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Walid Haïdar

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  • 1 vote
    Walid Haïdar 7 septembre 2012 14:32

    C’est parfaitement exact.


    Le problème vient seulement en l’occurrence de la rhétorique employée vis à vis des révolutions arabes, qui n’est pas assez radicale. En Syrie par exemple, il y a plusieurs choses essentielles à ne pas occulter :

    1/ le régime de Bashar El-Assad est d’une brutalité top niveau. A lire à ce propos le papier d’Alain Chouet sur Reopen.
    2/ il y a bien un mouvement de révolte qui est né en Syrie, et qui n’est pas Al Qaida ni l’impérialisme US. C’est un mouvement né contre le régime, à la suite des soulèvements de du Maghreb : un mouvement qui a saisi son opportunité. Il y a un lourd passif entre l’ordre ancien et l’ordre relativement nouveau sous les Alaouites (deuxième génération seulement), qui étaient souvent des exploités méprisés avant qu’une de leur famille l(es Assad) ne prenne le pouvoir par le biais de l’armée.
    3/ Et enfin, et c’est là qu’on entend pas clairement le front de gauche ni Mélenchon, il y a aussi maintenant des forces étrangères, l’Arabie saoudite, le Qatar, par exemple, qui financent la guérilla et travaillent à faire émerger après Assad, un régime islamiste allié, au contraire de ce qu’était le régime Syrien, non islamiste et non allié, plutôt proche de l’Iran. Il est clair et net que si Assad tombe, la Syrie se transforme au pire en allié islamiste de l’impérialisme US, en tant que Satellite des Saoudiens, ou au mieux (si j’ose dire), en régime islamiste radical où la brutalité et l’injustice pour les minorités ne devrait pas être bien meilleures que celles du régime actuel. C’est sur ce genre de point que la gauche radicale, malgré son engagement anti-impérialiste certain, ne peut pas se faire entendre, ou en tous les cas ne se fait pas entendre. Le problème c’est que dire "on est opposés à la guerre" est un peu limite quand on sait que la guerre civile est déjà là, et surtout qu’elle est déjà appuyée de l’extérieur. Il y a déjà des blindés et des avions qui bombardent, ce ne sont pas ceux de l’OTAN, mais ceux du régime Syrien, et ça fait des morts. Il y a déjà des milices barbares qui commettent des actes de terrorisme, agressent des populations civiles soutenant le régime. Donc il manque une voix audible au FdG pour dénoncer le financement par les Saoudiens de milices islamistes, locales et mercenaires.


  • 3 votes
    Walid Haïdar 7 septembre 2012 03:12

    En quoi il a trahi qui ?


    Il a demandé quelque chose au PS pour appeler à voter pour eux ?

    85% des gens qui ont voté Mélenchon avaient l’intention de voter PS au second tour, et ce AVANT le premier tour. Donc l’appel de Mélenchon n’a rien trahi du tout, il était parfaitement en phase avec les intentions de ses électeurs.

    D’autre part il vous a échappé, et c’est normal car vous êtes un adversaire politique, que le FdG est totalement autonome du PS à l’heure actuelle. EELV a trahi ses militants et ses sympathisants, et tous les écologistes, en se faisant bâillonner par le PS, et en reniant ses principes pour avoir des élus. Le FdG a une stratégie qu’il a choisie sans rien demander à personne, et qu’il assume pleinement.

    Vous fantasmez le Mélenchon qui s’amuse à détruire le Front qu’il a lui-même créé en appelant à voter PS. Vous aviez prédit avec tellement d’objectivité que les cadres du FdG allaient entrer au gouvernement, et ils n’y sont pas entrés, car ils avaient posé des conditions exigentes pour cela (les cadres PC, car les cadres PG et autres ne voulaient sous aucun prétexte y entrer), et le PS a refusé ces conditions. Tant mieux.
    Maintenant le PS comme nous le prévoyions est enfin en mesure de montrer son vrai visage au peuple, et on verra bien dans quel état ils seront dans 5 ans, eux, et EELV.

    Je vous rappelle quelques chiffres :
    2009 :
    - PASOK (PS grècque), premier parti politique Grèce, 43% des suffrages.
    - Syriza (rassemblement de gauche radicale) : 4,6 %
    2009-2012 : Soumission du PASOK aux marchés financiers et à la Troïka
    2012 :
    - PASOK : 13%
    - SYRIZA : 17%, 2% derrière le vainqueur, l’UMP local.

    Time will tell.


  • 1 vote
    Walid Haïdar 7 septembre 2012 02:52
    Merci de votre proposition. J’y réfléchirai, mais pour l’instant je n’ai pas le temps de m’investir sérieusement dans quoi que ce soit. Je veux dire, j’ai un peu de temps, mais mon cerveau ne sait pas faire plus de deux choses sérieuses pendant une même période. Peut-être après mi-2013.

