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  • Premier article le 16/05/2015
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    ffi 8 avril 2015 01:22

    @medialter
    Bel exemple que l’Université, où l’on interdisait l’enseignement de la métaphysique d’Aristote.

    C’est de la critique niveau Hollywood... Mais cela ne résiste pas à l’analyse.

    Déjà, c’est le Pape Sylvestre II qui réintroduit Aristote en Occident, vers l’an 1000.

    Saint-Thomas d’Aquin est un grand commentateur d’Aristote. Puis l’étude d’Aristote n’a cessé, par exemple avec Nicole Oresme au XIVème siècle. On peut même dire que c’est l’abus d’Aristote qui a fait toute la difficulté d’accepter l’héliocentrisme (Aristote ne dit-il pas : "le monde est sphérique, la terre est sphérique, et la terre est au centre du monde" ?). Quoique... tant Saint-Thomas que Nicoles Oresme avait déjà admis qu’il était quand même plus simple pour Dieu de faire tourner la terre sur elle-même plutôt que l’univers autour de la terre (d’où la doctrine de l’équivalence des hypothèse). Au XVIIe, toutes les élites étaient élevées à ce biberon...

    Mais les Universités ont fait bien mieux que de simplement imiter Aristote, elles l’ont reformulé et revu, ce qui fut une divine réussite : Au delà de la distinction entre essence et existence, qui fut une première rupture, c’est la notion de causalité elle-même qui est bouleversée : la causalité grecque, purement essentialiste, qui renferme la conséquence, fut remplacée par la causalité moderne, inventée par ces universités, cette cause qui précède temporellement la conséquence - seul ordre logique et rationnel, celle qui a eu tant de réussite en physique classique. Voyez ici pour une historique avec des références.

     

    Manifestement, vous n’avez pas du tout étudié ces périodes et les débats qui les ont animées, mais vous sortez des poncifs avec une certitude absolue, ce qui est comique (l’ignorant sûr de lui, c’est toujours comique)...

     

    Je les ai étudiées. Certes, pas en détail. Mais, je vous assure que c’est du très haut niveau, bien plus haut que les pensées (post-)modernes qui sont trop approximatives, et que c’est bien de là, de ces universités médiévales, que vient la révolution scientifique, pour moi, il n’y a aucun doute.



  • vote
    ffi 8 avril 2015 00:35

    @Gollum
    C’est le genre de discussion qui m’intéresse, mais nous inversons les deux termes. Je mets la complémentarité d’abord, et la contradiction en second. Cela dit, cela dépend aussi du point de vue.

     

    L’essence de l’univers (-> essence, au sens de Leibniz, au sens de l’idée de Dieu, objet de son entendement, précédant donc l’acte de création qui fait exister la créature) peut être du point de vue de Dieu la complémentarité, cependant que, du point de vue d’une créature, elle peut sembler une contradiction. Par exemple la proie verra son prédateur comme une contradiction, cependant que Dieu conçoit les deux entités comme complémentaires, car elles participent d’une fin commune.

     

    Je ne dis pas qu’il n’y a pas de contradiction, je dis qu’elle n’est pas essentielle, car contenue en creux dans la complémentarité des essences aux yeux de Dieu, mais seulement potentielle et particulière aux existences, c’est-à-dire qu’elle n’est pas nécessaire, mais contingente.

     

    Puisqu’elle est contingente, c’est donc qu’elle existe, tel un phénomène transitoire, un peu comme la faim nous agite pour finalement s’apaiser une fois le besoin assouvi.

     

    Le monde actuel sans contradiction est-il possible ? Je vous ai déjà donné mon argument : Puisque je tiens que la complémentarité implique potentiellement la contradiction, forcément, à un moment où à un autre, ce potentiel se réalise, même à titre transitoire. Cela signifie donc que, non, je ne crois pas que le monde actuel puisse exister sans que ses créatures n’endurent la contradiction à un moment où à un autre.



  • 1 vote
    ffi 7 avril 2015 18:17

    @medialter
    -> Fallait oser la sortir, celle-là  Et CA c’est du poulet rôti ?

    Ce sont surtout des évènements extrêmement rares sur 2000 ans à travers toute l’Europe, généralement plutôt commandé d’ailleurs par les tribunaux laïques, l’Église Romaine pour sa part n’ayant été que fort peu partisane de ce genre de méthodes.



  • 2 votes
    ffi 7 avril 2015 18:13

    @medialter
    Ha parce que vous trouvez que 2000 ans d’obscurantisme, c’est un fondement de société ? 

    Donnez-moi une seule structure sociale inventée par le nouveau régime : Parlements, Hôpitaux, Hospices, Communes, Universités, Écoles, Collèges, Caisses de solidarité et même démocratie directe (dans le Briançonnais) : tout cela existait déjà au XVIème siècle...

     

    Vous vous fondez sur des jugements péremptoires, qui ramassent de manière a-chronologique plus d’un millénaire d’histoire. Mais l’obscurantisme, à mon avis, il émergea surtout sous la terreur à la Révolution, qui fit plus de victimes en quelques années que le Christianisme en 2000 ans.

     

    Quoi qu’il en soit, je préfère encore avoir une culture qui comprend 3000 ans d’histoire, qu’une culture qui n’en comprend que 200. Cela fait plus de recul sur les travers potentiels de l’homme, qui me semblent consubstantiels à l’homme lui-même, quand il est mis en situation de pouvoir politique, l’idéologie me semblant essentiellement un vernis de justification de choses plus fondamentales.

     

    Pour ma part, il ne me gênerait pas de comprendre les passages exterminateurs de la Bible comme un roman national juif, non réellement commandé par Dieu, mais prôné pour des raisons politiques, ce que Jésus, dans le nouveau Testament, vient corriger les excès. Quoiqu’il en soit, puisque ces dérives existent, il m’intéresse que l’on ne me les cachent pas.

     

    La terreur et le nationalisme post-révolutionnaire ont bien montré que la mystique nationale pouvait aboutir à ce genre d’excès. Cela dit, ce n’est pas une raison pour ne pas se défendre. Il faut aussi, dans la religion, quelque chose qui donne l’ardeur à se défendre.



  • vote
    ffi 7 avril 2015 17:55

    @Gollum
    Je pinaille, certes, comme à mon habitude, mais en ces matières, la moindre nuance a son importance. J’ai parlé de contradiction potentielle, pour bien marquer qu’elle n’était pas essentielle. 

     

    Vous devriez être plutôt d’accord avec moi sur ce point, puisqu’en estimant que la contradiction peut se muer en complémentarité, c’est donc que vous ne tenez pas pour essentiel le contradictoire, puisqu’en métaphysique l’essence ne peut se modifier mais seulement changer d’état.

     

    Je pense que le tout a d’abord été pensé (essentiellement) comme complémentaire et que si cette complémentarité recèle potentiellement le contradictoire, c’est de manière contingente seulement. L’essence de l’univers est le complémentaire, lequel peut prendre deux états : conditionnel (par concordance) ou contradictoire (par discordance).

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