@Gollum Ce qui est irrationnel est de considérer que l’on pourrait déterminer les raisons de l’origine du monde. Le monde est là, manifestement, sans que j’en connaisse la raison, ni même que je puisse espérer y accéder. Une raison inconnue, par définition, c’est irrationnel. Tout discours sur l’origine des choses est ainsi inévitablement entaché d’irrationalité, donc j’accepte sans peine l’irrationalité dans ce cadre, mais, cela dit, pas sans limite non plus : selon les traditions et l’héritage de la civilisation dont je suis issu, car il y a aussi une rationalité politique.
Il est amusant de vous voir plaider pour le tout ou rien dans la lecture de la bible, vous, si prompt pourtant, à prôner le paradoxe partout, y compris dans les raisonnements... La tradition générale en chrétienté est que si la bible est inspirée par Dieu, elle fut néanmoins écrite de main d’homme. S’il fallait absolument la lire littéralement, les chrétiens se feraient circoncire et ne mangeraient pas de porc : ils suivraient le lévitique. Or, tel n’est pas le cas. Par exemple, la circoncision est vue de manière symbolique, comme celle du cœur. Mais c’est vrai qu’il ne me semble pas inenvisageable non plus de soutenir une thèse scientifique qui prend la genèse littéralement. En science, on pose des thèses en principe, comme l’on inventerait un lexique : Ainsi, la mise en rapport de ces principes produit une manière de raconter les faits. Comme je l’avais écrit auparavant, en matière de Lumière, le même fait de la réfraction, jugé à l’aune de deux modèles différents, la particule de feu de Descartes-Newton, ou le modèle de l’onde de Fermat-Huygens, fait raconter deux histoires différentes : Dans le premier modèle, la particule de feu va d’autant plus vite que le milieu le plus dense, dans le second modèle l’onde va d’autant plus vite que le milieu le moins dense : c’est d’ailleurs l’alternative Fermat Huygens qui dit vrai sur ce point.
Bref, un modèle scientifique est un modèle, il n’y a pas de sentiment à y faire. Le modèle Darwinien a bien le droit d’exister, reste qu’il raconte de fait une histoire erronée : rien n’indique une évolution linéaire comme il l’a supposé, de même que rien ne prouve une faculté des espèces à transgresser leur propre espèce.
Ensuite, je n’ai pas contesté les scientifiques : j’ai contesté des raisonnements, en rappelant la contradiction qu’il existait dans les définitions des notions d’onde et de corpuscules, et que de mon point de vue, fonder des raisonnements scientifiques sur des paradoxes était une manière de fraude. Ne pas être en accord avec des raisonnements, ce n’est pas être immodeste, c’est ne pas être d’accord, tout simplement.
Bref, si l’on est en désaccord avec vous, on est soit fou, soit incohérent, soit irrationnel, soit immodeste, selon votre humeur du moment... L’image d’apôtre de la tolérance que vous aimez à vouloir paraître en a pris un sacré coup !
@Rounga -> Je n’ai pas compris comment interpréter le final sur Dieu. Je ne sais
pas dire si c’est un appel à la dévotion ou bien l’argument "Dieu, asile
de l’ignorance " de Spinoza.
Il faut plutôt l’entendre selon l’argument de Spinoza. Dieu, au plan du raisonnement, est une raison inconnue. Mais comme il y aura toujours de l’inconnu dans les faits, il y a toujours besoin de Dieu au plan du raisonnement, afin de rester conscient de l’éventualité de l’erreur et de l’illusion . Donc je ne dirais pas "Dieu, asile de l’ignorance", même s’il peut l’être parfois, car il peut être aussi "Dieu, bastion de la modestie", en ce qu’il permet de ne pas ignorer la possibilité d’une erreur de raisonnement. De fait, le scientisme, en éliminant Dieu des réflexions, a fini par ignorer cette éventualité qu’il y a de s’illusionner par le raisonnements et l’idéologie, d’où cette grande arrogance et cette grande imprudence de nos élites scientistes, dont le fruit amère fut une succession de crises, de guerres et de massacres, portée à un degré jamais vu dans l’histoire humaine.
@micnet Si l’on observe les propriétés corpusculaires ou ondulatoires à un instant ’t’ d’une particule,
Encore vous faudrait-il définir auparavant ce qui distingue un corps d’une onde... Les billes de billard rebondissent les unes sur les autres. Les vagues se superposent... Avez-vous connaissance d’une expérience qui fit jamais rebondir deux laser l’un sur l’autre ?
@micnet Que la quantique ait permis aux scientistes de prendre conscience que tout ne peut être explicable par des théories fondées sur des principes à priori, ne prouve nullement que la quantique soit correcte. Il n’y avait d’ailleurs nullement besoin de la quantique pour cela : il suffit de considérer ce qu’il en est dans la vie en général, et en physique de se rappeler toute séance de travaux pratiques...
Et puis, encore une fois, le réel n’est pas fait de paradoxes, mais de contingence : je cite à nouveau Leibniz : "Il y a deux sortes de vérités, les vérités de Raisonnement, et les vérités de Fait. Les vérités de Raisonnement sont nécessaires et leur opposé est impossible, et les vérités de Fait sont contingentes et leur opposé est possible".
Cette simple distinction suffit à prendre avec modestie la conclusion de nos raisonnements... La quantique est bien loin de cela. Ce sont les vérités raisonnements qu’elle fonde sur la contradiction, en y introduisant des paradoxes, ce qui fait donc que, puisqu’elle tient l’opposé du vrai dans Raisonnement comme possible, elle devient de ce fait irréfutable (le chat de Schrödinger retombe toujours sur ses pattes...). Mais cela ne la fait pas aboutir à une certaine modestie quant à la valeur des raisonnements qu’elle propose, au contraire, elle s’enorgueillit d’avoir trouvé l’art d’avoir toujours raison (suffit de voir comme de Broglie fut traité à la fin de sa vie), mais, évidemment, sans jamais faire aucune prédiction précise.