    Sur la Libye : Mélenchon a dit très clairement à propos de la Syrie, qu’il ne fallait sous aucun prétexte intervenir militairement, et qu’il ne voterait pas une résolution similaire à celle de la Libye parce que "on a vu ce que ça a donné" à savoir que l’OTAN en a profité pour bombarder, ce qui en soit est grave, mais en plus quoi qu’on pense de cette intervention, il est clair que les conséquences sont dramatiques, aucunement meilleures qu’avant. C’est ce qu’il a dit (ne me demandez pas la vidéo mais je crois que c’était dans sa dernière interview chez Bourdin, pas sûr). Malheureusement, il parle surtout d’Amérique latine sur son blog en ce moment.

    Mélenchon est anti-impérialiste. Il n’a pas évolué sur ce point, et son engagement avec l’amérique latine contre l’impérialisme US et les dictatures parachutées date de fin 70 début 80 (les vieux résistants chiliens le connaissent et le reconnaissent comme un des leurs car il les a aidé depuis la France). Son engagement contre les guerres du Kossovo, d’Irak (les deux), de Yougoslavie, d’Afghanistan, son de notoriété publique à gauche, et il a d’ailleurs bien ramassé pour ça.

    Ceci dit, et comme j’ai tenté brièvement de l’expliquer, j’estime que la gauche radicale (qui n’est pas Mélenchon, mais dont Mélenchon est dépendant, puisqu’il n’est pas un électron libre qui raconte ce qu’il veut) est dans une situation délicate vis à vis de la question impérialiste.

    Pour comprendre l’idée par un de ses aspects, sans prétendre démontrer ma thèse, qui prendrait un bouquin entier : 
    Le NPA à la base est Trotskiste. Trotskiste ça veut dire férocement anti soviétique : PC et LCR sont historiquement les pires ennemis ! Aujourd’hui le NPA n’est plus tout à fait la LCR, cependant cet héritage a laissé des traces sur la question anti-impérialiste, car c’est un anti-impérialisme bilatéral : anti-capitaliste et anti-soviétique, anti-soviétisme qui prend aujourd’hui la forme d’un anti-autoritarisme impersonnel, qui fait que le moins méchant d’un conflit est toujours le moins autoritaire (en apparence), je caricature là, mais en substance, ça revient un peu à ça. On a donc une tension historique PC/LCR. Couplée à cette tension, la question raciale. La gauche radicale est férocement anti-raciste, par conséquent, elle est baïllonnée d’une certaine façon par la stratégie antisionnisme=antisémitisme des chiens de gardes pro Israëliens, pourquoi, parce que toute cette mouvance de gauche radicale n’est pas uniquement composée de grands intellectuels brillants, au contraire, elle est surtout composée de gens de bonne volonté, vaillants, mais manquant d’une vision forte sur ces questions, que pourrait apporter une grande figure, ou un collectif d’intellectuels particulièrement inspirés et surtout : audibles ! Il n’y a pas cela, car les bons analystes à gauche sont peu entendus (je ne parle pas d’A. Badiou que je ne trouve pas épatant), et surtout ne se portent pas assez sur le terrain géopolitique.

    Si on regarde donc, on a d’un côté la tension historique PCF/LCR sur fond d’anti-impérialisme mué en anti-autoritarisme chez les trotskystes, de l’autre le bâillon de l’antisémitisme que vous diriez peut-être résulter de "l’esprit bobo naïf idiot utile".
    Or que s’est-il passé au PCF ? Il y a eu dans les années 90 la remise en cause du Stalinisme, puis son reniement pur et simple en dehors de quelques vieux "stals" indécrottables. Et alors qu’est devenu la réflexion anti-impérialiste alors que d’une part la LCR, les trotskystes en général et même l’ensemble de la gauche continuaient à mettre la pression sur le PCF sur son côté autoritaire, que le PCF tournait la page du Stalinisme ? Et bien comme la géopolitique post soviétique oppose l’empire américain (le club des "démocraties") aux méchants barbares autoritaires ou islamistes, personne à gauche n’a pu être audible pour faire une critique radicale de l’impérialisme qui couvre tout le spectre de la question, et tonne dans les moments critiques : par exemple, JLM a bien écrit des papiers, s’est bien opposé au sein du PS, dans son courant propre, dans des bouquins, dans les coloques, dans des articles, dans les revues de gauche : du vent. Le contexte politique a fait que ce type de voix n’ont pas pu porter.

    Cette question (cruciale) est donc devenue lettre morte pendant des années, en fait au moins 20 à 30 ans. 20 à 30 ans d’apathie sur la géopolitique mondiale, non qu’il n’y avait plus de réflexion, mais que celle-ci restait lettre morte, ne prenait pas corps dans un mouvement politique, elle restait à la marge à l’intérieur des partis. Et sur cela, vient donc se greffer une nouvelle vague de sympathisants de gauche (de modérée à extrême), qui sont tous frais en géopolitique, et étant profondément anti-racistes (ce que je suis aussi), ils n’ont pas du tout les outils ni l’inclination à critiquer radicalement l’impérialisme américain, et comme de l’autre côté les chiens de garde du système sautent sur tous les dissidents anti-impérialistes pour les traiter de fachos antisémites, que ce système est bien rôdé, efficace et relayé partout, la gauche est désarmée, de la base à une bonne partie des cadres, pour faire mouvement pleinement et sereinement face aux événements, sauf en matière purement économique, ou quand ça concerne la Palestine, où les gros sabots d’Israël font que défendre les opprimés palestiniens coule de source pour tout ce qui est à gauche du PS.

