (probiotiques).
Je suis curieux de goûter tes tomates. Il me semblait que l’hydroponie avait la vertu d’être très productive, mais les défauts d’être gourmande en énergie, très technique, et surtout, de donner des fruits et légumes au goût bien minable (juste un poil mieux qu’un produit de la fausse agriculture intensive). Par ailleurs, je sais par expérience que le goût dépend des caractéristiques particulières de la terre, non pas seulement en minéraux, mais surtout en biotope : plus le milieu de culture est vivant, plus les arômes sont riches, et le plaisir élevé (je ne parle donc pas juste d’avoir des fruits et légumes riches en sucres mais avec un goût trivial). Je demande donc à voir, mais suis sceptique...
@ Kimelein : un milieu confiné est ultra sensible au contraire.
Prend par exemple le cannabis. A l’état naturel (et quelles que soient les graines utilisées) le cannabis est une plante ultra résistante, qui n’a besoin d’à peu près aucun traitement.
En intérieur, il faut tout un appareillage et un tas de traitements, très coûteux en énergie, un suivi méticuleux... En hydroponique, c’est encore pire.
Il existe aujourd’hui des techniques de permaculture très bien adaptées aux zones tempérées, même s’il est certain qu’on ne peut pas y faire la même chose qu’en zone tropicale.
Faire revenir à la terre 10 à 15% de la population ? C’est tout à fait possible. De plus en plus de gens ont ce désir, et je vous garantis que ce désir va s’accroître dans les dizaines d’années à venir. Par contre ce qui pourrait être différent de Cuba c’est que rural n’est pas nécessairement synonyme d’isolement. On peut imaginer un aménagement du territoire qui combine grand air et non isolement.
Au fait, vous avez vu comme ils sont métissés à cuba, il doit y avoir un taux de criminalité incroyable ! Comment les gens font-ils pour se comprendre et vivre ensemble de façon relativement harmonieuse ? Vraiment c’est incroyable ça...