    Heureusement, non seulement ça commence à bouger à la base grâce aux vagues d’adhésions depuis la création du PG et au PC lors de la compagne 2012, et le fait qu’il y a tout de même une base anti impérialiste réelle, chez beaucoup de cadres, mais qui comme j’ai tenté de l’expliquer ci-dessus, n’est pas en position de s’exprimer sur la totalité du spectre de cette problématique majeure, et pour l’instant se contente de résister sur le versant économique de l’impérialisme.

    J’ai pas été très clair mais c’est un problème complexe qu’il est difficile de résumer en quelques lignes.


  • 4 votes
    Walid Haïdar 6 septembre 2012 17:34

    Je ne raisonne pas comme cela, et je pense que c’est une erreur grossière (je peux me tromper). Je ne suis pas un grand devin si je dis que pour un tas de raisons que j’ai la flemme de discuter ici, vous n’aimez pas Mélenchon, et même, vous le pensez hautement nuisible.


    Il me paraît indéniable que la méfiance de plus en plus extrême manifestée par les gens qui s’éveillent à la politique, se traduit par une propension démesurée au procès d’intention. C’est le fameux "mais s’il est ceci (FM dans le cas de Mélenchon), alors il ne peut être que cela (un agent impérialiste caché" ou "mais s’il s’est couché là c’est que forcément", ou bien entendu "s’il a voté la résolution sur la Libye, c’est qu’il soutien la guerre" (mais alors pourquoi si c’était si évident la Russie et la Chine n’ont-elles pas opposé leur veto ?).

    C’est une systématique très naïve (ou que de moins naïfs utilisent de façon parfaitement délibérée, en connaissant ses faiblesses), qui part de faits particuliers pour en tirer des conclusions générales, et souvent, tout cela revient à considérer a priori que les acteurs dont on parle sont omniscients. Vous penserez peut-être que ce que je viens de dire ressemble étrangement à un argument employé par les débunkers du 11/09. Vous avez bien le droit, mais je ne peux que vous inviter à mesurer chaque chose à son bon poids. Car rien n’est essentiel, tout est question de mesure et de rapports particuliers.

    Ceci dit, cette méfiance extrême, si elle embrouille beaucoup de choses et n’est pas la meilleure disposition pour un dialogue constructif, est positive dans le sens où elle a pour corollaire une exigence précieuse, à l’opposé du panurgisme usuel des masses.

    Bref, Mélenchon a d’énormes défauts, le FdG aussi, le PG aussi, tous les partis et associations possibles et imaginables (le mouvement indépendantiste de Ghandi par exemple, on le croit si pur ? on se trompe), et ceci est banal. Il me semble qu’il faut en finir avec le mythe de l’immaculée conception. Tout ce qu’on peut obtenir de précieux passe par un chaos de luttes, de risques, de compromis, d’erreurs, et de défauts.

    Je ne vous demande ni d’être d’accord avec moi, ni de faire les mêmes paris politiques, simplement, je pense que le Cercle des Volontaires à tout à gagner à combattre lui-même ses propres dérives avant qu’elles ne le perdent comme elles ont dors et déjà perdu les médias qu’on connaît.

    Je termine là où j’aurais du commencer : ce n’est pas Mélenchon qui dirige le Front de Gauche, et je ne parle pas là de statut officiel, mais de faits. Si vous enquêtez sur le Front de Gauche, vous vous en rendrez compte. Y’a-t-il une personnification de fait du mouvement FdG, c’est indéniable, mais est-ce le but recherché ? non. C’est une mécanique infernale, et c’est d’ailleurs pourquoi le message de Clémentine est si pertinent. Cette personnification n’est pas le fait de Mélenchon : lui, il fait ce qu’il pense être le plus judicieux pour défendre sa ligne politique, dans un contexte donné qui est loin d’être idéal. Cette personnalisation est une conséquence de la nature de la couverture du fait politique dans les médias, et Mélenchon n’a pas caché qu’après 30 ans a pondre des textes, des propositions, des orientations, au sein du PS, ayant compris que ça ne faisait rien bouger du tout, il a décidé de rentrer dans le lard du système médiatique pour se faire entendre, quitte à forcer le trait. Maintenant qu’il soit lourd avec ça et devrait passer à autre chose, je le crois sincèrement. Qu’il ait un sale caractère, peut-être, mais par rapport à la moyenne des politiciens, pas sûr du tout.

    Bref, je suis un pragmatique, pour changer les choses, je pense qu’il faut les considérer pour ce qu’elles sont de fait, et non pour ce qu’on voudrait qu’elles soient (en angélisant ou en diabolisant tel phénomène ou telle personne), car c’est exactement là qu’opère la manipulation qui par définition vient de là où on ne l’attend pas. En conscience de quoi chacun fait ses choix.


  • vote
    Walid Haïdar 6 septembre 2012 13:21

    Pardon : "n’est pas en position de défendre une ligne ouvertement anti-impérialiste sur certains sujets."

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